La pollution des océans : définition, causes, et conséquences

Définition : Qu’est-ce que la pollution des océans ?

La pollution des océans est l’une des conséquences directes de la mauvaise gestion des déchets humains et du rejet excessif de produits toxiques par les industries. Engrais, pesticides, sacs plastiques, objets divers abandonnés sur la terre ferme trouveront tôt ou tard leur chemin jusqu’aux océans via les cours d’eau, le ruissellement de surface, les pluies ou les vents.

Pour les seuls déchets plastiques, on estime que l’équivalent d’un camion est déversé dans les mers à chaque minute. À cela s’ajoutent d’autres formes de déchets mais aussi les rejets de pétrole par les navires et les filets de pêche abandonnés en mer qui piègent la faune marine bien plus souvent qu’à leur tour.

En favorisant l’ingestion de déchets par les animaux, le contact avec des substances nocives ou la prolifération d’espèces nuisibles, la pollution des océans est à l’origine du recul de la biodiversité marine et du déclin de certains écosystèmes parmi les plus essentiels de la planète. Un recul qui pourrait remettre en cause la capacité de l’océan mondial à remplir les fonctions dont nous profitons tous.

 

Comprendre facilement la pollution des océans

Difficile de parler environnement sans aborder la question de la pollution des océans. Quelles sont les différentes causes de cette pollution ? Pourquoi est-il importants de protéger les écosystèmes marins et surtout, quel rôle avons-nous à y jouer ? C’est ce que nous allons tenter de comprendre dans ce nouveau sujet.

La richesse des océans

Tout d’abord, il faut savoir que les mers et les océans recouvrent 70% de notre planète et représentent 97% de l’eau disponible. On fera la différence entre un océan, plus profond, bordé de plusieurs continents et une mer, généralement plus réduite mais où l’on retrouve une plus grande diversité marine.  On parle d’ailleurs souvent d’océan mondial puisque le Pacifique, l’Atlantique, l’Indien, l’Arctique et l’Antarctique sont tous reliés les uns avec les autres. D’un autre côté, à l’exception des mers fermées, toutes les mers du monde sont ouvertes sur les océans ou connectées à eux par un détroit. Ce qui se passe dans les uns impactera forcément les autres. Alors ici, nous parlerons des mers et des océans sans forcément faire de distinction.

Très simplement, les océans constituent une ressource absolument prodigieuse. Ils représentent à eux-seuls 90% de l’habitat naturel de la Terre et abritent des dizaines de milliers d’espèces dont la plupart restent encore à découvrir. Ils participent aussi à réguler notre climat, permettent le transport des ressources à travers la planète, et nous fournissent en oxygène et en nourriture. On considère aujourd’hui que la moitié des populations du globe dépendent des produits de la pêche et que l’océan est générateur de plus de 30 millions d’emploi. 

Face à toutes ces richesses, depuis des siècles, l’Homme exploite, consomme comme si les ressources marines étaient inépuisables et déverse quotidiennement des quantités colossales de déchets dans les océans. Et aujourd’hui, ils suffoquent. Comme bon nombre de ressources naturelles avant eux, les océans, aussi, ont atteint leurs limites..

Quelques données sur la pollution des océans

On parle de pollution des océans pour désigner l’introduction de matières toxiques et de polluants nocifs tels que les déchets agricoles et industriels, les produits chimiques, les déversements d’hydrocarbures et les déchets plastiques dans les eaux océaniques. De tous ces faits, il est une constante : la plupart de la pollution de nos océans commence sur terre et est causée par l’homme.

Lorsque ce n’est pas la pêche qui surexploite 30 à 40% des espèces marines, ce sont les pollutions pétrolière, nucléaire ou plastique qui mettent à mal la bonne santé des écosystèmes aquatiques. Qu’ils soient flottants, échoués ou immergés, visibles ou invisibles, les déchets sont très mal digérés par les océans et résistent au temps encore mieux qu’ils ne le font sur Terre. Car non, les déchets ne disparaissent pas simplement une fois sortis de notre foyer. La nature en profitera d’ailleurs bien plus longtemps que nous. 

