Quercus infectoria, communément appelé chêne des galles ou chêne d'Alep, est un arbre de la famille des Fagacées originaire du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen. Il atteint généralement 4 à 8 mètres de hauteur avec un port étalé et touffu. Son feuillage semi-persistant présente des feuilles petites, ovales à oblongues, dentées ou entières, d'un vert foncé brillant. L'écorce grise et lisse des jeunes rameaux devient rugueuse avec l'âge. Cette espèce se distingue par sa grande susceptibilité à former des galles, excroissances causées par des insectes hyménoptères parasites, particulièrement la guêpe du genre Cynips. Ces galles, riches en tanins, ont historiquement constitué une ressource importante.
Quercus infectoria joue un rôle crucial dans les écosystèmes méditerranéens semi-arides et les formations de chênaies. Cet arbre fournit gîte et nourriture à de nombreux insectes, oiseaux et mammifères. Ses glands constituent une source alimentaire majeure pour la faune sauvage. L'espèce établit des symbioses mycorhiziennes essentielles pour son développement et celui de la flore associée. Cependant, cette essence fait face à des défis écologiques importants liés à la déforestation et au réchauffement climatique, qui fragmentent son habitat naturel et réduisent sa résilience. Les changements climatiques impactent particulièrement ses populations en limite de distribution.
Quercus infectoria est valorisé principalement pour ses galles, extrêmement riches en tanins (30 à 70%). Ces galles constituent une matière première traditionnelle pour la teinture textile, la fabrication d'encre historique et l'industrie du cuir. En médecine traditionnelle, elles sont utilisées pour leurs propriétés astringentes, anti-inflammatoires et antiseptiques, notamment pour traiter les problèmes digestifs et dermatologiques. Les Fagacées partagent généralement des propriétés phénoliques bénéfiques. Le bois dur et durable de l'arbre convient à la fabrication d'outils et de petits meubles. Les glands, quoique amers, sont comestibles après traitement et constituaient une ressource alimentaire importante historiquement.
Quercus infectoria se cultive en exposition ensoleillée à ombragée, montrant une bonne adaptabilité lumineuse. Il tolère bien les sols variés : sableux, limoneux et argileux, pourvu qu'ils ne soient pas détrempés. L'arrosage doit être moyen à important en phase d'établissement, puis modéré une fois enraciné, sauf en conditions très sèches. Semi-rustique, il supporte des températures hivernales jusqu'à -10 °C environ, nécessitant une protection en régions froides. Préférant un climat méditerranéen ou continental doux, il craint les hivers trop rigoureux. La plantation s'effectue au printemps ou à l'automne. Peu exigeant en entretien, il apprécie cependant une taille légère pour équilibrer son port. Son feuillage semi-persistant en fait un élément intéressant pour le paysage toute l'année.