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16 animaux marins en voie de disparition

Les mers et les océans du globe représentent 97% de l’eau présente sur Terre et sont à l’origine de 70% de l’oxygène que nous respirons. Tandis que nous colonisions les terres, les mondes engloutis loin sous la surface ont abrité l’évolution d’une quantité formidable de mammifères marins de toutes sortes et de poissons. 

Depuis la nuit des temps, les changements qui se sont opérés au fond des océans ont été très progressifs et ont laissé le temps aux animaux marins de s’adapter en conséquence. Mais le rythme imposé aujourd’hui par l’Homme sur les écosystèmes littoraux et marins va beaucoup plus vite que celui de la nature.

Industries extractives, changement climatique responsable de l’acidification des eaux, tourisme de masse, surpêche ou pollution plastique, les pressions sont considérables et continues.

Bon nombre d’espèces marines telles que les grands prédateurs (orques, requins…) que nous retrouvons au sommet de la chaîne alimentaire sont pourtant ce que l’on appelle des spécialistes, c’est-à-dire qu’elles ne sont capables de survivre que dans un environnement bien précis et que le moindre changement les rend extrêmement vulnérables. Malgré tout, à la destruction de leurs habitats naturels s’ajoute aussi la raréfaction de leurs sources de nourriture.

Un tiers des stocks mondiaux de poissons sont aujourd’hui surexploités, notamment dans le cadre de pêches illicites et non réglementées. Alors les espèces modifient leur comportement. Celles qui ne disparaîtront pas migreront à la recherche de nouvelles zones habitables. Plus de la moitié d’entre elles sont d’ores et déjà menacées d’extinction d’ici la fin du siècle.

Hippocampe

Curieux petit animal que l’hippocampe avec son anatomie particulière et sa manière de nager à la verticale dans les eaux tempérées et tropicales du globe. 

Régulièrement comparé à un cheval, il partage aussi certaines caractéristiques avec le caméléon puisqu’il se révèle capable d’adapter sa couleur à l’environnement dans lequel il se trouve afin d’échapper aux prédateurs. 

Pas de quoi échapper à l’Homme en revanche tandis que la demande se fait toujours croissante. Utilisé depuis l’Antiquité pour élaborer divers baumes et potions, l’hippocampe est aujourd’hui aussi recherché comme élément décoratif et pour la fabrication de souvenirs qui seront vendus aux touristes. 

Si leur pêche reste illégale, ce ne sont pas moins de 20 millions d’hippocampes qui sont pêchés chaque année un peu partout à travers le monde.

Poisson-Lune

Le poisson-lune est un poisson osseux que l’on retrouve jusqu’à 600 mètres de profondeur dans les mers chaudes et tempérées du globe. Grand amateur de larves d’anguilles ou de méduses, le poisson-lune peut pondre jusqu’à 300 millions d’œufs par an.

De minuscules alevins qui pourront atteindre en grandissant jusqu’à 4 mètres de long ! C’est justement grâce à cette grande taille que le poisson-lune n’a que peu de prédateurs excepté les requins ou le lion de mer par exemple.

Très recherché en Asie pour sa chair et ses supposées propriétés thérapeutiques, l’animal marin est aujourd’hui victime de la pêche volontaire ou accidentelle tout autant que des déchets flottants qu’il confond régulièrement avec des méduses.

Espadon

S’il lui arrive de vivre en groupe, l’espadon est un poisson plutôt solitaire. Son long nez en forme d’éperon le rend reconnaissable entre tous et lui permet de fendre les eaux à la vitesse record de 110 km/h un peu à la manière du poisson voilier, capable de réaliser des performances similaires grâce à sa nageoire dorsale. 

De quoi attirer l’attention des chasseurs de trophées. L’espadon est devenu ces dernières années une cible privilégiée pour les pêcheurs sportifs. 

Mais la pêche commerciale fait également des ravages au point que l’épée des mers voit ses effectifs se réduire de manière alarmante. L’espadon chinois endémique du fleuve Yangtsé a été déclaré disparu au début de l’année 2020.

Raie manta

La raie manta se divise en deux espèces bien distinctes, la raie manta alfredi et la raie manta géante qui possède le plus gros cerveau de tous les poissons du monde. Très proche du requin sur le plan morphologique, elle est cependant dépourvue de dents et se nourrit par filtration. 

Son mets favori ? Le plancton, dont elle aide à réguler les populations ! Mais les raies manta vivent longtemps et connaissent une reproduction lente qui les rend particulièrement vulnérables à la surexploitation. 

Mises en danger par le changement climatique qui modifie leur migration et par les microplastiques qui tendent à bloquer leur tube digestif, on les retrouve aussi sur les marchés internationaux où certaines parties de leurs branchies se vendent à prix d’or pour la médecine chinoise. 

