14 animaux de la savane en voie de disparition

De vastes étendues sauvages parcourues d’arbustes et de hautes graminées abritant herbivores, carnivores et oiseaux, la savane est un écosystème unique, lieu de vie de certaines des espèces les plus emblématiques et les plus menacées de la planète. 

Répartie sur environ 13,5 millions de km², la plupart se trouvant en Afrique, on y remarque une multitude de microclimats qui contribuent à façonner les paysages locaux comme le font aussi les incendies réguliers et le passage des animaux. De l’équilibre fragile entre les proies et les prédateurs à l’alternance perpétuelle entre sécheresse et saison des pluies, la savane nous offre de formidables exemples de symbiose entre les espèces, et d’adaptation de la biodiversité.

Mais la savane se réduit. De sa surface initiale en Afrique ne restent aujourd’hui plus que 25% alors qu’elle était encore 30% plus étendue que les États-Unis il y a une cinquantaine d’années.

Principales menaces, l’urbanisation et l’exploitation agricole qui entraînent la dégradation des habitats naturels et qui ont déjà causé la disparition d’environ 75% des lions africains.

Suivent également la pollution, l’introduction d’espèces invasives ou le réchauffement climatique mais aussi le braconnage. Déjà menacées par la diminution de leurs sources de nourriture animales ou végétales sous le coup des pressions humaines, de nombreuses espèces sont vendues à prix d’or pour leur peau ou leur ivoire notamment, dans le cadre d’un commerce illégal. Une centaine d’éléphants s’éteignent ainsi chaque jour, alors même que l’espèce ne compte plus que quelques centaines de milliers d’individus à l’échelle mondiale.

Lion

Une vitesse de pointe de 60 km/h et un rugissement que l’on peut entendre à cinq kilomètres à la ronde, le roi des animaux continue de nourrir l’imaginaire collectif. Plutôt solitaire malgré une vie en troupe comprenant plusieurs lionnes et leurs lionceaux, le lion survit aujourd’hui en Inde et dans quelques zones de l’Afrique subsaharienne, là où son territoire s’étendait autrefois jusqu’à l’Europe et l’Asie du sud-ouest. 

Sans surprise, le recul de l’espèce coïncide avec l’accroissement des populations humaines. On y retrouve la destruction des habitats naturels bien sûr, transformés en terres agricoles, mais pas seulement.

La chasse au trophée, le braconnage et les épidémies causées notamment par la proximité entre les lions et les Hommes, font encore peser de lourdes menaces.

Girafe

Si emblématique et pourtant si négligée, on constate aujourd’hui que la girafe a fait l’objet de beaucoup moins d’études que d’autres espèces caractéristiques de la savane. Elle étonne généralement par son anatomie particulière qui lui permet d’accéder aux feuilles les plus hautes des arbres, et sa présence quasiment incontournable dans les réserves protégées a pu laisser penser que l’espèce n’était pas en danger.

Selon les régions du monde pourtant, la girafe a vu s’effondrer 40 à 97% de ses effectifs. 

Au-delà de la fragmentation classique de son habitat, il faut dire que sa queue, sa cervelle ou ses os, supposés guérir le sida, font l’objet d’un braconnage constant.

Hippopotame

On imagine généralement que les félins sont les plus dangereux de tous les animaux de la savane mais l’hippopotame cache bien son jeu. Avec une vitesse maximum de 40 km/h et une vision impeccable y compris sous l’eau, ce cousin de la baleine s’impose comme le mammifère le plus redoutable d’Afrique. 

D’autant que l’espèce, bien qu’herbivore, ne se refuse pas l’ajout d’un peu de viande au menu lorsque certaines carences l’imposent. 

Sur les différentes espèces que l’on pouvait croiser par le passé, seules deux ont survécu : l’hippopotame nain et l’hippopotame amphibie. Et les populations ne cessent malheureusement de se réduire sous l’effet de la modification des milieux naturels et du braconnage. On estime qu’il ne resterait aujourd’hui que 130 000 hippopotames sur le continent africain.

