
Le genre Durio appartient à la famille des Malvaceae (ordre des Malvales, anciennement classé dans les Bombacaceae) et comprend environ 30 espèces d’arbres tropicaux. Son nom dérive du malais duri signifiant « épine », en référence au fruit couvert d’aiguillons robustes. Le genre est endémique d’Asie du Sud-Est, de la Birmanie à Bornéo, avec un centre de diversité dans les forêts pluviales de la Sonde.
Les Durio sont de grands arbres sempervirents, atteignant 25 à 50 m de hauteur, au tronc droit et cylindrique surmonté d’une couronne irrégulière et étalée. Les feuilles sont simples, alternes, oblongues, de 10 à 18 cm, avec un dessus vert brillant et un dessous caractéristiquement cuivré, recouvert d’écailles lepidotes. Les contreforts à la base du tronc sont souvent bien développés chez les spécimens matures.
Les fleurs sont grandes, blanc crème à jaune verdâtre, très odorantes, et s’ouvrent la nuit. La pollinisation est assurée principalement par des chauves-souris frugivores, notamment Eonycteris spelaea, cas remarquable de chiroptérophilie. Le fruit est une capsule ovoïde volumineuse de 15 à 30 cm de diamètre, couverte d’épines robustes, pouvant peser jusqu’à 3 kg. La pulpe crémeuse de D. zibethinus, le durian, est surnommée le « roi des fruits » en Asie du Sud-Est malgré une odeur si puissante que le fruit est interdit dans de nombreux hôtels et transports publics.
Les espèces sauvages de Durio jouent un rôle écologique majeur dans les forêts tropicales humides de basse altitude. Les fruits tombés nourrissent éléphants, orangs-outans, écureuils géants et civettes palmistes, qui assurent la dispersion des graines. L’odeur caractéristique du durian est due à plus de 50 composés volatils soufrés, dont l’éthanthiol et le diéthyl disulfure. La déforestation et la conversion des forêts en plantations de palmiers à huile menacent plusieurs espèces sauvages du genre, tandis que D. zibethinus fait l’objet d’une culture intensive en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie, représentant un marché de plusieurs milliards de dollars.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 37.5% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 05 mars 2026.
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