Baleine bleue

170 tonnes pour environ 30 mètres de long, la baleine bleue est la plus colossale de toutes les baleines même si d’autres espèces marines sont plus colossales encore. 

Présente dans tous les océans du monde excepté l’Arctique, la chasse intensive dont elle a été victime au cours des décennies précédentes a largement précipité sa disparition.

Sous l’effet de l’exploitation pétrolière, des pollutions chimiques et sonores ou encore de la pêche intensive du krill, sa principale source de nourriture, ce sont en tout 70% des populations de baleines bleues qui se sont éteintes en l’espace d’une dizaine d’années seulement. Désormais interdite à l’échelle internationale, la chasse commerciale est encore pratiquée en Norvège, en Islande et au Japon.

Requin blanc

Si nous remontions le temps jusqu’à il y a environ 400 millions d’années, nous croiserions un requin blanc très similaire à celui que l’on observe aujourd’hui. 

Présent dans toutes les mers du globe jusqu’à plusieurs centaines de mètres de profondeur parfois, sa mâchoire aux dents acérées et sa grande taille lui ont valu d’être considéré comme un prédateur assoiffé de sang pour l’Homme. Il s’agit en réalité d’un poisson plutôt pacifique face aux baigneurs et d’une espèce essentielle à la régulation de la biodiversité sous-marine.

Chassé pour sa chair, ses ailerons, ses dents ou fragilisé par les activités commerciales et industrielles qui détruisent son habitat naturel, le requin blanc a perdu  80% de ses effectifs en l’espace de 15 ans.

Requin-Baleine

Avec une taille oscillant entre 5 et 12 mètres et un poids pouvant atteindre près de 35 tonnes, le requin-baleine est un poisson migrateur plutôt solitaire qui se réunit parfois en groupe pour se nourrir. 

On le retrouve proche de la surface tout au long de la journée, avant que le retour de l’obscurité ne le pousse à se réfugier plus loin dans les profondeurs. Un comportement qui le rend facilement repérable par les pêcheurs, d’autant que le requin-baleine est une espèce très recherchée pour sa chair, particulièrement appréciée dans certaines cuisines asiatiques. 

S’ajoute également le tourisme croissant qui vient perturber le quotidien du plus gros poisson du monde ainsi que la pollution, très concentrée dans les eaux de surface. 

Dugong

«Sirène du Pacifique», «vache de mer», le dugong est une espèce étonnante dont les mouvements gracieux suscitent toujours la curiosité. Grand amateur d’herbiers marins, nous le retrouvons majoritairement dans les zones côtières autour de l’Australie et de la Nouvelle-Calédonie où il peut avaler jusqu’à 40 kilos de nourriture par jour.

Un comportement qui le rend particulièrement vulnérable aux activités humaines. Sous l’effet de la pollution, du tourisme ou de l’urbanisation des littoraux, son habitat naturel ne cesse de reculer. En Nouvelle-Calédonie s’ajoute également la problématique du braconnage, qui permet d’alimenter un marché noir florissant.

Naturellement mis en danger par un rythme de reproduction très lent, le dugong a perdu environ 60% de ses effectifs en l’espace de 15 ans.

Flétan

Difficile de passer à côté du flétan et de ses deux yeux curieusement regroupés d’un même côté de la tête. Poisson prédateur très friand d’insectes et de crustacés, c’est généralement sur les fonds marins qu’il passe la majeure partie de ses journées même si la recherche de nourriture le pousse chaque jour à remonter vers la surface. 

Réparti en trois espèces différentes, le flétan est aujourd’hui menacé par la surpêche effectuée le plus souvent à l’aide de chaluts dont les conséquences sont dramatiques pour les écosystèmes. Pêche involontaire de raies, de requins ou de mammifères protégés, destruction des habitats naturels, l’exploitation des stocks de flétan est aujourd’hui strictement encadrée.

Tortue luth

Elles ont côtoyé les dinosaures, traversé des bouleversements climatiques en série et auraient sans aucun doute d’extraordinaires histoires à nous raconter. Avec leur vitesse maximum de 35 km/h tout de même, les tortues luth migrent chaque année des eaux tropicales où elles pondent aux eaux polaires où elles se nourrissent.

Elles y retrouveront de vastes populations de méduses, leur mets favori, jouant ainsi un rôle essentiel dans l’équilibre écologique de ces écosystèmes.

Par la pollution marine, la pêche accidentelle, la perte de leur habitat ou l’apparition d’espèces invasives, le plus gros reptile de la planète est aujourd’hui devenu une espèce vulnérable.