Chaque année, 8 millions de déchets principalement plastiques sont déversés dans les mers au point que l’on assiste depuis quelque temps à la formation de ce qui a été désigné comme le 7ème continent. Situé dans le Pacifique Nord, entre le Japon et la Californie, il s’agit en réalité d’un amas flottant composé de plusieurs milliers de débris visibles et de microparticules de plastique, étendu sur plus de 3,5 millions de km². L’équivalent de six fois le territoire français. La zone est depuis devenue l’un des symboles de l’impact catastrophique de nos activités humaines sur les océans. Le phénomène n’a d’ailleurs plus rien d’exotique. Une île de plastique composée de milliards de tonnes de déchets a été découverte au large de la Corse en 2019.

Les causes de la pollution des océans

Ainsi, il n’existe non pas une mais des pollutions multiples des océans, qui suscitent de vives inquiétudes tant sur le plan sanitaire qu’environnemental et économique. Parmi elles : 

Les déchets plastiques

Bouteilles, bouchons, pailles, sacs en plastique ou mégots de cigarette… Notre production industrielle s’est considérablement développée ces cinquante dernières années. Consommation de masse oblige, ce sont aujourd’hui plus de 320 millions de tonnes de plastique que nous produisons tous les ans et qui se retrouveront d’une manière ou d’une autre dans les océans par le biais du vent, des pluies et des rivières. 

Des produits à usage unique généralement, dont seuls 9% seront recyclés. Or, s’il n’existe pas de déchets dans la nature car tout se décompose selon des processus naturels, le plastique présente une durée de vie extrêmement longue. Sans jamais disparaître totalement, le temps et le soleil le fragmentent plutôt progressivement en micro-particules presque invisibles à l’œil nu, qui s’échoueront sur nos plages ou se déposeront sur les fonds marins après avoir parcouru de très longues distances. 

Des débris ont ainsi été retrouvés au large de la péninsule Antarctique pourtant déserte, et dans la fosse des Mariannes reconnue comme l’endroit le plus profond de la croûte terrestre. Au final, on estime aujourd’hui que les déchets plastiques visibles en surface ne représentent qu’1% du plastique abandonné en mer. 

Aux emballages et produits à usage unique se mêlent aussi les microbilles que nous retrouvions autrefois dans nos produits de beauté, nos gels douche ou nos dentifrices. Depuis janvier 2018, grâce à la loi Biodiversité, elles ont disparu des productions des entreprises françaises mais sont encore présentes en grande quantité dans les océans du monde.

Si les modes de production et de consommation n’évoluent pas, on estime désormais que les océans abriteront autant de tonnes de plastiques que de poissons à l’horizon 2050.

Les eaux usées

La pollution des océans, ce sont aussi nos eaux usées rejetées à 80% sans traitement préalable. Les eaux domestiques, gorgées de détergents, de phosphates et de métaux lourds ainsi que les rejets liés aux industries d’élevage affectent la santé de la faune et de la flore marines, et contribuent à la création de zones mortes dans les océans du globe. 

Il y a aussi la pollution par le mercure qui s’étend pratiquement à tous les milieux aquatiques. Celle-ci s’est intensifiée au cours du dernier siècle, et nous la retrouvons en majorité dans les eaux de surface où vivent les poissons que nous pêchons. Une fois ingéré, le mercure s’attaque au cerveau et à notre système hormonal. Aucun traitement n’existe à l’heure actuelle pour le déloger. 

Le pétrole

Les océans paient un lourd tribut à notre dépendance au pétrole. La pollution pétrolière est due aux échouages, aux collisions entre navires, aux accidents survenant dans les gisements offshore ou lors du transport pétrolier.

Malgré quelques améliorations, on estime que ce sont encore 6 millions de tonnes de produits pétroliers qui sont déversés chaque année dans la mer sans parler des hydrocarbures dont 350 000 tonnes supplémentaires environ atteignent aussi les mers année après année. 

Les pesticides

Les pesticides, ce sont ces produits chimiques utilisés pour venir à bout des mauvaises herbes, des insectes, des champignons et de toutes sortes de petits parasites. Émis par les industries et les exploitations agricoles, ils pénètrent les sols et l’atmosphère puis sont transportés par les vents et les rivières jusqu’aux océans du monde. 

Parce qu’ils ne se dissolvent pas et contiennent d’importantes concentrations de substances nocives telles que le DDT, les phtalates et le bisphénol-A, ils modifient le pH de l’eau et s’accumulent dans les tissus des animaux marins. Ce qui leur permet de remonter les différents maillons de la chaîne alimentaire.

