Les animaux menacés et en voie de disparition

les animaux menacés

Destruction de leur habitat, incendies, sécheresses à répétition, braconnage… Les animaux sauvages sont en recul un peu partout sur la planète, majoritairement du fait des activités humaines. Pourtant essentielles à l’équilibre de la nature et à la vie sur Terre, c’est aujourd’hui une espèce sur trois qui est menacée de disparition, sur environ deux millions d’espèces connues. Un chiffre certainement sous-évalué compte tenu de la vaste proportion d’espèces que nous ne connaissons pas encore.

Depuis une soixantaine d’années, la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) fait office d’inventaire de référence de l’état de conservation mondial des espèces animales et végétales. Plusieurs milliers d’espèces y sont déjà considérées comme menacées, certaines en déclin, d’autres frôlant dangereusement l’extinction. Parmi elles, plus de 6000 espèces sont reconnues comme «en danger critique» et 873 sont désormais totalement éteintes.

Malgré tout, les pressions se poursuivent et les mesures de protection ne se mettent en place que très progressivement sous l’impulsion d’associations et d’organismes indépendants, souvent bien avant celle des gouvernements. En conséquence, rares sont les programmes de conservation à offrir pour l’heure des résultats satisfaisants.

Liste de 20 animaux en voie de disparition

Bien plus que cette courte liste, on recense aujourd’hui plus de 15 000 espèces animales menacées d’après l’organisation de l’UICN dont 41% des amphibiens et 33% des coraux constructeurs de récifs.

Un triste classement, où l’on retrouve la France à la 10ème place des pays abritant le plus d’espèces menacées, animaux et végétaux confondus. Soit 1606 espèces en sursis. La Liste rouge de l’UICN répartit chaque espèce ou sous-espèce dans neuf catégories différentes, allant de la préoccupation mineure au danger critique d’extinction et jusqu’à l’extinction totale. Mais il nous est aussi possible de regrouper les espèces menacées par leurs différents embranchements.

Les mammifères en voie de disparition

S’ils appartiennent à la grande famille des vertébrés comme les oiseaux et les poissons, les mammifères se distinguent globalement par leurs poils et par le fait que la plupart allaitent leurs petits. On y retrouve notamment les primates, les félins, les rongeurs et même les cétacés, tous vivipares hormis l’ornithorynque qui fait office d’exception en pondant des œufs.

Sur plus de 5000 espèces de mammifères en tout, plus de 80 sont d’ores et déjà considérées comme éteintes. Impossible désormais de croiser le grizzly mexicain ou le vison de mer, qui parcourait les zones côtières d’Amérique du Nord jusque dans les années 70. Environ 1200 autres sont aujourd’hui menacées, des espèces les plus minuscules à la colossale baleine bleue.

Le panda roux

Le panda roux

Doté d’une fourrure épaisse lui permettant de résister au froid, le panda roux se retrouve en haute altitude entre la Chine, l’Inde et le Népal.

Grand amateur de bambou, le mammifère souffre du déclin de sa principale source de nourriture causée par l’expansion humaine.

Dans l’Himalaya oriental, les populations d’Hommes ont doublé en quelques décennies tandis que le panda roux a reculé de près de 50%.

Statut de conservation UICN

La baleine bleue

Pas de répit pour le plus grand mammifère marin de la planète. En un siècle seulement, les baleines bleues sont passées de 250 000 individus à 5000.

En cause notamment, la surpêche et l’acidification des océans qui perturbe les cycles migratoires et la recherche de nourriture.

Statut de conservation UICN

La baleine bleue
L'ours polaire

L'ours polaire

Une peau noire, de petites oreilles, des pattes légèrement palmées, l’ours polaire s’est parfaitement adapté au climat arctique.

Aussi à l’aise dans l’eau que sur la neige fraîche, le plus grand carnivore terrestre est pourtant devenu l’un des symboles du réchauffement climatique tandis que son territoire, la banquise, ne cesse de disparaître année après année.

Statut de conservation UICN

Le tigre

Sauvé de justesse de l’extinction il y a quelques années, à l’époque où la chasse aux trophées était à la mode, le tigre est un super-prédateur connu pour être le plus grand félin sauvage.

