15 animaux de la forêt en voie de disparition 

Impossible la vie sur Terre sans nos forêts. À la fois réserves de matériaux, lieu de vie de plus de la moitié de la biodiversité terrestre, espace de loisirs, elles participent également à la lutte contre le réchauffement climatique et renferment bon nombre de ressources indispensables pour la santé notamment.

Il y a la taïga, avec ses arbres à épines et son sol gelé où ne survivent que des espèces très spécifiques.

Il y a la forêt amazonienne, foyer d’une végétation dense et d’une biodiversité extraordinaire de plusieurs milliers d’espèces dont beaucoup restent encore à découvrir.

À l’échelle planétaire, c’est l’Europe qui détient un quart de toute la superficie forestière, suivie des Amériques puis du continent asiatique loin derrière. Il faut dire que si le couvert forestier européen fait l’objet de mesures de protection globalement acceptables, ailleurs dans le monde la déforestation se poursuit à un rythme alarmant. 

Les forêts occupent aujourd’hui un tiers de toute la superficie des terres de la planète, là où elles s’étendaient autrefois sur la moitié. La déforestation à elle seule a déjà causé la disparition de 58% des espèces de vertébrés en 40 ans à laquelle il faut aussi ajouter le trafic d’animaux sauvages qui ne cesse d’augmenter.

Plus facilement fragilisées par les espèces nuisibles ou les champignons pathogènes, les forêts du monde deviennent aussi plus vulnérables face au changement climatique dont l’impact remet lui aussi en question la survie de la biodiversité animale et de ses écosystèmes associés.

Alors que près de 13 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année, la question d’une gestion durable devient de plus en plus fondamentale pour permettre aux générations futures de profiter encore d’une ressource inestimable.

Koala

Avec sa petite taille et son allure sympathique, le koala est l’un des emblèmes de l’Australie, tout comme le kangourou. Indissociable des eucalyptus dans lesquels il vit et se nourrit, il passe chaque jour de longues heures à sélectionner une à une les feuilles les plus savoureuses, délaissant les plus jeunes qui contiennent une substance potentiellement mortelle.

Si ses prédateurs naturels tels que le hibou ou le python ne font que peu de ravages sur ses populations, le koala a déjà souffert du commerce de sa fourrure et continue de faire face à un large éventail de menaces.

Déboisement, pollution des cours d’eau, collision avec des voitures, feux de forêts fréquents, on redoute aussi chez le koala l’apparition du stress qui le rend plus vulnérable à certaines maladies communes. 

Diable de Tasmanie

Avant de devenir un personnage de cartoon célèbre, le diable de Tasmanie était déjà le plus grand marsupial carnivore d’Australie. Craintif et discret malgré son nom, l’animal nocturne est doté d’une mâchoire redoutable avec laquelle il peut infliger de profondes blessures à ses congénères lors de l’accouplement ou en cas d’affrontements.

C’est ainsi notamment que se transmet la tumeur faciale, sorte de cancer contagieux, qui a déjà décimé 85% de ses populations. Une maladie importée par l’Homme déjà responsable de la fragmentation de l’habitat du diable de Tasmanie, et de son extermination via la chasse il y a quelques décennies.

Quokka

Chouchou des touristes, coqueluche des réseaux sociaux, le quokka doit sa popularité à son physique jovial et particulièrement à son visage joufflu qui semble en permanence fendu d’un large sourire. Supposé être «l’animal le plus heureux du monde», on se bouscule aujourd’hui le temps d’un selfie avec l’animal herbivore que l’on retrouve généralement dans les sous-bois denses, non loin d’un point d’eau.

Mais l’espèce endémique du sud-ouest de l’Australie tranche très nettement avec la réputation qui lui a été donnée.

Dans la réalité, le quokka fait partie des espèces menacées, à la fois par la fragmentation de son habitat naturel mais aussi par les espèces invasives telles que le renard roux, introduit à l’origine par les colons britanniques.

On ne compterait plus désormais que quelque 10 000 individus matures en Australie, et la plupart des effectifs sont sur le déclin.

Panthère des neiges

Solitaire et insaisissable, il est si rare d’observer la panthère des neiges que l’espèce nous reste encore très peu connue. On sait qu’elle parcourt un territoire immense étendu à travers l’Asie centrale et que son épaisse fourrure tachetée lui permet de résister au climat de haute montagne et de se fondre dans son environnement.