L’exploitation minière des océans

L’exploitation minière en eaux profondes est source de pollution et de perturbations aux niveaux les plus bas de l’océan. Par le forage, des substances telles que le cobalt, le zinc, l’argent, l’or et le cuivre sont libérées, créant des dépôts nocifs capables d’affecter la vie de l’écosystème marin. 

Le ruissellement terrestre

Il est question de ruissellement terrestre lorsqu’un excès d’eau, causé par de fortes pluies ou par des inondations par exemple, ne peut plus s’infiltrer dans le sol et finit par gagner la mer via les rivières et les ruisseaux. Dans sa course, il se chargera des résidus d’engrais et de pesticides, des déchets animaliers, des microfibres de nos vêtements synthétiques et des débris de caoutchouc de nos pneus de voiture, contribuant un peu plus à la pollution de l’eau.

Les filets fantômes

Les filets de pêche abandonnés représentent environ 640 000 tonnes de déchets. C’est ce que l’on appelle plus communément la pêche fantôme, et celle-ci contribue à la fois à augmenter le volume des microplastiques flottant dans les eaux et à piéger chaque année des milliers d’espèces marines.

Le nucléaire

On en parle peu et pourtant, les océans renferment une quantité considérable de déchets radioactifs. Difficile à croire aujourd’hui mais de 1975 à 1982, la Convention de Londres a autorisé le rejet de déchets nucléaires dans la mer. Au cours de cette période, l’Angleterre à elle seule a eu le temps d’y déverser environ 75 000 tonnes de fûts radioactifs protégés par du bitume et du ciment. Le problème, c’est que les fûts s’érodent sous les attaques de l’eau de mer

Les conséquences de la pollution des océans 

Avec des disparitions et des modifications observées chaque année, la pollution des océans menace directement 693 espèces marines. Les conséquences de cette pollution incluent notamment : 

L’effondrement de la biodiversité

Les animaux marins sont les principales victimes de la pollution des océans.

Les tortues s’étouffent en avalant des sacs en plastique qu’elles prennent pour des méduses. Les dauphins, les phoques, les requins se piègent dans les débris abandonnés au fond des eaux. 90% des oiseaux de mer ont aujourd’hui des fragments de plastique dans l’estomac et le chiffre pourrait atteindre les 99% d’ici 2050 si la gestion des déchets se poursuit de cette manière.

Dans les récifs coralliens, refuges d’une biodiversité stupéfiante, les composés chimiques de nos crèmes solaires déversés par milliers de tonnes chaque année altèrent le développement des coraux et conduisent à leur blanchissement.

A tous les niveaux trophiques, les organismes marins ont déjà été en contact avec des microplastiques et des produits toxiques dont l’accumulation cause des ravages sur le comportement, le développement, la physiologie et la reproduction de toute une gamme d’espèces.

L’eutrophisation des milieux marins

La présence excessive de déchets dans l’océan altère la qualité de l’eau et conduit à un appauvrissement en oxygène. Les polluants tels que les marées noires agissent comme une barrière entre le soleil et le fond marin, affectant le processus de photosynthèse des plantes tandis que la présence d’engrais riches en azote déclenche la croissance exponentielle d’algues marines capables de bouleverser les écosystèmes. 

Conséquence, les milieux marins suffoquent et la santé des plantes et des animaux en est directement affectée.

On compte environ 500 zones mortes aujourd’hui dans les océans du globe, pour une surface totale de 245 000 km² soit environ la surface du Royaume-Uni. Les grands fonds ne sont d’ailleurs pas épargnés.

Dans le même temps, on assiste au développement d’un tout nouvel écosystème : la plastisphère. Il s’agit tout simplement de micro-organismes qui se développent sur le plastique à la dérive. Leur impact est encore mal connu mais il se dit déjà qu’il faudrait 80 000 ans pour débarrasser en intégralité les océans de ces déchets. Ceux-ci transportent d’ailleurs souvent d’autres espèces invasives qui bouleversent les écosystèmes en profondeur.

L’acidification des eaux

L’océan agit comme un énorme puits de carbone naturel en dissolvant le dioxyde de carbone atmosphérique et l’excès de chaleur dans ses eaux. Cependant, en raison de l’augmentation des niveaux de CO2 due au réchauffement climatique, les eaux de l’océan deviennent de plus en plus acides.