Son déclin est désormais dû à d’autres facteurs tels que la mise en place de nouvelles cultures, le braconnage et la raréfaction de ses proies.

Statut de conservation UICN

Le tigre
L'Orang-Outan

L'Orang-Outan

Avec sa fourrure rougeâtre et ses bras puissants, l’orang-outan a notamment élu domicile dans les forêts tropicales indonésiennes où il peut grimper en hauteur à la recherche de nourriture.

Menacés par la disparition de leur habitat au profit de la culture de palmiers à huile, ce sont environ 25 orang-outans qui disparaissent chaque jour.

Statut de conservation UICN

Les poissons en voie de disparition

En eau douce ou en eau salée, dans les eaux froides ou chaudes du globe, la majeure partie de la vie marine et aquatique est sur le chemin de l’extinction. Au-delà des conditions climatiques qui perturbent les océans, ce sont aussi la surpêche et les pratiques destructrices pour les fonds marins qui font aujourd’hui peser de lourdes menaces sur la biodiversité.

Les poissons constituent pourtant des maillons essentiels de nombreuses chaînes alimentaires et remplissent une multitude de missions écologiques. Mais aujourd’hui, c’est une espèce sur trois qui est menacée d’extinction. 7% de toutes les espèces marines ont d’ores et déjà disparu en l’espace de 70 ans et la moitié des stocks de poissons encore existants connaissent un renouvellement de plus en plus difficile.

L'hippocampe

L'hippocampe

Rarement observé dans la nature, l’hippocampe est un petit poisson d’une quinzaine de centimètres que l’on retrouve dans les eaux tempérées et tropicales de la planète, sous une cinquantaine d’espèces différentes.

Utilisé dans la médecine chinoise traditionnelle et vendu comme souvenir aux touristes, il est aujourd’hui mis en péril par la surpêche et la destruction de son habitat naturel.

Statut de conservation UICN

Le poisson Lune

Derrière son aspect préhistorique, le poisson-lune est un géant tranquille pouvant mesurer jusqu’à trois mètres de long.

Une envergure qui le protège de la plupart des prédateurs mais qui ne peut rien contre le chalutage de fond.

Rien qu’en Méditerranée, ce type de pratique entraîne la pêche accidentelle de 70 à 90% de poissons-lunes.

Statut de conservation UICN

Le poisson Lune
L'espadon

L'espadon

Un corps aérodynamique, un long bec fendant les eaux, l’espadon compte parmi les poissons les plus rapides des océans avec une vitesse de pointe d’environ 120 km/h.

Touchée par la pollution et la destruction de son écosystème, l’espèce est en déclin. L’espadon chinois a été déclaré éteint au tout début de l’année 2020.

Statut de conservation UICN

La raie manta

Pouvant atteindre les 7 mètres d’envergure, l’élégante raie manta entreprend de longs voyages pour se reproduire, guidée par les courants marins.

Des courants marins aujourd’hui modifiés par le réchauffement climatique, entraînant d’importants bouleversements sur sa migration.

Statut de conservation UICN

La raie manta
Le requin baleine

Le requin baleine

Plus grand poisson du monde, le requin-baleine est un animal migrateur que l’on retrouve dans les eaux chaudes et tempérées de la planète.

L’Homme, à travers la pêche ciblée ou involontaire, représente aujourd’hui sa principale menace.

Selon les régions du globe, ses populations ont déjà chuté de 63% en l’espace de quelques décennies.

Statut de conservation UICN

Les oiseaux en voie de disparition

Indispensables à la régulation de bon nombre de petites espèces d’animaux, les oiseaux sont révélateurs de l’alternance des saisons mais aussi des bouleversements climatiques. Et aujourd’hui, les ciels se vident à une vitesse vertigineuse.

Sur près de 11 000 espèces d’oiseaux recensées au total, environ 1500 sont considérées comme vulnérables ou en danger. Près de trois milliards d’oiseaux ont ainsi disparu en Amérique du Nord en cinquante ans, et le phénomène s’observe également beaucoup plus près de nous. Pesticides, migrations perturbées par le changement climatique, les campagnes françaises ont perdu environ un tiers de leurs populations d’oiseaux en l’espace de quinze ans.

