Le koala, une espèce fonctionnellement éteinte ?

Le koala, une espèce fonctionnellement éteinte ?

Endémique de la côte est de l’Australie, le koala est un petit marsupial herbivore, proche parent du kangourou dont il a hérité la poche ventrale. S’il passe 19 heures par jour à dormir, ce sont ses besoins en nourriture qui le tirent au quotidien de sa torpeur et pour cause, le mammifère arboricole avale chaque jour jusqu’à un kilo de feuilles d’eucalyptus. Une alimentation riche en eau qui le dispense de boire pour le reste de la journée et qu’il saisit de ses pattes griffues à cinq doigts.

Encore non protégé de manière efficace, le statut du koala oscille entre « rare » et « vulnérable » à travers les différents états dans lesquels il se trouve, principalement en raison de la perte de son habitat.

  • Apparence : petit corps trapu, fourrure grisonnante, grandes oreilles rondes.
  • Longueur du corps : de 61 à 85 cm
  • Poids : de 4 à 14 kg
  • Longévité : 13 à 18 ans
  • Distribution : côte orientale de l’Australie : Queensland, Nouvelle-Galles du Sud, Victoria
  • Régime alimentaire : feuilles d’eucalyptus, écorces, fruits

Zones de répartition naturelle du koala

Endémique du sud de l’Australie, le koala se rencontre en plus ou moins grand nombre à travers quatre États spécifiques : le Queensland, le Victoria, la Nouvelle-Galles du Sud et jusqu’à l’état du South Australia. Puisqu’il choisit son habitat en fonction de la disponibilité en nourriture, c’est dans les forêts claires d’eucalyptus que le marsupial nocturne s’établit généralement, mais aussi dans les forêts humides d’altitude ou les fourrés de lianes où il apprécie la fréquence des précipitations.

Pourquoi les koalas sont-ils en voie de disparition ?

Sur les 10 millions de koalas qui survivaient à l’état sauvage à travers l’Australie il y a deux siècles seulement, on estime aujourd’hui que leur nombre serait passé sous la barre des 43 000 individus. Pour les scientifiques, l’espèce est d’ailleurs considérée comme fonctionnellement éteinte, c’est-à-dire que les effets couplés de son déclin et des difficultés rencontrées pour la reproduction empêchent désormais à ses populations de se renouveler.

Si la chasse et le braconnage pour sa fourrure ont fait des ravages par le passé, ce sont aujourd’hui les incendies amplifiés par le réchauffement climatique ou la perte de son habitat qui menacent lourdement le koala. Une situation d’autant plus critique qu’aucune volonté politique n’a pour l’heure émergé afin de mettre en place des projets de conservation durables et les dispositifs nécessaires pour les faire respecter sur le long terme.

Perte de son habitat naturel

Pour l’agriculture, l’exploitation minière et forestière, la construction de routes ou l’expansion urbaine, la déforestation se poursuit à travers l’Australie, privant le koala à la fois de son lieu de vie et de sa source presque exclusive de nourriture.

Forcé de se retrancher près des zones déjà occupées par les populations humaines, le petit animal s’expose davantage aux blessures de toutes sortes et aux maladies. La présence de groupes d’animaux de plus en plus importants sur des aires de plus en plus réduites favorise également une compétition rude pour la nourriture encore disponible.

Dans les parcelles encore restantes mais de plus en plus morcelées, la dégradation des terres, l’érosion causée par le vent et l’eau ou la modification des espèces végétales entraînent progressivement le dépérissement des arbres. 65% des principales espèces d’arbres nourriciers du koala sont désormais sur le déclin et le mammifère a déjà reculé de 53% rien que dans le Queensland.

Proximité entre l’Homme et l’animal

La construction régulière de routes ou de nouveaux quartiers proches des lieux de vie du koala ont décuplé la vulnérabilité de l’animal. Ce sont aujourd’hui plus de 4000 d’entre eux qui sont tués chaque année rien que par la rencontre avec des animaux domestiques ou les collisions avec des voitures. 

Une mortalité favorisée par le stress accru dont est victime le marsupial et que le rend davantage sujet aux maladies.

Sécheresse et feux de forêt

Par le passé, de petites parcelles de forêt ont régulièrement été brûlées par les aborigènes, mais les violents incendies qui ont ravagé l’Australie ces dernières années ont bien souvent échappé à tout contrôle. Des incendies créés volontairement pour défricher les parcelles nécessaires aux activités humaines et qui se sont propagés au reste de la forêt, mais aussi des feux accidentels favorisés par les sécheresse à répétition observées sur le territoire. 

Ces dernières années, certaines populations de koala ont perdu jusqu’à 81% de leur lieu de vie sous l’effet des feux de brousse. Peu rapide, l’animal est également freiné dans sa fuite par les bâtiments humains encerclant plus qu’auparavant son habitat naturel.

Les maladies

Particulièrement exposé à certaines maladies humaines telles que la leucémie ou les cancers de la peau, le koala souffre aussi fréquemment des chlamydias qui peuvent se manifester de différentes façons : pneumonie, infections de voies urinaires, conjonctivite pouvant aller jusqu’à la cécité, infection des voies reproductives… Des contaminations facilitées en cas de stress chez l’animal, résultant notamment de la perte de son habitat.

Maillon essentiel des forêts qu’il occupe puisque ce sont ses déjections qui contribuent principalement à fertiliser les sols, le koala est le symbole le plus visible d’une biodiversité qui se meurt en silence. Longtemps ignoré par les États australiens, le marsupial fait depuis peu l’objet d’un vaste programme de protection initié par le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud. Il s’agira à terme d’établir de nombreux espaces protégés pour l’espèce, d’interdire l’exploitation du bois dans les forêts anciennes, de limiter le défrichement des parcelles mais aussi d’aider au développement de vaccins et de soins adaptés aux individus victimes de la proximité humaine.

Des initiatives qui bénéficieraient également à de nombreuses plantes et à d’autres animaux dont le recul est encore moins visible que celui du petit mammifère.