La tortue luth, en danger dans tous les océans du monde

La tortue luth, en danger dans tous les océans du monde

Reconnue comme la plus grande tortue marine au monde, la tortue luth est une voyageuse qui fréquente tous les océans de la planète. Là où la plupart des autres espèces possèdent une carapace en écailles kératinisées, celle-ci s’est dotée d’une peau épaisse recouvrant des os dermiques, situés au cœur des tissus. 

Malgré les nombreux programmes internationaux de conservation mis en place, la tortue luth est aujourd’hui encore considérée comme en danger critique d’extinction du fait du braconnage, de la pollution ou encore de la pêche accidentelle.

  • Apparence : silhouette en forme de coque de bateau inversée, carapace recouverte de peau bleutée
  • Longueur du corps : de 1,8 à 2,2 mètres
  • Poids : de 250 à 700 kg
  • Longévité : 50 ans minimum
  • Distribution : présente dans tous les océans du monde, à l’exception des eaux du cercle polaire
  • Régime alimentaire : méduses, petits poissons, crustacés, oursins

Zones de répartition naturelle de la tortue luth

Comme la plupart des tortues marines, la tortue luth parcourt régulièrement plusieurs milliers de kilomètres pour effectuer ses migrations, ne regagnant la terre ferme qu’au moment de la ponte. Bien que présente dans tous les océans du monde, l’espèce ne fréquente que quelques lieux de ponte bien spécifiques tels que la plage de Jamursba Medi, en Indonésie. D’autres endroits tels que la Sicile, la Libye ou Israël ont désormais été partiellement ou totalement abandonnés.

Pourquoi la tortue luth est-elle en voie de disparition ?

Le confinement mondial imposé début 2020 a offert un peu de répit aux populations de tortue luth qui ont alors créé davantage de nids et ont profité de plus d’éclosions qu’à l’ordinaire. L’espèce reste toutefois largement sur le déclin dans toutes les eaux qu’elle occupe, avec 1438 individus par exemple observés dans le Pacifique ouest, et seulement 148 à travers le sud-ouest de l’océan Indien .

À l’origine de ce déclin rapide, de nombreuses menaces toutes liées aux activités anthropiques.

La pollution plastique

En 1987 déjà, 44% des tortues luth étudiées avaient ingurgité du plastique. Il faut dire que les déchets flottants se concentrent généralement dans les mêmes zones que celles où elles se nourrissent et qu’un sac en polyéthylène peut rapidement être confondu avec une méduse. 

Incapable de les régurgiter, l’animal finira par mourir des suites d’occlusions gastriques ou intestinales. 

L’ingestion de plus petites particules de plastique pourra d’ailleurs avoir des effets tout aussi désastreux, les polluants chimiques perturbant le système digestif et affaiblissant le système immunitaire et reproducteur de l’espèce.

La prédation humaine et animale

Les tortues luth sont la proie de très nombreuses espèces, dès l’instant de l’éclosion. Un seul œuf sur mille deviendra une tortue adulte. Si elles parviennent à échapper aux crabes, aux oiseaux ou aux caïmans sur la plage, il leur faudra faire face aux pieuvres et à certains gros poissons une fois dans l’eau.

S’ajoutent aussi les porcs et les chiens domestiques introduits sur ses lieux de ponte, et plus encore dernièrement le braconnage et les prélèvements massifs effectués par l’Homme. 

Si la chair de la tortue luth est considérée comme toxique, les œufs entrent dans l’alimentation traditionnelle des Indonésiens et des Kali’nas et font l’objet d’un commerce croissant.

Au Togo, ce sont aussi la graisse et la carapace de l’animal qui suscitent les convoitises. La première sera utilisée pour soulager les rhumatismes tandis que la seconde, réduite en poudre et mélangée à du miel, servira de remède contre les syncopes infantiles. Dans de nombreux pays, la carapace de la tortue luth possède aussi une haute valeur artistique qui lui vaut d’être exposée dans des musées, ou transformée en souvenirs dans les échoppes touristiques.

La capture accidentelle

La multiplication des filets de pêche abandonnés ou non en mer font aussi peser de lourdes menaces sur l’espèce migratrice. Celle-ci ne peut en effet pas nager vers l’arrière pour se libérer. Prise au piège, elle mourra généralement par noyade.

Le réchauffement climatique

La hausse de la température du sable des plages provoquée par le changement climatique tend aussi à tuer les œufs avant même qu’ils n’aient éclos. À noter que c’est cette même température qui déterminera le sexe du bébé tortue à naître, les spécimens mâles préférant les températures plus fraîches lorsque les femelles s’accomodent tout à fait de la chaleur. Autrement dit, la plupart des éclosions donnent aujourd’hui naissance à des femelles, ce qui promet de compliquer le processus de reproduction.

La destruction de son habitat

Avec l’urbanisation des plages où elle niche et la perturbation de ses lieux de ponte traditionnels, la tortue luth fait face enfin à une vraie réduction de l’espace disponible et à la dégradation de ce qui constituait son aire de répartition naturelle.

À l’heure où le nombre de nids de la tortue luth chute de 5,9% par an, les scientifiques estiment qu’il ne sera plus possible d’éviter la disparition de l’espèce d’ici à 20 ans si le rythme du déclin ne ralentit pas.

Aux côtés de l’essor de l’écotourisme et des campagnes de sensibilisation dans les villages côtiers africains, on note aussi le développement de programmes de gestion des plages et de relocalisation des nids vers des régions plus fraîches. Des initiatives souvent difficiles à harmoniser, la tortue luth migrant à travers les eaux de nombreux pays, mais qui pourraient conduire à terme à une augmentation de 80% du taux d’éclosion.

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