Le requin blanc, un seigneur des mers aux portes de l’extinction

Le requin blanc, un seigneur des mers aux portes de l’extinction

Seul représentant de son genre, on imagine le requin blanc comme un mangeur d’Hommes redoutable, tel que nous l’on peint le cinéma (notamment dans « Les dents de la mer ») et la littérature. Dans la réalité, derrière sa taille colossale, l’Homme n’est pas réellement une proie pour lui et c’est en solitaire qu’il parcourt les eaux tempérées du globe, ne formant des couples que le temps de la reproduction.

Considéré comme l’un des plus grands poissons prédateurs au monde, sa vitesse et son odorat très développé lui ont depuis toujours permis de n’avoir que l’orque comme prédateur naturel. Mais c’est bien sous l’effet des activités humaines que l’espèce a déjà décliné de 75% dans l’Atlantique Nord-Ouest. La chasse pour sa chair ou ses ailerons tout autant que la pollution classent aujourd’hui le requin blanc parmi les espèces menacées d’extinction.

  • Apparence : museau conique, large mâchoire, ventre blanc
  • Longueur du corps : de 4 à 6 mètres
  • Poids : de 520 à 1100 kg
  • Longévité : environ 70 ans
  • Distribution : eaux tempérées peu profondes
  • Régime alimentaire : calmars, poissons, tortues marines, phoques, dauphins  

Zones de répartition naturelle du requin blanc

Plutôt habitué aux mers tempérées voire tropicales, le requin blanc possède une importante capacité d’adaptation face aux températures, ce qui lui permet de sillonner la vaste majorité de la planète, de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique et jusqu’au large des côtes de l’Alaska. S’il privilégie généralement les eaux peu profondes, il n’est pas rare de le voir évoluer à plus de 30 mètres sous la surface.

Pourquoi les requins blancs sont-ils en voie de disparition ?

Ce sont près de 400 espèces de requins qui parcourent les eaux du globe, et quasiment toutes sont aujourd’hui menacées. Le requin blanc, comme ses congénères, souffre particulièrement de la destruction de son habitat naturel, du braconnage et de la surpêche qui le prive de certaines de ses sources de nourriture.

Au rythme actuel de sa disparition, on estime que le requin blanc pourrait être pratiquement éteint d’ici un demi-siècle.

Perte de son habitat naturel

L’aménagement des littoraux par l’Homme, la pollution marine et les techniques de pêche destructrices ont tous des incidences sur les habitats naturels marins dont dépend la survie des populations de requins blancs. S’ajoute également le changement climatique auquel nous devons d’importantes transformations qui modifient déjà la distribution de l’espèce et de ses proies.

Braconnage

Il n’y a pas que pour sa chair que le requin blanc est chassé à travers la planète. Son foie est également utilisé pour faire de l’huile, sa peau est transformée en cuir qui donnera chaussures, sacs ou porte-monnaie, et ses dents sont vendues aux touristes sous forme de colliers. 

Quant aux ailerons que l’on retrouve dans la cuisine chinoise, ils peuvent se vendre jusqu’à 600 euros le kilo. La technique dite du shark finning est d’ailleurs particulièrement barbare puisqu’elle consiste à prélever les ailerons et la nageoire caudale des animaux, puis à les rejeter mutilés à l’eau. 

La demande ne cesse pourtant de s’intensifier, jusqu’à gagner les pays occidentaux de quelques dernières années. Or, les requins ont un rythme de reproduction bien plus lent que celui de la plupart des autres poissons, et les prélèvements effectués en masse ont forcément de lourdes conséquences sur leurs populations.

Surpêche et capture involontaire

Au-delà de la pêche ciblée, il faut également prendre en compte les captures accessoires qui menacent gravement les populations de requins blancs. La pêche au filet maillant ou la pêche à la palangre, qui vise essentiellement les thons et les espadons, entraînent systématiquement la capture d’un nombre important d’autres espèces. 

Piégé sous la surface, le requin blanc mourra par asphyxie ou des suites des blessures causées par le filet.  

D’un autre côté, la surpêche et le changement climatique participent ensemble au déclin de ses proies, complexifiant sa capacité à se nourrir. Dans certaines régions, les phoques et les otaries sont déjà devenus particulièrement rares.

Les nombreuses menaces auxquelles le requin blanc est aujourd’hui confronté ont entraîné diverses restrictions et interdictions à travers le monde. Côté pollution, c’est notamment la Convention de Barcelone qui s’est engagée à préserver le milieu marin en Méditerranée, depuis 1976. 

L’Australie et l’Afrique du Sud furent quant à eux les premiers à interdire la chasse au requin blanc dans leurs eaux, suivis par de nombreuses initiatives nationales et régionales dans de nombreux pays. Pas de quoi freiner les braconniers pour le moment hélas, et bien des efforts devront être déployés dans les années à venir pour garantir la survie à long terme du grand carnivore marin.