 Mais les menaces humaines gagnent même les territoires d’altitude et l’habitat de la panthère des neiges ne cesse de se réduire au profit des pâturages notamment. S’ajoutent aussi le braconnage et les conflits de plus en plus fréquents avec les populations locales qui ont en tout fait reculer l’espèce de plus de 20% ces dernières années.

Kakapo

Il peut vivre jusqu’à 100 ans mais son rythme de reproduction lent et sa vulnérabilité en font l’un des oiseaux les plus rares de la planète. Il faut dire qu’en plus d’être incapable de voler, le kakapo a tendance à s’immobiliser en cas de menace ce qui en fait une proie facile.

Exclusivement végétarien, ce grand perroquet de Nouvelle-Zélande n’en reste pas moins un excellent grimpeur. Mais l’arrivée des colons européens sur son territoire au XIXème siècle a facilité l’apparition de nombreux prédateurs, chats, chiens, rats, hermines.

Après avoir frôlé l’extinction en 2019 face à une infection respiratoire, les kakapos portent aujourd’hui des émetteurs radio et se reproduisent sous étroite surveillance. 

Panda géant

Mi-ours, mi-chat avec ses pupilles fendues verticalement, le panda géant est un véritable emblème chinois et un symbole de la faune en voie de disparition. Réparti dans les régions montagneuses de haute altitude, nous le retrouvons généralement en train de grignoter d’énormes quantités de bambou en dépit de son système digestif plutôt adapté au régime carnivore. 

S’il reste l’une des espèces les plus menacées au monde, c’est que le panda géant voit sa survie compromise par l’essor démographique et les activités humaines. Déforestations massives, épisodes de famine fréquents, faible capacité d’adaptation face aux changements environnementaux, on estime aujourd’hui qu’il ne resterait qu’environ 1800 pandas à l’état sauvage.

Tourterelle des bois

Timide et craintive, pas facile d’observer la tourterelle des bois qui prend généralement soin de se cacher dans les haies et les broussailles des milieux qu’elle fréquente. C’est essentiellement par son roucoulement doux que l’on repère le petit animal ou lorsqu’il se pose à terre à la recherche des graines qui composent son alimentation.

Considérée comme en déclin un peu partout en Europe, la tourterelle des bois souffre particulièrement du braconnage et de la destruction de son habitat mais aussi de la chasse qui ne faiblit pas et qui coûte à chaque saison la vie de plusieurs milliers d’individus. Rien qu’en France, l’espèce perd chaque année 1 à 2% de ses effectifs.

Pangolin de Chine

Avant de faire la une de l’actualité, il était l’animal le plus braconné au monde. Le pangolin de Chine est un petit mammifère proche du fourmilier, doté de griffes et d’une langue presque aussi longue que son corps pour l’aider à fouiller les recoins les plus étroits à la recherche de nourriture. 

À ses écailles, la médecine traditionnelle chinoise prête de nombreuses vertus thérapeutiques qui ont donné naissance à un trafic illégal florissant. Près d’un million de pangolins de Chine ont ainsi été braconnés en l’espace d’une dizaine d’années seulement. Les individus élevés en captivité n’ont quant à eux que peu de chances de survie, l’espèce nécessitant des soins très particuliers.

Dhole

Avec ses longues pattes fines parfaitement adaptées à la chasse et sa mâchoire puissante, le dhole est ce que l’on appelle un hyper-carnivore c’est-à-dire que son alimentation se compose de viande à plus de 70%.

Encore présent à travers neuf pays asiatiques, sur un territoire réduit d’environ 75%, le dhole profite de l’aube ou du crépuscule pour coordonner ses attaques et se mesurer à des proies jusqu’à quatre fois plus grandes que lui. Mais les proies se font rares sous l’effet de l’expansion urbaine et agricole, d’autant que les Hommes chassent bien souvent les mêmes animaux pour leur propre alimentation.

La proximité avec les communautés locales et leurs chiens domestiques exposent aussi l’espèce à des maladies telles que la rage contre lesquelles les animaux sauvages ne sont pas immunisés.

