Le bassin du Congo : poumon vert de l’Afrique

Le bassin du Congo s’étend sur 3,7 millions de km² au cœur de l’Afrique, traversant six pays : la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Cameroun, la République centrafricaine, le Gabon et la Guinée équatoriale. Sa forêt tropicale, la deuxième plus vaste au monde après l’Amazonie, couvre environ 2 millions de km² et stocke l’équivalent de 60 milliards de tonnes de CO₂ — soit trois ans d’émissions mondiales. Le fleuve Congo, deuxième cours d’eau le plus puissant de la planète après l’Amazone, draine l’ensemble de ce bassin avec un débit moyen de 41 000 m³/s. La canopée, dense et humide, reçoit entre 1 500 et 2 000 mm de pluie par an, entretenant un cycle hydrologique essentiel pour le climat régional et mondial.

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La biodiversité : le dernier refuge des grands singes africains

Le bassin du Congo abrite plus de 10 000 espèces de plantes, dont 3 000 endémiques, plus de 1 000 espèces d’oiseaux et 400 espèces de mammifères. Le gorille de plaine de l’Est (Gorilla beringei graueri) et le gorille de plaine de l’Ouest (Gorilla gorilla gorilla) trouvent ici leurs derniers refuges. Le chimpanzé (Pan troglodytes), estimé entre 130 000 et 250 000 individus dans la région, forme des communautés complexes utilisant des outils élaborés. L’okapi (Okapia johnstoni), ce mystérieux cousin de la girafe à la robe rayée, est strictement endémique des forêts du nord-est de la RDC ; sa population sauvage est estimée entre 10 000 et 35 000 individus. Le mandrill (Mandrillus sphinx), plus grand singe du Vieux Monde, forme dans les forêts du Gabon et du Cameroun des hordes pouvant compter plus de 600 individus — les plus grands rassemblements de primates non humains. La panthère (Panthera pardus) habite tous les étages de la forêt, du sol à la canopée, chassant singes, antilopes et potamochères. L’éléphant de forêt d’Afrique, distinct de son cousin de savane, joue un rôle irremplaçable de jardinier forestier en dispersant les graines de centaines d’espèces d’arbres.

Les menaces : exploitation et instabilité

La déforestation progresse au rythme de 500 000 hectares par an, principalement due à l’agriculture sur brûlis, à l’exploitation forestière industrielle et à la production de charbon de bois. L’instabilité politique en RDC et en Centrafrique complique les efforts de conservation : le braconnage de viande de brousse, estimé à 5 millions de tonnes par an dans le bassin du Congo, décime les populations de grands mammifères. Le commerce illégal d’ivoire a fait chuter la population d’éléphants de forêt de 62 % entre 2002 et 2011. L’exploitation minière artisanale — or, coltan, diamants — pollue les cours d’eau et détruit des pans entiers de forêt. La croissance démographique, parmi les plus rapides au monde, exerce une pression constante sur les ressources forestières.

La conservation : protéger malgré les défis

Le bassin du Congo compte plus de 30 aires protégées, dont les parcs nationaux de Virunga, Kahuzi-Biega, Salonga et Odzala-Kokoua. Le partenariat COMIFAC (Commission des Forêts d’Afrique Centrale) coordonne la politique forestière des dix pays membres. Le Fonds pour les Forêts du Bassin du Congo (CAFI), soutenu par la Norvège et d’autres donateurs, a mobilisé plus de 600 millions de dollars pour la conservation et le développement durable. Le programme ECOFAC de l’Union européenne finance la protection des aires protégées depuis 1992. Des écogardes, souvent au péril de leur vie — plus de 200 ont été tués en RDC depuis 2000 —, assurent la surveillance quotidienne. Les projets de REDD+ (réduction des émissions liées à la déforestation) tentent de valoriser le carbone stocké pour financer la conservation.

Localisation : bassin du Congo

Animaux présents dans cet écosystème