Le tamanoir, le plus menacé de tous les fourmiliers

Le tamanoir, le plus menacé de tous les fourmiliers

Endémique d’Amérique centrale et du Sud, le tamanoir ou fourmilier géant est un mammifère diurne et plutôt solitaire. S’il n’est pas réputé pour sa vue perçante ou son ouïe fine, son odorat est en revanche 40 fois plus développé que celui de l’Homme, tandis que son curieux museau renferme une langue de près de 65 centimètres pour l’aider à capturer sa nourriture sans difficulté.

Malgré sa lenteur, ses longues griffes lui évitent quant à elles d’être une proie facile, et le tamanoir peut fréquemment se mesurer au jaguar ou au puma lorsque les circonstances l’exigent. Ce sont aujourd’hui la chasse et les accidents routiers qui pèsent sur l’espèce, tous deux amplifiés par la destruction massive de son territoire via la déforestation.

  • Apparence : pelage brun, bande noire et blanche au niveau du cou, museau fin et long, queue touffue 
  • Longueur du corps : 80 à 120 cm
  • Longueur du museau : environ 45 cm
  • Longueur de la queue : 80 à 120 cm
  • Poids : 18 à 65 kg
  • Longévité : 15 ans à l’état sauvage, environ 25 ans en captivité
  • Distribution : Amérique centrale, Amérique du Sud
  • Régime alimentaire : fourmis, termites, petits invertébrés, fruits occasionnellement

Zones de répartition naturelle du tamanoir

Le tamanoir se rencontre aujourd’hui de l’est de la cordillère des Andes jusqu’au nord de l’Argentine, dans une multitude d’habitats différents. Ce peut être les marais ou les forêts tropicales humides, mais aussi les zones arbustives et les savanes.

Des restes de fossiles ont également été découverts au nord-ouest de l’État mexicain de Sonora.

Pourquoi les tamanoirs sont-ils en voie de disparition ?

Chassé pour sa viande, abattu par mesure de prévention, le tamanoir est aujourd’hui l’un des mammifères les plus menacés d’Amérique centrale. Après avoir totalement disparu du Costa Rica, du Guatemala ou de l’Uruguay, la destruction de son habitat naturel ne cesse d’aggraver le rythme de son extinction. 

L’espèce a ainsi décliné de 30% en l’espace de 10 ans seulement. 

Perte de son habitat naturel

C’est à la déforestation massive et aux feux de forêt fréquents que le tamanoir doit notamment le recul progressif de son aire de répartition. Avec ses mouvements lents et son pelage épais, le mammifère est d’ailleurs particulièrement vulnérable face aux incendies, contrairement à d’autres espèces. 

Près de 340 individus avaient notamment péri en 1994, dans l’incendie qui avait ravagé le parc national Emas, au Brésil.

Forcé de s’aventurer plus près des habitations humaines, l’animal considéré comme dangereux est aussi régulièrement tué en représailles.

Chasse

En Bolivie, au Venezuela comme un peu partout dans les régions qu’il occupe, le tamanoir est aussi victime de la chasse et du braconnage pour sa viande, pour ses griffes ou simplement pour le loisir. Sa peau, elle aussi très recherchée, permet notamment la fabrication de matériel équestre.

Sans réel programme de protection axé spécifiquement sur le tamanoir, ce sont les zoos qui constituent aujourd’hui l’une des meilleures chances de survie pour l’espèce. Celle-ci semble d’ailleurs bien tolérer la captivité puisque de nombreux petits sont nés ces dernières années, au zoo de la Barben, de Beauval, ou bien d’Amnéville.

Une meilleure sensibilisation des populations locales et un recul durable de la déforestation devront à terme fondamentalement se greffer aux initiatives déjà en place.