Le kakapo

Le kakapo

S’il est le plus gros perroquet du monde, le kakapo est aussi l’un des rares oiseaux à ne pas pouvoir voler, ce qui le rend particulièrement vulnérable.

Déjà mis en danger par une reproduction lente et compliquée, l’espèce au plumage d’un vert profond doit aussi faire face à la déforestation et à l’introduction d’espèces nuisibles.

Statut de conservation UICN

Le harfang des neiges

Le harfang des neiges que l’on retrouve en Arctique fait partie de ces prédateurs dont le régime alimentaire repose en grande partie sur le lemming, un petit rongeur semblable à un hamster.

Avec le changement climatique et la modification des vallées glaciaires, le lemming se fait cependant de plus en plus rare, compliquant les repas du hibou.

Statut de conservation UICN

Le harfang des neiges
Le macareux moine

Le macareux moine

Derrière sa silhouette bicolore un peu rondelette et son bec orange, le macareux moine se retrouve principalement en Atlantique Nord mais aussi dans les Côtes-d'Armor, dans la réserve naturelle des Sept-Îles où il est devenu une espèce incontournable.

La pollution lumineuse et la prolifération de nouvelles espèces prédatrices entraînent cependant le recul de ses populations.

Statut de conservation UICN

Le bec-en-sabot du Nil

Il inquiète avec ses longues pattes sombres et ses yeux perçants, le bec-en-sabot du Nil est un étonnant échassier typique de l’Afrique de l’Est.

À l’instar de nombreuses autres espèces d’oiseaux, le braconnage et le drainage des zones humides où il réside remettent en question sa survie à long terme.

Statut de conservation UICN

Le bec-en-sabot du Nil
L’aigle impérial

L’aigle impérial

L’aigle impérial bénéficie d’une vaste aire de répartition allant de la steppe eurasienne aux pays bordant le sud-est de la Méditerranée qu’il regagne durant les saisons plus froides.

La destruction des espaces naturels par l’Homme réduit pourtant peu à peu ses habitats et ses zones de chasse.

Statut de conservation UICN

Les reptiles en voie de disparition

Ils nous répugnent, ils nous inquiètent et ils ont traversé des millénaires. Voilà 300 millions d’années que les reptiles parcourent la surface du globe, parfois dans des milieux très hostiles qu’ils occupent aujourd’hui grâce à un long processus d’adaptation.

Souvent considérés pourtant comme moins intelligents que les mammifères, certains varans ou diverses formes de crocodiliens démontrent des comportements tout à fait évolués. Tantôt proies ou prédateurs, les reptiles sont des maillons essentiels des écosystèmes terrestres et connaissent un déclin alarmant.

Près de 20% d’entre eux sont aujourd’hui menacés d’extinction, que ce soit par le réchauffement climatique, la déforestation ou la fragmentation de leur habitat pour le développement des activités humaines.

La tortue luth

La tortue luth

Le plus gros reptile de la planète a perdu près de 70% de sa population en une quinzaine d’années seulement.

Considérée comme «en préoccupation mineure» jusqu’en juillet 2019, la tortue luth est désormais «en danger d’extinction» dans l’Atlantique Nord où la pêche accidentelle et l’érosion des plages font des ravages.

Statut de conservation UICN

Le dragon d’eau

Comme son nom l’indique, le dragon d’eau élit généralement domicile près d’un point d’eau, au cœur des forêts chaudes et humides dans lesquelles il se nourrit d’insectes, de fruits et de petits mammifères.

La destruction de son habitat rend cependant sa survie de plus en plus difficile.

Statut de conservation UICN

Le dragon d’eau
Le cobra royal

Le cobra royal

Pouvant mesurer jusqu’à six mètres, le cobra royal est le plus long de tous les cobras et peut tuer d’une simple morsure en 15 minutes seulement.

On le retrouve dans divers milieux d’Asie du sud-est où la progression humaine menace son territoire jusqu’en altitude.

Statut de conservation UICN

Le varan de komodo

Jusqu’à trois mètres de long pour environ 70 kg, le varan de komodo est la plus grande espèce de lézard au monde.

Réparti à travers une poignée d’îles d’Indonésie, il n’en reste aujourd’hui que 5700 individus et leur population est en déclin.

