
Le genre Tragopogon appartient à la famille des Asteraceae (ordre des Asterales), tribu des Cichorieae, et comprend environ 150 espèces. Le nom vient du grec tragos (bouc) et pogon (barbe), en référence aux aigrettes plumeuses de ses fruits qui évoquent une barbe de bouc. Le genre est originaire d’Europe et d’Asie occidentale, particulièrement diversifié autour du bassin méditerranéen et des steppes d’Asie centrale.
Les salsifis sont des plantes herbacées annuelles, bisannuelles ou vivaces, mesurant 30 à 120 cm de hauteur. La racine pivotante est charnue et développée. Les tiges sont dressées, ramifiées, contenant un latex blanc. Les feuilles sont alternes, linéaires-lancéolées, entières, embrassantes à la base, glabres et glauques, diminuant de taille vers le sommet de la tige.
Les capitules, typiques des Asteraceae, sont composés uniquement de fleurs ligulées (pas de fleurs tubulées), de couleur jaune ou pourpre, mesurant 2 à 6 cm. Ils s’ouvrent le matin et se referment vers midi (héliotropisme). Les fruits sont des akènes allongés surmontés d’un pappus plumeux formant des sphères vaporeuses spectaculaires rappelant celles des pissenlits, mais en plus grand (jusqu’à 10 cm de diamètre).
Le genre Tragopogon est un modèle d’étude en biologie évolutive pour la spéciation allopolyploïde : en Amérique du Nord, où plusieurs espèces ont été introduites, de nouvelles espèces hybrides (T. mirus, T. miscellus) se sont formées naturellement en moins de 80 ans, un phénomène de spéciation en temps réel exceptionnellement rapide. Les espèces colonisent prairies sèches, bords de routes et friches.