L’okapi : récemment découvert, déjà menacé

L’okapi : récemment découvert, déjà menacé

Ce n’est qu’au début du XXème siècle qu’a été découvert l’okapi par l’explorateur Sir Harry Johnston. 30 ans plus tard, l’animal comptait déjà parmi les espèces à protéger. 

Il faut dire que le mammifère ruminant, à mi-chemin entre le zèbre et la girafe, a rapidement éveillé la curiosité de l’Homme. Solitaire et farouche, c’est à ses rayures et aux petites cornes plantées sur sa tête qu’il se reconnaît tout particulièrement.

Le braconnage et la destruction de son habitat font désormais peser de lourdes menaces sur lui, malgré les différents dispositifs de surveillance mis en place ces dernières années.

  • Apparence : corps court, long cou, pelage brun strié de zébrures
  • Longueur du corps : de 190 à 250 cm
  • Hauteur au garrot : 180 cm
  • Poids : de 200 à 350 kg
  • Longévité : 18 à 20 ans, jusqu’à 30 ans en captivité
  • Distribution : République démocratique du Congo
  • Régime alimentaire : écorces, feuilles, fruits, champignons

Zones de répartition naturelle de l’okapi

L’habitat de l’okapi est extrêmement limité puisque l’animal ne se rencontre que dans une petite portion du nord-est de la République démocratique du Congo, dans la forêt tropicale de l’Ituri où une réserve lui est tout spécialement consacrée. Sédentaire, ce sont globalement toujours les mêmes pistes qu’il emprunte et qu’il marque de ses dépôts d’urine afin d’établir son territoire.

Pourquoi les okapis sont-ils en voie de disparition ?

Reclus dans une petite région difficile d’accès, entre forêt tropicale et montagne, l’okapi a longtemps été préservé à la fois des prédateurs naturels et des menaces exercées par l’Homme. S’il ne craint que le léopard dont il est régulièrement la proie, le mammifère doit désormais faire face à une diminution progressive de son habitat et aux conséquences de la proximité humaine. 

Des bouleversements qui lui valent d’être inscrit sur la liste des espèces menacées depuis le mois de décembre 2013.

Perte de son habitat naturel

Celle-ci est essentiellement due à la déforestation. Dans une aire de répartition géographique toujours plus réduite, les populations peinent à se renouveler et les individus présents sont davantage exposés aux diverses pressions imposées par l’Homme.

Le braconnage

Pour sa viande et pour sa peau, l’okapi est traqué jusqu’à l’intérieur de la réserve où il est supposé avoir trouvé un refuge. Il faut dire que la région est le théâtre de guerres civiles régulières et que la présence de rebelles complique les missions des gardes forestiers. Le massacre d’okapis permet d’alimenter un marché noir particulièrement juteux.

On estime aujourd’hui qu’il resterait entre 5000 et 15 000 individus dans le monde, mais la tendance est nettement à la baisse.

Les maladies

Particulièrement vulnérable face aux maladies, l’okapi ne s’est toujours adapté à la captivité qu’avec beaucoup de difficultés. 

En cause notamment, les épidémies de fièvre aphteuse, sans danger pour l’Homme ou certains animaux domestiques tels que le chien et le chat. Mais généralement fatales aux espèces de bi-ongulés (qui possèdent des sabots à deux doigts) dont fait partie l’okapi. 

Il fallut attendre les années 40 pour qu’un premier okapi survive en captivité, et quelques années supplémentaires pour voir une naissance dans un zoo. L’état d’alerte n’est toutefois jamais totalement écarté.

Si les menaces auxquelles sont confrontés les okapis sont aujourd’hui prises très au sérieux, la mise en place de programmes de conservation à travers la RDC ne freine pas systématiquement les braconniers et les mineurs attirés par les richesses des forêts tropicales. 

La vie en captivité, malgré ses failles, semble constituer à l’heure actuelle la meilleure chance de longévité pour l’espèce. Ce sont aujourd’hui une centaine d’okapis qui ont été répartis à travers différents zoos du monde et qui profitent d’une vie bien plus paisible qu’à l’état naturel. Des sanctuaires similaires devraient fleurir encore dans les années à venir afin d’offrir un peu de répit à l’espèce puis, à terme, de se faire les garants de la survie des générations à venir.