Le lion : un déclin préoccupant pour le roi de la jungle

Le lion : un déclin préoccupant pour le roi de la jungle

Avec sa crinière brune et son rugissement puissant que l’on peut entendre jusqu’à 5 kilomètres à la ronde, le lion a été et continue d’être considéré comme le roi des animaux. Plutôt sociable, c’est en troupe qu’il vit entre l’Afrique et l’Asie, laissant aux femelles le soin de partir en chasse bien que sa vitesse de pointe avoisine les 60 km/h. Mais son territoire ne cesse de se réduire au profit de l’agriculture et de l’urbanisation, et rares sont encore les réserves protégées à empêcher réellement le passage des braconniers. Avec un effondrement de ses populations d’environ 42% au cours de ces dernières années, le plus grand carnivore d’Afrique pourrait compter parmi les espèces disparues d’ici à 2050.

  • Apparence : pelage couleur sable, crinière brune à fauve
  • Longueur du corps : de 172 à 250 cm
  • Longueur de la queue : de 60 à 100 cm
  • Hauteur au garrot : de 100 à 128 cm
  • Poids : de 145 à 225 kg
  • Longévité : 10 à 14 ans
  • Distribution : Kenya, Tanzanie, Afrique du Sud, Inde
  • Régime alimentaire : bovidés, girafes, zèbres, buffles, lapins, antilopes, éléphants

Zones de répartition naturelle du lion

Présent autrefois à travers l’Afrique du Nord, l’Asie du Sud-Ouest, le Moyen-Orient et jusqu’en Europe, le lion ne subsiste plus aujourd’hui que dans une poignée de régions de l’Afrique subsaharienne. On le rencontre par exemple dans quelques parcs nationaux du Kenya, de Tanzanie et d’Afrique du Sud, et beaucoup plus rarement en dehors de ces réserves protégées.

En Asie, après avoir frôlé l’extinction au cours du siècle dernier, le lion survit encore dans le parc national de la forêt de Gir, en Inde, où des programmes de protection ont permis à ses populations de croître à nouveau.

Pourquoi le lion est-il en voie de disparition ?

Décimé par la perte de son habitat, la chasse et le braconnage, le lion n’occupe plus aujourd’hui qu’une surface équivalente à 15% de son territoire initial et ses populations ne cessent de reculer. On estime désormais que celles-ci devraient être divisées par deux d’ici à 2035, ce qui correspondrait alors à 10 000 individus environ vivant encore à l’état sauvage. 

Tandis que la situation est particulièrement critique en Afrique centrale et de l’Ouest, quelques pays tels que le Botswana, le Zimbabwe, la Namibie et l’Afrique du Sud enregistrent ces dernières années une augmentation du nombre de lions. Ceux-ci n’évoluent cependant que dans des réserves entourées de grillages, ce qui impacte forcément leur dispersion.

Perte de l’habitat naturel

Principale menace pour le lion, la perte de l’habitat naturel est proportionnelle à l’accroissement des populations humaines. Là où se trouvaient autrefois des étendues sauvages, paissent aujourd’hui des troupeaux domestiqués aux côtés de larges parcelles cultivées et de zones d’habitation. 

Avec une population humaine qui a globalement triplé ces dernières décennies à travers l’Afrique, ce sont aussi les proies du félin qui se sont effondrées du fait de la chasse ou de la conversion de milieux naturels en terres agricoles. Poussés par la faim parfois très près de l’Homme, les lions sont régulièrement abattus ou empoisonnés de manière préventive, avant qu’ils ne s’attaquent aux troupeaux.

La chasse et le braconnage

Bien que très réglementée et assortie notamment de quotas à respecter, la chasse au lion continue de générer de nombreuses dérives. Dans la pratique, la chasse au trophée par exemple, qui attire encore bon nombre de touristes occidentaux fortunés à la recherche de sensations, n’est censée viser que certains spécimens âgés. Pour autant, corruption ou adrénaline oblige, on constate bien souvent la mort de jeunes mâles dans le cadre de la pratique. De quoi entraîner l’arrivée d’un nouveau mâle dominant au sein de la troupe, et entraîner la mise à mort de tous les lionceaux lors de la prise de pouvoir. 

Certains lions nés et élevés en captivité seront également relâchés dans des réserves privées pour y être abattus par les chasseurs. C’est la chasse en boîte, qui  conduit chaque année à l’enlèvement de plusieurs lionceaux dans les savanes, pour les besoins de la reproduction. Sans expérience de la vie sauvage, les félins n’auront à terme que peu de chances de survie. 

Les carcasses de lion seront généralement exportées vers l’Asie où les os seront broyés et réutilisés dans la médecine traditionnelle maintenant que les cornes de rhinocéros et les os de tigre se font plus rares. Un commerce illégal censé soutenir une demande croissante et qui contribue à alimenter largement le braconnage.

Du côté de l’Afrique de l’Est, c’est aussi pour ses griffes et ses dents que le lion est recherché, celles-ci entrant fréquemment dans la confection de bijoux.

Les maladies

C’est une fois encore à la proximité entre l’Homme et le lion que nous devons les grandes épidémies qui ont décimé les populations du félins au siècle dernier.

En 1994, la maladie de Carré transmise par les chiens tuait un tiers des lions du Serengeti tandis que l’année suivante, c’est la tuberculose bovine qui était transmise au grand carnivore.

Après avoir durci les réglementations concernant la chasse des animaux sauvages et donné aux garde-chasses davantage de moyens de lutter contre le braconnage, ce sont les réserves et les corridors faunistiques qui devraient aider à la protection des effectifs restants de lion. Là, proies et prédateurs peuvent évoluer librement et avoir accès à des points d’eau et des sources de nourriture suffisantes. 

KAZA, étendue à travers l’Angola, le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe, constitue à l’heure actuelle la plus vaste zone de conservation transfrontalière au monde en faisant le lien entre 36 parcs nationaux africains. 

Des projets de grande ampleur qui devraient se multiplier à l’avenir et dans lesquels les communautés rurales ont d’importants rôles à jouer.