Statut de conservation UICN

Le varan de komodo
Le gavial du Gange

Le gavial du Gange

Reconnaissable à la forme particulière de sa mâchoire, le gavial du gange est une espèce sacrée de crocodile, aujourd’hui décimée pour la qualité de sa peau.

L’accroissement du trafic fluvial et la destruction de son habitat font également peser d’autres menaces.

Statut de conservation UICN

Pourquoi les animaux sont-ils en voie de disparition ?

Tous les ans, plus de 26 000 espèces animales et végétales disparaissent de la surface de la Terre. Si l’on parle d’une sixième extinction de masse, c’est que 15 à 37% de toute la biodiversité mondiale devrait avoir disparu d’ici à 2050, sous le seul effet du réchauffement climatique.

Depuis le début du 20ème siècle, notre planète s’est réchauffée d’environ 1,1% et la hausse des températures se poursuit entraînant la fonte des glaces, modifiant la composition des océans et forçant un nombre croissant d’espèces à quitter leurs milieux naturels à la recherche d’endroits plus vivables.

Pourtant, le réchauffement climatique est loin d’être la cause principale de la disparition des animaux. La dégradation, la fragmentation et la destruction de leurs habitats constituent aujourd’hui la plus grande menace. À mesure que les zones urbaines ou agricoles s’étendent, des milliers d’hectares de forêts et d’espaces naturels sont détruits, des espaces naturels où vivent pourtant une multitude d’espèces différentes. Forcées de fuir leur lieu de vie initial à la recherche d’un nouvel abri et de nourriture, beaucoup de ces espèces se rapprochent désormais des villes et des villages où elles seront chassées. D’autres ne parviendront pas à retrouver un habitat pleinement adapté à leur mode de vie.

Aussi leurs populations sont en déclin, d’autant plus rapidement que la progression des activités humaines mène à l’augmentation des gaz toxiques et à effet de serre ce qui aura tendance à accroître encore davantage le réchauffement climatique. Le phénomène est particulièrement inquiétant car la disparition de certains animaux entraînera forcément celle d’autres espèces, toutes dépendantes les unes des autres par la chaîne alimentaire.

Au total, le nombre d’espèces menacées a été multiplié par cinq en l’espace d’une vingtaine d’années, et les activités humaines ont d’ores et déjà entraîné l’extinction de plus de 800 d’entre elles.

En cause également, les pollutions diverses dominées par les déchets plastiques et les rejets de substances toxiques dans les eaux. Chaque année, ce sont près de 2 millions d’animaux qui meurent au contact de nos déchets, et une quantité colossale d’autres qui avalent des produits chimiques avant d’être avalés à leur tour par d’autres animaux. Les polluants remontent de cette façon les différents maillons de la chaîne alimentaire. Même à des milliers de mètres sous la surface des océans, il devient pratiquement impossible de trouver des espèces n’ayant jamais rencontré de résidus et de substances liées aux activités humaines.

S’ajoutent également le braconnage, que l’on retrouve à la base d’un commerce parallèle florissant, mais aussi la chasse et la pêche toujours plus massives du fait de l’accroissement permanent de nos populations. Les pressions sont telles aujourd’hui que les stocks ont de plus en plus de mal à se reconstituer, d’autant que la plupart des pratiques employées ne tiennent pas compte de la nature des écosystèmes et entraînent des destruction associées considérables.

Et puisque l’on sillonne aujourd’hui les terres et les mers du globe en toute simplicité, les espèces étrangères potentiellement invasives ont elles aussi le loisir de parcourir de grandes distances. Apportées par l’Homme depuis l’autre côté de la planète, la plupart ravageront leurs écosystèmes d’adoption, causant des bouleversements irréversibles sur la faune locale.

Comprendre pourquoi les animaux sont en voie de disparition est indispensable pour trouver les moyens adaptés de les protéger. Compte tenu la variété des causes de leur extinction, de nombreuses mesures et petits gestes différents peuvent être mis en place pour les préserver.

1. Les animaux de la forêt en voie de disparition

Réchauffement climatique, déforestation, surexploitation des espèces, la biodiversité animale forestière est mise à mal de bien des façons.