Salamandre géante

Le plus grand amphibien de la planète fait aussi partie des espèces en danger critique d’extinction. Exclusivement aquatique, la salamandre géante apprécie les cours d’eau et les marais de la Chine continentale où elle se tapit pour se nourrir de crustacés et de petits poissons.

La salamandre géante regroupe au total une poignée de sous-espèces, aujourd’hui pratiquement toutes sur le déclin. Il faut dire que sa chair, considérée comme un mets de luxe, fait l’objet d’un braconnage massif depuis de longues années. 

Pratiquement introuvables à l’état sauvage, les individus que l’on rencontre aujourd’hui proviennent le plus souvent d’élevages. Ils sont ensuite réintroduits dans la nature, de manière généralement inadaptée.

Bison d’Europe

Proche de son cousin d’Amérique, le bison d’Europe est le plus grand des mammifères européens. Comme tous les ruminants, il est herbivore et se régale de quelque 250 variétés végétales en tous genres, feuilles, herbes, écorces. 

Son poids et sa carrure imposante n’enlèvent rien à sa vitesse puisqu’il peut atteindre les 60 km/h, très pratique pour échapper au loup qui constitue son principal prédateur naturel. 

Mais c’est avant tout la chasse intensive qui l’a poussé au bord de l’extinction au cours du siècle dernier. Progressivement réintroduit dans les années 50 après avoir failli disparaître, le bison d’Europe ne survit pour l’heure que sur de petits territoires fragmentés.

Macaque de Barbarie

Aussi appelé magot ou macaque berbère, le macaque de Barbarie est le seul macaque à vivre hors de l’Asie. Nous le croisons au contraire sur le continent africain, dans les forêts du Maroc et de l’Algérie notamment tandis qu’il s’est déjà éteint en Tunisie.

Parfaitement adapté à son environnement, le macaque de Barbarie possède une fourrure épaisse qui lui permet de résister aux hivers rudes du massif de l’Atlas et des doigts raccourcis afin d’éviter le gel.

Le braconnage, la réduction de son habitat naturel ou la surexploitation des forêts font aujourd’hui peser de lourdes menaces sur l’espèce au point que l’on redoute sa disparition totale d’ici une dizaine d’années seulement.

Takin

On dénombre en tout quatre sous-espèces de takin, reconnaissables à leur pelage allant du roux au gris foncé. Présent dans les vallées d’altitude à travers la chaîne himalayenne, le mammifère aux allures du bœuf musqué sait faire preuve d’une agilité remarquable et ne quitte la sécurité des broussailles que pour se nourrir. 

Herbes tendres, feuilles mais aussi sel déposé sur les rochers, ce n’est que tôt le matin ou bien en fin de journée que le takin entreprend ses promenades gourmandes.

Sa mise à découvert le rend en effet vulnérable à la chasse et au braconnage qui ont déjà fait des ravages sur bon nombre de ses populations.

Aigle impérial

Plus petit que l’aigle royal, l’aigle impérial est aussi plus lourd et chasse non pas en plein vol mais en fondant sur ses proies après les avoir repérées depuis le haut des arbres. C’est aussi au sommet des arbres qu’il établit son nid, dans les steppes d’Asie centrale essentiellement ou bien, dans une moindre mesure, en Espagne et au Portugal.  

Repérable de loin par ses cris perçants et le plumage jaune de sa nuque, l’aigle impérial est aujourd’hui menacé non seulement par la chasse mais aussi par la diminution de son habitat et la pose d’appâts empoisonnés destinés aux ours et aux loups.

Loup rouge

Essentiellement nocturne, le loup rouge est reconnaissable à son pelage cannelle et présente la particularité de pouvoir se dresser sur ses pattes postérieures afin d’avoir une vue dégagée par-delà les hautes herbes.

Grand amateur d’ongulés et de rongeurs, il ne se refuse pas quelques charognes lorsque les circonstances l’exigent et se déplace en meute d’une dizaine d’individus. En tant que grand carnivore, le loup rouge n’a pratiquement pas de prédateur naturel même si les conflits liés au territoire sont fréquents avec les coyotes notamment.

S’il est désormais l’un des animaux les plus menacés au monde, c’est que de vastes programmes d’extermination ont été mis en place au cours du siècle dernier. Fragilisée également par la fragmentation de son habitat, l’espèce ne compterait plus que 270 individus à l’état sauvage.

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