Guépard 

Derrière sa silhouette agile et son impressionnante vitesse de pointe qui peut grimper jusqu’à 115 km/h, le guépard a besoin pour survivre de conditions de vie très particulières.

Rien qu’au niveau de la superficie de son territoire, il lui faut généralement de très vastes espaces où il pourra courir à loisir et où deux individus n’auront que rarement l’occasion de se rencontrer. Pourtant, l’habitat naturel du guépard ne cesse de se resserrer autour d’une population toujours plus faible. On compte désormais 7100 animaux en liberté, lorsque les effectifs atteignaient les 100 000 au siècle dernier. 

Il faut dire que la chasse et le braconnage font encore des ravages eux aussi, jusque dans les réserves naturelles.

Panthère

Panthère ou léopard avec ses différentes sous-espèces, le terme désigne dans tous les cas un félin de grande taille que l’on retrouve encore aujourd’hui dans certaines zones d’Afrique et d’Asie. 

Aussi à l’aise au sol que dans les arbres, la panthère présente la particularité de se faufiler entre les feuillages pour surprendre ses proies et les mettre hors de portée des autres prédateurs en attendant de les dévorer. Elle peut atteindre l’âge de 30 ans environ, mais sa durée de vie est désormais raccourcie par la diminution de son territoire et par le braconnage.

Protégée depuis 1975 par la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages, elle n’en reste pas moins chassée dans de nombreuses régions du monde.

Chimpanzé

Impossible de croiser une espèce animale plus proche de nous, nous partageons avec le chimpanzé 98% de nos gènes ! On le rencontre aujourd’hui dans les savanes et les forêts humides jusqu’à 2000 mètres d’altitude où il vit au sein de communautés soigneusement élaborées et où son intelligence lui permet de créer et d’utiliser des outils destinés à simplifier son quotidien.

On dénombre en tout quatre sous-espèces de chimpanzés, toutes menacées par les activités humaines. L’extension des villes, la déforestation ou le braconnage ont déjà fait s’effondrer les populations de chimpanzés de 25% en un siècle seulement.

Les individus restants sont forcés de se regrouper dans des territoires de plus en plus restreints.

Lycaon

Chien sauvage aux allures de hyène, le lycaon est un mammifère carnivore nomade que la recherche de nourriture pousse au quotidien à parcourir de vastes distances. Dans les meutes de plusieurs dizaines d’individus, la chasse est très organisée et les plus âgés, loin d’être rejetés comme le font d’autres espèces, sont au contraire pris en charge et nourris par leurs congénères.

Considéré à tort comme un tueur insatiable, le lycaon ne s’intéresse pourtant pas au bétail si ses proies naturelles sont en nombre suffisant. Le recul de son habitat et de ses sources de nourriture le forcent pourtant à se rapprocher fréquemment des Hommes ce qui donne encore lieu chaque année à d’importants programmes d’éradication.

Également sensible à de nombreuses maladies apportées par les chiens domestiques, l’espèce ne survit désormais que dans une quinzaine de pays.

Tamanoir

Une langue d’une soixantaine de centimètres, une épaisse fourrure, le tamanoir compense sa mauvaise vue par un excellent odorat et de longues griffes indispensables pour ouvrir les fourmilières. Plutôt solitaire en dehors de la période de reproduction, l’animal une fois bien nourri passe environ 16 heures par jour à dormir.

Si le tamanoir est aujourd’hui le plus menacé parmi les quatre espèces de fourmiliers, c’est que le trafic animal et la chasse non réglementée ne faiblissent pas. Réparti notamment dans les forêts au Brésil et en Amérique Centrale, l’espèce souffre également de la déforestation.  

Éléphant d’Afrique

On les connaît pour leur mémoire et leur intelligence, les éléphants sont aujourd’hui les plus gros animaux au monde, l’éléphant d’Afrique étant le plus imposant de tous. Doté de larges oreilles qui lui permettent de se refroidir et d’une trompe caractéristique grâce à laquelle il peut se nourrir, saluer ou défier, l’éléphant d’Afrique est aussi reconnaissable à ses impressionnantes défenses qui lui servent à creuser, à se défendre ou à se repérer.