Requin-marteau

Le requin-marteau est un poisson pélagique que l’on retrouve jusqu’à 100 mètres de profondeur dans les eaux chaudes du globe. Essentiellement nocturne, les extensions aplaties de sa tête renferment une multitude d’organes sensoriels qui lui permettent de profiter d’une meilleure vision et d’un meilleur odorat que les autres espèces de requins.

Des atouts indispensables au moment de la chasse notamment, mais qui ne le préservent pas de la surpêche qui constitue sa principale menace. Recherché pour ses ailerons, le requin-marteau a vu sa population chuter de 83% en Atlantique Nord et de 64% dans les autres mers du monde, en l’espace d’une vingtaine d’années.

Loutre de mer

Avec un gabarit moyen de 110 à 130 cm, la loutre de mer est le plus petit mammifère au monde. Répartie dans les eaux tempérées à froides de la planète, elle parvient à maintenir sa température corporelle malgré l’absence de graisse sous sa peau pour la protéger du froid.

Son secret, c’est une fourrure épaisse, la plus dense de tout le règne animal, qu’elle prend soin d’imperméabiliser au quotidien. Lorsqu’elle ne se repose pas en flottant sur le dos, elle chasse dans les forêts de kelp notamment où elle avale crabes, oursins et mollusques en grande quantité.

La pollution marine, le commerce de la fourrure, la raréfaction des proies due à la pêche et même le réchauffement climatique en font aujourd’hui l’espèce de loutre la plus menacée à travers le monde.

Macareux moine

Une physionomie atypique et une démarche maladroite mais que l’on ne s’y trompe pas. Dans l’eau, le macareux moine fait preuve d’une agilité étonnante pour chasser les petits poissons dont il se nourrit. C’est d’ailleurs en haute mer qu’il passe la majeure partie de sa vie, ne regagnant son terrier que pour se reproduire.

Observable dans tout l’Atlantique Nord et sur les côtes bretonnes notamment, le macareux moine est d’abord devenu une curiosité touristique durant le XXe siècle puis une cible privilégiée pour les chasseurs amateurs. En conséquence, ses colonies sont passées de plusieurs milliers d’individus à quelques centaines rien qu’en Bretagne.

Désormais une espèce protégée, c’est le réchauffement climatique et la pêche excessive de ses stocks de nourriture qui le mettent en danger.

Requin-Taureau

Bien qu’il vive généralement au large des côtes australiennes, américaines et sud-africaines, le requin-taureau est une espèce migratrice que l’on retrouve selon les saisons dans toutes les eaux chaudes de la planète.

Relativement docile en présence de l’Homme, il se révèle redoutable pour les poissons osseux, colin, hareng, bar de mer, qui composent son régime alimentaire. Son taux de reproduction très faible en revanche est un vrai frein à la stabilisation de ses populations à travers la planète.

D’autant que les pressions humaines, elles, ne faiblissent pas. Très prisé en Asie pour sa viande utilisée d’une multitude de façons, le requin-taureau a vu ses populations s’effondrer d’environ 75% au cours des années 1980. 

Aujourd’hui, les prises accidentelles restent aussi très préoccupantes.

Grand cachalot

Lui aussi compte parmi les espèces les plus colossales de la planète, avec une tête qui peut peser à elle seule jusqu’à 16 tonnes !

On retrouve le cachalot dans toutes les régions du globe où il se nourrit de proies relativement imposantes elles aussi telles que les pieuvres et les calmars. Sa population mondiale est estimée entre 200 000 et 450 000 individus, soit 30% de ce que l’on pouvait compter il y a plus d’un siècle.

Victime d’une chasse intensive jusqu’en 1980 et considéré comme vulnérable il y a quelques années, le voici en danger d’extinction dans certaines eaux du monde, comme en Martinique.

Il faut dire que de nouvelles pressions pèsent depuis sur l’espèce comme le tourisme, la pollution plastique et les filets de pêche laissés à la dérive pour la pêche au thon notamment.

Tortue verte

La vie n’est pas de tout repos pour les tortues vertes. Malgré les nombreuses précautions que prennent généralement les femelles au moment de pondre sur les plages, seul un bébé sur 1000 parviendra à l’âge adulte. Les autres seront dévorés par divers prédateurs dont l’Homme qui consomme à la fois la chair de l’animal et ses œufs.

Herbivore la majeure partie de sa vie, la tortue verte puise globalement sa nourriture dans les prairies sous-marines avant de regagner les côtes pour se laisser dorer au soleil.

Victime du braconnage, de la pollution marine ou encore de la destruction de son habitat par le passage des bateaux, elle est aujourd’hui l’espèce de tortue la plus menacée de toutes.

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