Les Cephalotaceae sont une famille monotypique ne comprenant qu’une seule espèce : Cephalotus follicularis, la plante à urnes d’Albany. Cette famille isolée de l’ordre des Oxalidales n’a aucun parent proche évident parmi les plantes à fleurs actuelles. Les analyses moléculaires la placent comme groupe frère des Brunelliaceae ou des Cunoniaceae, mais cette parenté est distante. Le nom dérive du grec kephalotos (à tête), en référence à la forme des étamines. L’isolement phylogénétique de Cephalotus en fait une espèce d’importance exceptionnelle pour comprendre l’évolution de la carnivorie chez les plantes.
Cephalotus follicularis est une petite plante vivace en rosette, haute de 5 à 10 cm, produisant deux types de feuilles distinctes. Les feuilles non carnivores sont simples, spatulées et plates, typiques d’une plante ordinaire. Les feuilles modifiées en pièges sont des ascidies (urnes) de 1 à 5 cm, munies d’un opercule strié de fenêtres translucides désorientant les insectes capturés. Le péristome (bord de l’urne) présente des côtes proéminentes guidant les proies vers l’intérieur. L’inflorescence est une longue hampe (30-60 cm) portant de petites fleurs blanc crème apétales à 6 sépales, contrastant avec la petitesse de la plante.
Cephalotus follicularis est strictement endémique d’une étroite bande côtière du sud-ouest de l’Australie-Occidentale, entre Albany et Walpole, sur environ 400 km de côte. Il pousse dans les tourbières côtières, les marécages à Sphagnum et les suintements latéraux sur sols pauvres et acides. Son piège à urne a évolué indépendamment de ceux des Nepenthaceae et des Sarraceniaceae, constituant un exemple remarquable de convergence évolutive. La plante est classée vulnérable par l’UICN, menacée par le drainage des zones humides, les feux trop fréquents et le prélèvement illégal pour le commerce horticole. Des programmes de conservation in situ protègent les populations clés.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 38.7% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 20 mars 2026.
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