La baleine bleue, un géant des mers en voie d’extinction

La baleine bleue, un géant des mers en voie d’extinction

Reconnaissable aux sillons caractéristiques courants le long de sa gorge et à ses vocalises semblables à un chant, la baleine bleue ou rorqual bleu est le plus gros animal ayant jamais vécu sur Terre. Si elle se rencontre parfois en groupe d’une poignée d’individus, c’est en solitaire ou en duo qu’elle effectue ses migrations autour de la planète, au rythme des déplacements du krill dont elle se nourrit. 

Loin d’être un superprédateur malgré ses dimensions, elle est plutôt une proie de choix pour l’Homme depuis le siècle dernier. En cause principalement, la chasse qui a fait passer ses populations de 250 000 à 5000 individus en l’espace d’une centaine d’années seulement.

  • Apparence : long corps effilé, peau lisse
  • Longueur du corps : de 21 à 30 m
  • Poids : de 82 à 200 tonnes
  • Longévité : 80 à 90 ans
  • Distribution : pratiquement toutes les mers et tous les océans du monde, avec une préférence pour les eaux froides
  • Régime alimentaire : krill, céphalopodes et petits poissons

Zones de répartition naturelle de la baleine bleue

À l’exception de l’Arctique, la baleine bleue se rencontre dans tous les océans du monde. Ses migrations la poussent généralement des pôles où elle se nourrit l’été aux eaux tempérées à tropicales durant l’hiver, là où elle met bas. Le krill y étant plus rare, ce sont les réserves constituées durant l’été qui lui permettront de tenir jusqu’à la prochaine migration.

Pourquoi la baleine bleue est-elle en voie de disparition ?

Chassée durant des décennies pour son huile utilisée comme combustible dans l’éclairage public notamment, la baleine bleue a frôlé de peu l’extinction totale dès les années 1960. L’interdiction de la pratique a offert un court répit à l’espèce qui reste lourdement menacée par le réchauffement climatique et la pêche illégale.

La chasse

Avec une vitesse de pointe pouvant atteindre les 50 km/h, la baleine bleue est restée relativement préservée de la chasse durant de nombreuses années, les Hommes préférant des cétacés plus lents tels que la baleine franche de l’Atlantique Nord. Mais l’invention norvégienne du canon-harpon en 1864 a changé la donne.

La chasse à la baleine bleue part alors de la Norvège pour s’éteindre progressivement à travers le nord de l’Atlantique, et puis plus loin encore. 

Traquées pour leur huile et pour leur chair, les populations de baleine bleue ont alors connu un effondrement si rapide qu’un moratoire international proposé par la Commission baleinière internationale a finalement interdit la pratique en 1986. 88 pays comptent aujourd’hui parmi les signataires. L’Islande, la Norvège et le Japon continuent en revanche de s’adonner librement à la chasse commerciale.

Le Japon fait d’ailleurs particulièrement figure de mauvais élève, pour avoir sorti de l’eau plus de 10 000 baleines au cours des vingt dernières années. Officiellement à des fins scientifiques, lorsqu’il ne s’agit en réalité que d’alimenter le marché japonais en viande de baleine bleue. 

Beaucoup d’argent entre en effet en jeu derrière la pratique au point que le Japon réclame depuis de nombreuses années l’abandon du moratoire international. Sans aboutir à une enquête, la découverte d’un vaste trafic de viande de baleine par Greenpeace en 2008 n’a conduit qu’à la mise en garde à vue des militants concernés. Et la chasse à la baleine bleue s’est poursuivie sans faiblir depuis.

Le réchauffement climatique

Sous l’effet des changements climatiques et de l’acidification des océans, les sources de nourriture de la baleine bleue tendent à se raréfier de manière localisée. Aussi les cycles migratoires s’allongent-ils bien au-delà de ce que l’espèce peut supporter. Épuisées, certaines s’échouent parfois par centaines comme nous avons régulièrement pu l’observer ces dernières années sur les côtes néo-zélandaises.

La pêche industrielle

Si bon nombre de petites espèces marines sont régulièrement pêchées de manière accidentelle, la baleine bleue a elle aussi bien du mal à éviter les filets qui ne lui sont pas destinés. D’autant plus que la pêche au krill connaît depuis peu un essor sans précédent.

La pollution marine

Au-delà des microplastiques fréquemment ingérés par l’espèce, on note les déversements chimiques dans les eaux du globe qui provoquent des cancers et altèrent les capacités de reproduction de la baleine bleue.

Les collisions avec les bateaux

Leur nombre est difficile à quantifier mais le phénomène est réel. Certaines collisions passent d’ailleurs inaperçues auprès des marins compte tenu de la taille des cargos modernes, tandis que sous l’eau les blessures causées à l’animal sont le plus souvent mortelles.

S’ajoute aussi le bruit des sonars qui perturbe le système d’orientation de la baleine bleue, entraînant ici encore la mort.

Face aux nombreuses pressions que subit aujourd’hui l’espèce, deux sanctuaires ont vu le jour ces dernières années dans les océans Indien et Austral afin de protéger et d’aider à l’accroissement des populations de baleines bleues. Voilà déjà vingt ans que l’idée de la création d’un troisième dans le sud du Pacifique a été évoquée. Pour l’heure, les principaux pays chasseurs de baleine s’y sont toujours fermement opposés.

adipiscing pulvinar consequat. Sed commodo quis, consectetur