Le changement de pH affecte les récifs coralliens du monde entier. 25% d’entre eux ont déjà subi des dégâts irréversibles, avec des effets néfastes sur la vie marine qui dépend de ces récifs pour son cycle de vie.

Avec le réchauffement des eaux, la population de krill, ces crevettes microscopiques situées à la base de la chaîne alimentaire, a d’ores et déjà été réduite de 80%

La perte de moyens de subsistance pour les populations liées à la mer

La pêche et le tourisme sont deux sources de revenus essentielles pour des milliers de personnes à travers le monde. Or, les déchets plastiques échoués dans les océans créent une pollution visuelle et causent des dommages économiques majeurs aux activités de tourisme, de pêche et de navigation. Ce qui pose un défi aux pays qui en dépendent. 

et que l’on ne sait pas vraiment jusqu’à quand ils résisteront.

Des sources de pollution multiples donc, qui pourraient à terme bouleverser l’équilibre des écosystèmes marins et de nos sociétés humaines. 

Pourquoi est-il important de protéger les océans ?

Et bien, tout simplement parce que les océans sont essentiels à la vie sur Terre. On ne le sait pas toujours et pourtant, les océans produisent environ 50% de l’oxygène que nous respirons grâce au phytoplancton qui participe à la photosynthèse. Le phytoplancton, ce sont toutes ces bactéries et microalgues que l’on retrouve dans les eaux de surface.

En réalité, il s’agit d’un poumon pour la planète, au même titre que la forêt Amazonienne. Les océans participent aussi à absorber 30% des émissions mondiales de Co2 pour les stocker dans les profondeurs, régulant ainsi notre climat et nos températures. Sans les océans, les chaleurs rendraient la Terre difficilement habitable. 

Et puis il ne faut pas oublier que nous faisons partie intégrante de la chaîne alimentaire. Les micro-particules libérées par les déchets plastiques sont ingérées par les animaux qui les confondent avec de la nourriture et ce sont à terme dans nos assiettes que nous les retrouvons. Pour 300 grammes de chair de moule, nous ingérons en moyenne 300 microparticules de plastique ! Une véritable urgence sanitaire d’autant que les produits de la mer constituent une source vitale de nourriture pour une large part de la population mondiale.

Et pourtant, les émissions de Co2 se poursuivent au rythme de la production de masse des produits en plastique. On parle déjà d’une possible augmentation de 50% de la quantité de Co2 rejeté dans l’atmosphère d’ici 2030. Si les choses se poursuivent à cette cadence, les scénarios les plus pessimistes annoncent que la plupart des poissons pourraient pratiquement disparaître d’ici 2035, entraînant la chute de toute l’économie de la pêche. La destruction de la biodiversité marine est donc un enjeu de taille pour nos sociétés, à de nombreux niveaux.

Les solutions au niveau mondial pour protéger les océans

Malgré tout, l’océan est extrêmement réglementé. De nombreux accords internationaux définissent aujourd’hui les règles à respecter en termes de navigation, de pêche ou d’exploitation des ressources car la question intéresse et préoccupe depuis bien longtemps. En témoigne la Journée Mondiale de l’Océan créée en 1992 et célébrée tous les 8 juin afin de sensibiliser à la place primordiale occupée par les océans et d’assurer leur protection. Mais seuls 12% des océans sont protégés juridiquement. Tout reste encore à faire.

Et en attendant que la législation évolue davantage, les collectes en mer ou sur les plages se multiplient pour limiter la progression des micro-plastiques dans les différents niveaux de l’échelle alimentaire. 

Les marques aussi s’engagent à l’image du géant des produits capillaires Head & Shoulder ou du designer allemand Cyrill Gutsch qui s’est associé à Adidas en 2015 pour concevoir des chaussures de sport à partir de plastique recyclé collecté sur les plages des Maldives. À une échelle plus globale, ce sont aussi certains pays qui se sont associés pour mettre en place une série de quatre mesures de protection : 

  • Limiter la pêche.
  • Prévenir les marées noires.
  • Protéger la faune et la flore.
  • Créer des aires marines protégées. 

Un espace protégé de ce type a ainsi vu le jour en Antarctique fin 2016. On y retrouve notamment des colonies de manchots Adélie, des pétrels ou encore des phoques de Weddell, le tout sur une surface d’environ 1,5 millions de km² ce qui constitue la plus vaste aire marine au monde. 5000 zones protégées ont fleuri un peu partout sur la planète. 

