Le lycaon, victime de sa mauvaise réputation

Le lycaon, victime de sa mauvaise réputation

Cousin du chien, du loup et du coyote, le lycaon, ou chien peint, est un redoutable chasseur. C’est dans le cadre de la chasse d’ailleurs qu’il parcourt au quotidien de longues distances et qu’il élabore des techniques d’attaque soigneusement ficelées au cours desquelles il peut dépasser les 65 km/h. 

Très sociable, la fragmentation de son habitat éloigne aujourd’hui les individus les uns des autres tandis que sa réputation de prédateur joue contre lui et lui vaut d’être traqué activement par les populations humaines. Le lycaon est considéré comme une espèce menacée depuis 1990.

  • Apparence :  pattes longues, grandes oreilles, pelage bariolé de roux et de noir. 
  • Longueur du corps : de 80 cm à 1 mètre
  • Hauteur au garrot : 70 cm 
  • Poids : de 25 à 30 kg
  • Longévité : environ 11 ans
  • Distribution : Afrique du Sud, Tanzanie, Botswana Kenya, Sénégal, Tchad, Namibie 
  • Régime alimentaire : carnivore (zèbres, antilopes, gazelles…), charognes

Zones de répartition naturelle du lycaon

Strictement africain, le lycaon fréquent les régions équatoriales et tropicales à la végétation plus ou moins dense du Botswana, du Kenya, du Sénégal, de la Namibie ou du Zimbabwe, parmi une poignée d’autres pays. Face aux menaces pesant sur l’espèce, ce sont les parcs et les réserves qui constituent l’un de ses principaux refuges comme le parc national de Zakouma au Tchad, ou le parc national Pilanesberg en Afrique du Sud.

Pourquoi les lycaons sont-ils en voie de disparition ?

Considéré comme nuisible par les fermiers et les chasseurs, le lycaon a longtemps été chassé et massacré y compris par les rangers qui pensaient ainsi préserver l’équilibre des parcs. Résultat, ses effectifs ont été divisés par cent en l’espace d’un siècle, et ils ne sont plus que quelques milliers à survivre aujourd’hui à l’état sauvage.  

Plus préoccupant encore, d’autres menaces se sont progressivement ajoutées à la chasse qui se poursuit toujours. 

La perte de son habitat naturel

En tant que chasseur, le lycaon a besoin d’évoluer sur un vaste territoire mais les prairies et les zones habitées toujours plus nombreuses entraînent le recul du nombre de ses proies. 

Les attaques contre le bétail se sont faites plus régulières depuis, favorisant l’extermination de l’espèce par les fermiers et les populations locales.

Les clôtures des enclos et les champs cultivés, en fragmentant le territoire et en isolant les meutes les unes des autres, font également planer sur le long terme un risque accru de consanguinité. 

Avec les routes et les voitures de plus en plus nombreuses, les collisions comptent enfin désormais pour 11% de la mortalité globale du lycaon.

La chasse

Comme évoqué précédemment, ce n’est ni pour sa chair, ni pour sa fourrure qu’est chassé le lycaon. Accusés de tuer par plaisir, de décimer les troupeaux de bétail et de répandre des maladies, ce sont des milliers de spécimens qui ont été abattus par l’Homme au fil du temps.

Si des études ont démontré que l’espèce ne s’intéresse plus aux animaux domestiques lorsque les proies sont suffisantes, et malgré de nombreuses opérations de sensibilisation, les conflits entre l’animal et les éleveurs ne sont pas encore résolus.

Les maladies domestiques

Rendues plus vulnérables du fait de leur isolation les unes des autres, les populations de lycaon sont très sensibles aux diverses maladies apportées par les animaux domestiques.

Bon nombre d’entre eux ont été décimés par la rage à travers l’Afrique du Sud, la Zambie ou la Namibie, tandis que d’autres ont été frappés par la maladie de Carré, au Botswana notamment.

Certains cas de mortalité de lycaons dus à l’anthrax ont aussi été rapportés en Tanzanie et au Kenya. Les plus jeunes individus se révèlent quant à eux particulièrement sensibles au coronavirus et à la toxoplasmose.

Sans la mise en place de mesures de conservation adaptées, le lycaon est passé d’environ 100 000 individus au début du XXe siècle à moins de 3000 actuellement. Dans le même temps, c’est aussi la taille des meutes qui a considérablement diminué. 

La constitution de parcs nationaux ces dernières années a constitué la meilleure chance de survie pour l’espèce et il s’agit désormais de travailler à maintenir leur qualité. On parle également de l’élaboration d’un système de vaccination qui pourrait protéger le mammifère de la rage notamment.

Quant aux conflits avec les éleveurs, aucune mesure concrète n’a pour l’heure été trouvée. Cela représentera sans doute l’un des axes de réflexion principaux dans les années à venir.