Principale menace, la déforestation est la cause première de disparition de près de 85% des animaux menacés ou en voie d’extinction. Les cultures prennent le pas sur les forêts primaires et secondaires un peu partout sur la planète, à l’image du Paraguay qui a transformé 71% de ses forêts ou bien du Brésil où 23% des écosystèmes forestiers ont reculé face aux cultures de soja et de palmiers à huile.

Des modifications qui privent les animaux de leurs habitats naturels et des nombreuses ressources qui y sont associées.

Particulièrement menacées du fait de leur extraordinaire richesse, les forêts tropicales comme celles que l’on retrouve en Indonésie ou en Amazonie souffrent également de la surexploitation du bois nécessaire pour le chauffage, la construction ou la fabrication de pâte à papier. Privée de son abri, la biodiversité animale devient plus vulnérable face à d’autres menaces secondaires telles que le braconnage qui continue de faire des ravages dans certaines régions du monde.

Quant au changement climatiques, il modifie déjà les migrations et les comportements de reproduction de nombreux oiseaux et met en péril une multitude d’espèces incapables de survivre au-delà de certaines températures. C’est notamment le cas du phalanger lémurien blanc que l’on retrouve dans certaines forêts tropicales australiennes et dont la survie n’est plus garantie au-delà de 30°C.

2. Les animaux de la jungle en voie de disparition

Semblable à une savane parsemée de hautes herbes, la jungle est bien souvent le territoire des grands fauves. Du moins l’était-elle il y a quelques années, lorsque la progression humaine ne nuisait pas encore à la cohabitation avec les animaux.

Depuis, la population des tigres s’est vue réduite de 97% à travers le monde, du fait notamment de l’urbanisation croissante et de la mise en place de nouvelles cultures qui nous ramènent toujours à la déforestation. Forcés de survivre sur un territoire de plus en plus réduit, affaiblis par la disparition de leurs proies, tigres et jaguars parmi de nombreuses espèces prennent désormais régulièrement le risque de s’aventurer près des Hommes.

Lorsqu’il n’est pas question de lutte pour la nourriture, c’est aussi le braconnage qui pèse lourd sur la diversité animale de la jungle. Certaines régions du monde comme l’Indonésie abritent plusieurs dizaines de paradisiers que l’on retrouve perchés dans les hauteurs, dévoilant leur plumage aux couleurs éclatantes.

Épaisse et relativement isolée, la jungle indonésienne a longtemps constitué un excellent abri pour eux. Mais les pistes, les cultures et les zones d’habitations se multiplient à un rythme sans précédent, réduisant à néant la protection dont bénéficiaient jusque-là les oiseaux de paradis.

Nous les retrouvons désormais empaillés ou bien vendus comme oiseaux d’agrément chez quelques particuliers fortunés. Une vraie catastrophe écologique lorsque l’on sait que les paradisiers font partie de ces espèces nécessaires à la dissémination des graines.

Mais les menaces qui pèsent sur la jungle ne sont pas toujours visibles au premier coup d’œil. En Thaïlande par exemple, certaines régions pourraient sembler pratiquement intactes pour le regard non averti mais la présence humaine a déjà fait son œuvre. Ici une nouvelle route, là une récente infrastructure, là un barrage perturbant le cours de la rivière Khlong Saeng. Le résultat, c’est une jungle morcelée composée d’une multitude de petits îlots où la répartition des espèces est totalement bouleversée, où la disponibilité en nourriture est impactée et où la diversité génétique est forcément restreinte.

3. Les animaux d’eau douce en voie de disparition

Lacs, rivières, zones humides, les écosystèmes d’eau douce ne couvrent qu’un 1% de la surface terrestre mais abritent plus de 10% de toute la faune connue dont un tiers des vertébrés de la planète. Grands oubliés de la prise de conscience écologique, ce sont pourtant 88% des grands animaux aquatiques qui ont disparu en l’espace de quarante ans.

Les populations de poissons s’effondrent un peu partout à travers la planète, et notamment dans les zones tropicales comme celles que l’on retrouve en Amérique centrale où le déclin atteint les 94%. Il faut dire que la destruction des habitats naturels et la construction d’infrastructures altérant les courants sauvages y font des ravages. Au total, près de 3600 barrages hydroélectriques sont aujourd’hui planifiés un peu partout à travers le globe tandis que des quantités folles d’eau douce sont encore pompées par l’Homme pour les cultures.