Des défenses en ivoire vendues à prix d’or sur les marchés noirs et qui causent chaque année la disparition de 20 000 à 30 000 individus.

À ne pas négliger également, la destruction des milieux naturels qui multiplie les conflits entre les éléphants et les populations locales pour la nourriture ou pour l’eau.

Ara hyacinthe

Comme la plupart des oiseaux vivant dans les riches forêts tropicales de la planète, l’ara hyacinthe participe activement à la dissémination des graines et à la régénération de la végétation qui soutient toute la chaîne alimentaire.

Connu pour être sociable et curieux, l’animal au plumage bleu éclatant est tout sauf un solitaire et préfère tout partager avec son ou sa partenaire. 

Son caractère doux et ses couleurs chatoyantes jouent d’ailleurs contre lui dans les régions du monde où il a trouvé refuge comme au Brésil puisqu’il est désormais très recherché comme animal de compagnie. 

Tantôt capturé en grande quantité et exporté vers les États-Unis, tantôt tué pour ses plumes que l’on retrouve dans la fabrication de souvenirs destinés aux touristes, l’ara hyacinthe est un animal largement en déclin.

Rhinocéros noir

Ils talonnent de près les éléphants en termes de taille, les rhinocéros comptent parmi les plus gros mammifères terrestres. Corps massif, petites pattes courtes et corne juchée sur le museau, le rhinocéros noir est l’une des deux espèces de rhinocéros que l’on retrouve encore en Afrique.

Si l’animal n’a que peu de prédateurs naturels, cette fameuse corne supposée avoir des vertus thérapeutiques et vendue plus cher que l’or ou la cocaïne le confronte depuis de nombreuses années à un ennemi redoutable. 

Face à une demande toujours croissante, les braconniers et les trafiquants ont recours à des méthodes de traque de plus en plus perfectionnées. Couplées à la diminution des espaces naturels qui rendent l’espèce plus vulnérable encore, les menaces placent le rhinocéros noir en danger critique d’extinction.

Padda de Java

Reconnaissable à son plumage gris pâle et à son bec rosé, le padda de Java est endémique des îles indonésiennes où il parcourt toujours en groupe les forêts de bambous et les prairies non loin des cours d’eau. 

Si son régime alimentaire inclut de nombreux insectes et des graines de toutes sortes, le riz reste son mets favori et l’incite à se regrouper en nombre autour des rizières une fois les grains arrivés à maturité. Une gourmandise qui lui vaut d’être considéré comme nuisible pour les activités agricoles et qui a entraîné un fort déclin de ses populations.

Affaibli par la pollution de son habitat naturel, le padda de Java est également l’un des oiseaux les plus recherchés pour la mise en cage.

Vautour percnoptère

Le plus petit des vautours européens a des besoins bien spécifiques. Le vautour percnoptère érige généralement son nid  au creux des hautes falaises et n’hésitera pas à parcourir de longues distances pour dénicher les œufs, les petits vertébrés et même les cadavres qui composent son alimentation. 

Avec le retour de l’hiver, il entreprend chaque année un long voyage qui le mènera des Pyrénées jusqu’en Mauritanie ou au Sénégal. Une combinaison de différents facteurs pèse cependant sur sa survie à long terme.

À la dégradation de ses habitats naturels et la diminution du nombre de ses proies s’ajoutent aussi les électrocutions avec les infrastructures humaines et l’empoisonnement par diverses substances toxiques.

Pangolin géant

Impossible de passer aujourd’hui à côté du pangolin géant et pourtant, l’espèce était encore il y a peu presque inconnue à l’échelle mondiale. Insectivore et très solitaire, l’espèce n’est pas difficile à approcher et connaît un rythme de reproduction très lent.

Résultat, le pangolin géant est désormais le mammifère le plus braconné au monde. Très recherché pour sa viande perçue comme un mets de luxe, ce sont aussi ses écailles faites de kératine qui suscitent toutes les convoitises. Elles seront généralement réduites en poudre et utilisées dans la médecine asiatique traditionnelle. 

Le trafic, initialement limité à l’Asie, s’étend maintenant jusqu’en Afrique.

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