Malgré tout, il faut continuer à se mobiliser en permanence pour que les choses avancent.

Ce qu’il reste à faire pour diminuer la pollution des océans

Et cela passe notamment par le recyclage de 50% minimum des déchets collectés, l’élimination progressive du plastique à usage unique et la diminution de la production mondiale d’emballages plastiques. Il faut dire que l’encadrement de la gestion des déchets tarde à venir et c’est en partie ce qui a permis à la pollution plastique de se développer. En effet, il est plus facile de rejeter les déchets dans la nature que de gérer correctement leur fin de vie et forcément, c’est l’environnement qui en subit les conséquences. Question d’économies. 

À ce jeu là, la France fait d’ailleurs office de mauvais élève européen puisque seules 49% des bouteilles en plastique sont recyclées. Le plupart sont simplement décyclées, soit refabriquées à partir d’un plastique de moins bonne qualité ne pouvant plus être recyclé par la suite. 

Mais l’on parle maintenant d’une augmentation de 41% de la production mondiale de déchets plastiques d’ici 2030. Il est plutôt temps d’adopter une vision à long terme qui ne mettra pas les enjeux économiques au premier plan mais se recentrera au contraire sur l’essentiel. À savoir notre environnement, notre biodiversité. Notre survie, tout simplement.

Une collaboration mondiale pour la protection des océans

Pour réduire la pollution marine, c’est aux pays de mettre en place des normes réglementaires efficaces concernant les pratiques d’élimination des déchets. Celles-ci pourront s’accompagner de contrôles renforcés, et d’amendes plus élevées en cas de déversements illégaux en mer, afin de dissuader les entreprises et les gouvernements qui seraient tentés de le faire.

Récemment, plus de 190 pays se sont réunis aux Nations Unies pour discuter d’un traité mondial sur la haute mer afin de parvenir à protéger au moins 30% des océans d’ici 2030. Difficile d’atteindre les objectifs préconisés par les scientifiques sans une vraie cohésion internationale.

Des projets internationaux

Nombre d’entre eux se mettent déjà en place. 

La création de Barges Plastiques Géantes, destinées à aspirer les micro-particules, a d’ores et déjà été envisagée tout comme The Ocean Cleanup, imaginé par un jeune entrepreneur néerlandais. La barrière de flotteurs de 600 mètres de long espère pouvoir vider la moitié du 7e continent du Pacifique, soit 15 000 tonnes de plastique par an. Les premiers tests ont mis en évidence quelques failles dans le dispositif mais les perfectionnements se poursuivent. Le voilier Le Manta de son côté doit voir le jour en 2023 et permettre de collecter et de compacter les déchets flottant à la surface grâce à une unité de tri intégrée. Ce qui ne peut pas être recyclé sera transformé en carburant pour le bateau via un incinérateur. Le Manta, lui, tirera son énergie de panneaux solaires, d’éoliennes et d’hydro-générateurs.

Les solutions au niveau individuel pour lutter contre la pollution des océans

Les déchets d’origine terrestre représentent environ 80% de la pollution marine mondiale. Tout peut commencer par un traitement à la source, en modifiant en profondeur nos comportements.

Réduire son utilisation de plastiques à usage unique

C’est la base de la démarche Zéro Déchet. Le plastique nous a échappé depuis plusieurs années maintenant mais il est encore temps de reprendre le contrôle. Sacs réutilisables, produits naturels et peu emballés, gourdes en inox… Consommer de manière éco-responsable, c’est éviter le suremballage et les produits à usage unique au profit d’alternatives plus durables. Vous en profiterez également pour éviter les produits contenant des microbilles.

Recycler correctement

Sans être la solution miracle, le recyclage est un moyen de limiter la quantité de déchets qui finira à l’eau, et de diminuer le besoin de fabrication de plastique neuf. 

Mieux encore, avant de le jeter à la poubelle, vous vous demanderez s’il n’est pas possible de réutiliser cet objet dont vous ne voulez plus, ou d’en faire profiter votre entourage.

Repenser sa consommation de produits de la mer

Pour aller plus loin et lutter contre la surpêche, on pourra diminuer sa consommation de poisson ou encore éviter les espèces menacées ou d’élevage telles que le thon rouge, la lotte, le saumon sauvage d’Atlantique ou le cabillaud. La production d’1 seul kilo de saumon nécessite par exemple l’utilisation de 5 kilos de poissons. 