Sous les flots, la biodiversité aquatique déjà soumise aux rejets polluants et aux déchets plastiques doit aussi faire face à la multiplication des espèces envahissantes causée notamment par les engrais agricoles, ainsi qu’à la surpêche. Bon nombre d’espèces considérées comme vulnérables il y a une dizaine d’années sont désormais classées «en danger critique d’extinction».

Le tout sur fond de dérèglement climatique qui limite encore davantage la résilience des écosystèmes.

4. Les animaux marins en voie de disparition

Encore trop rares et souvent mal gérées, les aires marines protégées ne représentent actuellement que 4% de la surface des océans. En parallèle, la moitié des espèces animales océaniques, poissons, mammifères, reptiles et oiseaux confondus, se sont effondrées ces quarante dernières années.

Sans surprise, ce sont une fois encore les activités humaines que l’on retrouve au cœur du débat.

Les populations humaines allant croissant, la surpêche augmente en conséquence. On parle désormais de plusieurs millions de tonnes de poissons prélevées chaque année dans les eaux du globe, une quantité colossale qui ne tient absolument pas compte du rythme naturel de renouvellement des stocks disponibles.

À l’échelle individuelle, la consommation moyenne par habitant est passée de 9,9 kg par an à près de 20 kg tandis que les zones de pêche traditionnelles du monde ont perdu environ 90% de leurs stocks.

Les pressions humaines incluent aussi l’aménagement et les modifications humaines imposées aux milieux marins, les rejets toxiques et les émissions de gaz à effet de serre responsables de l’acidification des océans. Au total, près d’un million d’espèces marines sont désormais menacées d’extinction à brève échéance.

Le réchauffement climatique causé notamment par nos industries et nos modes de transport pourrait conduire quant à lui à la disparition de 17% des animaux marins d’ici la fin du siècle.

5. Les animaux des marécages en voie de disparition

Les marécages font partie de ces zones humides auxquelles on ne prête généralement que peu d’attention du fait de leur aspect insalubre qui a largement inquiété les populations au cours des siècles passés. Ils constituent pourtant de formidables réservoirs de biodiversité et des alliés de taille dans le ralentissement du réchauffement climatique.

Mais aujourd’hui, les conséquences de la négligence humaine sont nettement observables. Les zones humides disparaissent à un rythme trois fois plus élevé que celui des forêts, et 35% d’entre elles ont déjà été perdues.

La pollution aquatique par le biais des rejets agricoles ou domestiques reste ici la principale menace. Au total, 80% des eaux usées non traitées finissent par se déverser dans les marécages et les zones humides de la planète. Cela entraîne la prolifération de plantes invasives et la création de zones d’eau dépourvues d’oxygène, où les espèces animales n’ont plus que peu de chances de survivre.

Près d’un quart des espèces associées aux zones humides, poissons, amphibiens, mammifères et oiseaux, sont désormais en voie de disparition. Car à la pollution aquatique s’ajoutent la mise en culture intensive, l’assèchement des retenues d’eau, l’urbanisation galopante et l’éternel réchauffement climatique.

6. Les animaux du désert en voie de disparition

Il y a des forêts dont la superficie augmente dans certaines régions du monde, et qui nous donnent la satisfaction d’une petite victoire. Les déserts progressent en revanche depuis de nombreuses années, mais cela suscite toujours l’inquiétude. Car leur avancée n’est que le résultat de la hausse des températures.

Dans ces milieux déjà hostiles, la faune locale a démontré d’immenses capacités d’adaptation mais les déserts sont de plus en plus chauds, l’air toujours plus sec et les points d’eau de plus en plus rares. Leur température a ainsi augmenté de 0,5 à 2°C au cours des dernières décennies, soit plus que la moyenne enregistrée sur le reste de la planète.

Face à la multiplication des épisodes de sécheresse, la biodiversité animale s’effondre, une biodiversité déjà mise à mal par la pollution, la surexploitation des rares nappes phréatiques, ou même le tourisme en progression constante. Certains déserts sont également utilisés comme terrains d’entraînement militaire et comme lieux d’implantation de prisons, sans reconnaissance aucune de la faune en présence et de ses besoins essentiels.

