Le gorille de l’Est, menaces sur l’un de nos plus proches parents

Le gorille de l’Est, menaces sur l’un de nos plus proches parents

Animal pacifique derrière sa force impressionnante, c’est à son aire de répartition logée dans la partie Est de l’Afrique centrale que le gorille de l’Est doit son nom, par opposition au gorille de l’Ouest, lui aussi en voie de disparition. Dans les forêts denses qu’il fréquente en petits groupes, il est un maillon essentiel de la biodiversité puisqu’il participe activement à la régénération de la végétation en disséminant derrière lui les graines des fruits dont il se nourrit.

Génétiquement très similaire à l’Homme tout comme le sont le bonobo et le chimpanzé, le gorille de l’Est se divise en deux sous-espèces : le gorille des montagnes et le gorille de plaine de l’Est, désormais en danger critique d’extinction sous l’effet couplé du braconnage, de la perte de son habitat et des maladies apportées par l’Homme.

  • Apparence : silhouette robuste, fourrure noire
  • Longueur du corps : de 1,5 à 1,8 mètres
  • Poids : de 90 à 250 kg
  • Longévité : 30 à 50 ans en captivité
  • Distribution : République Démocratique du Congo, Rwanda, Ouganda
  • Régime alimentaire : fruits, feuilles, insectes, écorces

Zones de répartition naturelle du gorille de l’Est

Réparties à travers trois pays d’Afrique, les populations du gorille de l’Est se partagent entre les forêts d’altitude et les forêts tropicales humides présentes notamment dans le Parc national des volcans au Rwanda, le parc national des gorilles de Mgahinga en Ouganda et le parc national des Virunga, en République démocratique du Congo, où se concentre la majeure partie de l’espèce.

Les déplacements se font toujours en harems et au rythme de la disponibilité en nourriture, dictée par les saisons.

Pourquoi les gorilles de l’Est sont-ils en voie de disparition ?

Entre 1990 et 2016, les populations de gorille de l’Est ont chuté de près de 80%. Conversion des forêts en terres agricoles, extraction des ressources naturelles, braconnage, destruction de l’habitat à des fins résidentielles, les différentes menaces auxquelles était déjà confrontée l’espèce ont été décuplées par le génocide rwandais qui a poussé les populations humaines en des lieux jusqu’alors inoccupés.

Si le gorille des montagnes est parvenu à se stabiliser depuis peu, le gorille de plaine a rejoint la catégorie des espèces en danger critique d’extinction en passant sous la barre des 4000 individus restants. 

Perte de son habitat naturel

À la déforestation permanente pour l’agriculture s’ajoute la construction de routes et d’infrastructures qui fragmentent et fragilisent les parcelles encore présentes. De quoi favoriser également l’exploitation illégale des ressources naturelles telles que le bois rare, et l’invasion de plantes exotiques nuisibles pour la biodiversité locale.

Braconnage et commerce illégal

Considéré comme une proie facile pour les chasseurs, le gorille de l’Est est d’autant plus vulnérable face au braconnage que la destruction de son habitat se poursuit à un rythme effréné.

Les plus jeunes individus seront généralement capturés et revendus comme animaux de compagnie tandis que les adultes seront majoritairement tués pour leur viande. Le commerce de la viande de brousse reste un marché très lucratif, sa consommation étant encore associée à un certain prestige social, la demande ne faiblit pas. Supposés renfermer certains pouvoirs mystiques ou médicinaux, les pattes et le crâne du gorille de l’Est sont également prélevés et revendus comme charmes ou objets décoratifs.

Une pratique qui met particulièrement à mal les populations du primate, compte tenu d’un taux de reproduction extrêmement faible.

Les maladies humaines

Nous partageons avec le gorille de l’Est 98,3% de notre ADN ce qui le rend particulièrement vulnérable face aux maladies humaines d’autant qu’aucune immunité ne s’est développée chez l’animal. La fièvre hémorragique ou le virus Ebola qui sévit depuis de nombreuses années à travers l’Afrique ont décimé des populations entières de gorilles et de chimpanzés, en parallèle des vies humaines. Au début des années 2000, à proximité du Parc National d’Odzala en République Démocratique du Congo, 95% des 600 gorilles identifiés avaient succombé au virus

Considérés comme une espèce prioritaire depuis plusieurs années, le gorille de l’Est et les gorilles dans leur globalité profitent désormais de nombreuses initiatives destinées à mettre fin au commerce illégal des produits issus de l’animal et à renforcer les zones protégées à travers le territoire. 

L’accord Gorilla conclu en 2007 entre 6 États dont le Rwanda, le Nigeria et la RDC a pour vocation d’harmoniser les politiques à l’échelle international afin de garantir un avenir durable à l’espèce tout en profitant à la fois aux communautés locales et à la biodiversité riche qui compose l’habitat du primate.