Réduire son empreinte carbone

Pour limiter l’acidification de l’eau et la perte des coraux à l’échelle mondiale, vous réduirez votre empreinte carbone en adoptant quelques mesures simples. Préférez par exemple le vélo, la marche et les transports en commun à la voiture. Éteignez les lumières lorsque vous quittez une pièce et enfilez un chandail en hiver plutôt que d’augmenter le thermostat de votre chauffage.

Abandonner l’utilisation de produits chimiques

Pour diminuer le rejet de substances nocives dans les océans, il est aussi possible de limiter l’utilisation de produits toxiques pour le ménage du quotidien, le jardinage ou le démaquillage en ayant recours notamment à des nettoyants plus naturels, moins riches en nutriments. Les produits de grande consommation regorgent de toute façon de substances néfastes pour la santé.

Opter pour des crèmes solaires respectueuses de l’océan

Celles-ci feront l’impasse sur les nanoparticules et les filtres chimiques responsables du blanchissement des coraux et des perturbations de la photosynthèse. Pas de silicones, de sulfate ni de parabènes ici, mais des formules biodégradables composées d’un maximum d’actifs naturels, rassemblés dans des emballages en matériaux recyclés. SeventyOne Percent, EQ, Laboratoires de Biarritz, ou Alphanova Sun, voilà de jolies marques 100% made in France qui combinent hydratation, douceur et protection contre les rayons UV !

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Participer à (ou organiser) un nettoyage de plage ou de rivière

De nombreuses collectes sont désormais organisées à travers la France. Seul, en famille ou avec des amis, participez aux ramassages des déchets organisés par les organisations locales et internationales.

Et puis bien sûr, en vacances, on ne laisse aucune trace de son passage et l’on évite de ramasser ce qui se trouve sous la surface.

Soutenir les organisations qui luttent contre la pollution plastique

Oceanic Society, Plastic Pollution Coalition, 5 Gyres, Algalita ou Plastic Soup Foundation. En Europe, le plus grand réseau de lutte contre la pollution plastique est Surfrider Foundation Europe, qui œuvre pour la prévention de la pollution et le nettoyage des plages.

Ces organisations comptent sur les dons pour poursuivre leur travail. Même de petits dons peuvent faire une grande différence !

Faire passer le mot

Tenez-vous informé sur les problèmes liés à la pollution plastique, et contribuez à la sensibilisation autour de vous. Faites tourner des pétitions, partagez des faits ludiques et amusants, rejoignez des discussions sur les réseaux sociaux… Et montrez à vos proches de quelle manière ils pourront contribuer.

A retenir

D’ici là, puisque 64% des océans sont définis comme des eaux internationales et n’appartiennent à aucun pays en particulier, leur préservation prend la forme d’une véritable responsabilité collective. En ligne de mire, ce sont potentiellement les énergies de demain qui sont en jeu. De nombreux projets s’intéressent à la question. Aujourd’hui, seuls 0,2% de l’énergie mondiale sont tirés de la mer alors que le mouvement de 0,1% des vagues seulement pourrait répondre aux besoins énergétiques de toute la planète. Les algues quant à elles pourraient aussi permettre de fabriquer des plastiques biodégradables.

Finalement, ce n’est pas si compliqué de faire un petit geste pour les océans. Sans forcément tout faire à la fois, il suffit parfois d’un seul acte pour commencer à agir à son niveau. Aussi, il ne faut pas oublier qu’en tant que consommateurs, nous avons un choix à faire à chacun de nos achats et que nous pouvons de cette manière exprimer nos convictions et les améliorations positives que nous souhaiterions voir demain pour la biodiversité marine. En recyclant mais aussi en faisant évoluer les modes de consommation, chacun peut à son niveau devenir acteur du changement. 

Protéger les océans et permettre aux générations futures d’apprécier elles aussi leurs richesses naturelles, c’est enfin s’assurer tout particulièrement de la protection des habitats, de la biodiversité, de la chaîne alimentaire et de la qualité des eaux. À l’échelle de la planète, l’altération totale des milieux marins pourrait entraîner non seulement des famines mais aussi des hausses de la pauvreté et divers conflits dus à l’effondrement de certaines économies. Alors on ose les petits gestes simples et on se tourne vers une gestion plus durable qui sera à terme le seul moyen de poursuivre le développement serein de nos sociétés humaines.

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