Les écosystèmes désertiques pourraient pourtant apporter de nombreuses réponses aux problématiques de demain.

7. Les animaux de la banquise en voie de disparition

Impossible d’ignorer aujourd’hui les conséquences du réchauffement climatique sur la banquise, mais il n’est pas toujours évident d’en mesurer l’étendue. L’augmentation des températures est deux fois plus importante aux pôles que dans les autres régions de la planète. Des pôles où la faune, tout particulièrement adaptée au froid, est extrêmement vulnérable aux variations de températures.

Tandis que la banquise se réduit et que l’ours polaire doit faire face à des périodes de jeûne de plus en plus longues, la reproduction des phoques annelées est perturbée et les populations de manchots Adélie s’effondrent.

Sous les eaux glacées, les poissons qui comptent parmi les premiers maillons des chaînes alimentaires des régions polaires se sont en effet considérablement raréfiés, forçant leurs prédateurs à chasser davantage ou à se rabattre sur le krill, beaucoup moins nutritif.

De quoi perturber également le régime alimentaire et la nidification de bon nombre d’oiseaux marins. La mouette ivoire a déjà perdu 80% de sa population rien qu’au Canada, et pourrait devenir la première espèce totalement éteinte en Arctique.

À noter que les régions polaires ne sont également épargnées ni par le trafic maritime, ni par la pollution des eaux et certainement pas par le braconnage que l’on observe chaque année sur les glaces, de manière saisonnière.

8. Les animaux de la montagne en voie de disparition

Elles ne couvrent que 25% du territoire terrestre, abritent 85% de toutes les espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens de la planète, et portent nettement les marques du réchauffement climatique.

De la même manière que dans les régions polaires, on constate que la hausse des températures est particulièrement importante dans les écosystèmes montagnards. Les glaciers d’altitude ont déjà perdu 26% de leur surface en une quarantaine d’année, et de nombreuses espèces animales migrent désormais en hauteur, à la recherche d’un peu de tranquillité et de fraîcheur dans des milieux qui leur sont souvent totalement inconnus.

Il faut dire que la tranquillité se fait aussi rare dans les vallées. Les espaces naturels y accueillent désormais régulièrement des parcelles agricoles dont la gestion ne tient aucunement compte du développement durable, les cours d’eau sont souillés par les activités humaines tandis que les infrastructures touristiques gagnent sans cesse du terrain. Rien que dans les Alpes, 3400 km² de paysages sauvages ont été convertis en pistes de ski et une multitude de projets sont encore en cours.

Des espaces de loisirs souvent implantés dans des zones fragiles, et qui ne laissent que peu de chances à la biodiversité de s’adapter. Associée à la modification des cours d’eau et à la fragmentation des habitats naturels, l’action de l’Homme est aujourd’hui responsable de la disparition d’environ 26% des espèces de montagnes.

9. Les animaux de la savane en voie de disparition

La savane nous offre souvent l’image de vastes étendues sauvages où les animaux, certains parmi les gros du monde, parcourent de longues distances à la recherche d’eau et de nourriture.

La marche est longue en effet, d’autant que les sécheresses de plus en plus importantes impactent négativement les ressources disponibles. Mais la proximité avec les Hommes constitue incontestablement la plus importante des menaces. Routes, habitations et tourisme non régulé se multiplient en Afrique notamment, fragmentant les habitats naturels et restreignant toujours un peu plus les mouvements de la faune locale. Les guépards évoluent désormais sur un territoire équivalent à 9% seulement de leur aire de répartition initiale.

La cohabitation entre les Hommes et les animaux, déjà tendue par une lutte mutuelle pour la nourriture, doit aussi composer avec le braconnage qui connaît ces dernières années une progression exponentielle. Fragilisés par la disparition des habitats qui leur fournissaient des abris, girafes et lions notamment font l’objet d’un trafic illégal responsable de l’extinction de 35 à 50% de leurs populations ces dernières décennies.

Quant au rhinocéros noir, autrefois l’espèce de rhinocéros comptant le plus d’individus au monde, ce sont près de 98% de ses effectifs qui ont disparu depuis les années 60. En cause notamment, divers rituels ancestraux et une utilisation importante de parties animales dans la médecine chinoise.

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