
Drosophyllum est un genre de plante carnivore ne comprenant qu’une seule espèce : Drosophyllum lusitanicum.
Cette plante est natif des régions côtières de l’ouest méditerranéen. Elle a été localisé dans trois zones géographiquement séparées :
Le climat y est aride, avec de longues périodes de sécheresse du printemps à l’automne, mais des nuits humides et brumeuses, notamment près des côtes. Par voie de conséquence, les sols sont souvent profondément secs. Toujours alcalins, ils sont constitués de sable et de roches de calibre varié.
Drosophyllum lusitanicum est décrit par le botaniste allemand Johann Heinrich Friedrich Link en 1806. On trouve néanmoins des références à la plante datant XVIIe siècle. En raison des similitudes morphologiques évidentes avec les plantes carnivores du genre Drosera, le genre Drosophyllum est classé parmi les Droseraceae pendant près de deux siècles, jusqu’en 1989. Les botanistes Chrtek, Slaviková et Studnicka effectuent alors une révision du genre et le classent dans une famille à part, Drosophyllaceae, sur la base d’analyses moléculaires et biochimiques. Cependant, la plante reste dans l’ordre des Caryopphyllales, qui contient notamment les Drosera et les Nepenthes.
L’épithète générique Drosophyllum vient du grec drosos (rosée) et phyllo (feuille), en référence à son feuillage couvert de gouttes de glu, évoquant à la rosée. L’épithète spécifique lusitanicum est dérivée du latin Lusitania (Lusitanie), l’ancien nom du Portugal, là où ont été découverts les premiers spécimens qui ont servi à sa description officielle.
Drosophyllum lusitanicum est une plante carnivore qui a l’aspect d’un petit buisson, dont l’aspect évoque un pin. Elle développe de très longues feuilles dressées, couvertes de glandes à mucilage collant, et à l’odeur mielleuse. Une fois collées, les proies sont digérées par des enzymes sécrétées par la plante. Même si les milieux dans lesquels pousse Drosophyllum lusitanicum sont très différents des autres plantes carnivores, sa carnivorie a été développée dans le même but : compenser les carences du sol, extrêmement pauvre, quasiment dénué de matière organique. De fait, son implication dans la carnivorie est très élevée :
Dans un biotope à la faune relativement pauvre, les spécimens sont bien souvent couverts de proies (généralement des diptères), ce qui ne laisse aucun doute sur sa faculté à attirer des insectes très éloignés.
Les fleurs sont jaunes vif, et mesurent en moyenne 4 cm de diamètre. Elles sont produites de février à mai, par groupe de 3 à 15. Chaque capsule produite contient entre 3 et 10 graines en forme de poire.
Culture rendue difficile par la sensibilité du système racinaire au dérangement et au surplus d’humidité, contrairement à la plupart des plantes carnivores. La maîtrise de l’arrosage est essentielle pour faire vivre la plante plusieurs années.
Très drainant. La tourbe blonde peut être présente pour apporter du liant, mais pas à plus de 25% du total, en raison de sa forte rétention d’eau. Le reste du substrat doit être minéral, composé à parts égales de perlite et de sable de quartz ou de pouzzolane.
C’est un point délicat, car les racines de Drosophyllum lusitanicum sont très sensibles aux excès d’eau, et en parallèle, elles n’apprécient pas non plus une sécheresse totale, contrairement aux cactus, par exemple. Il ne faut pas adopter la méthode qui consiste à arroser par le dessous, via une soucoupe, peu utile car un tel sol minéral n’assure pas une bonne capillarité. De plus, cela augmente le risque de pourriture des racines si les apports sont trop copieux. Il est donc préférable que l’eau puisse s’écouler facilement. L’utilisation d’un pot en terre cuite est conseillée, la porosité de ce matériau favorisant une évaporation plus rapide de l’eau. Un grand contenant doit être choisi, de façon à ce que le sol ne s’assèche jamais brutalement. Cela facilite également l’arrosage par le dessus, tous les 2 à 3 jours s’il fait chaud et 1 fois par semaine pendant les périodes plus fraîches et/ou humides. Si les feuilles commencent à noircir et à s’incurver, c’est qu’il y a trop d’eau. Si la plante est dans un endroit clos ou partiellement clos, l’aération doit être bonne car une humidité relative élevée est mal tolérée.
Pas de repos à proprement parler.
Un maximum de soleil, même s’il fait très chaud. Les feuilles, bien que fines, doivent être bien droites et donner l’impression d’être robustes. L’extrémité des poils glanduleux doit être rouge.
Entre 0 et 45°C. De faibles gelées sont supportées, surtout si le volume de substrat est suffisamment grand pour avoir une bonne inertie thermique.
Pucerons et cochenilles farineuses (peu fréquent). Attention aux moisissures sur les graines et plantules.
En culture, la reproduction de Drosophyllum lusitanicum par graines est plus fréquente que pour beaucoup de plantes carnivores, et pour cause, c’est la seule façon de le multiplier et la manière la plus simple de l’introduire dans sa culture personnelle, étant donné que les transplantations échouent très souvent.
Malheureusement, les graines sont lentes à germer : parfois plusieurs mois après le semis. L’abrasion partielle du tégument, très dur chez les graines de cette espèce, permet d’obtenir une germination plus rapide. Pour l’effectuer, on peut utiliser un morceau de papier de verre.
La meilleure période pour faire germer les graines est le début du printemps. Les graines semblent être stimulées par les différences de températures entre le jour et la nuit.
En France métropolitaine, il peut être plus difficile de les faire germer en automne car la lumière va en décroissant. Compte tenu de la délicatesse des plantules et de leurs racines, pour mettre toutes les chances de son côté, il faut semer dans le pot de culture définitif, qui doit donc être rempli avec le mélange adéquat.
En surface, on peut installer une couche de quelques millimètres de tourbe blonde ou de vermiculite, sur laquelle on sèmera les graines. Cette couche, à maintenir humide, permet une irrigation des graines plus facile. Elle permet aussi aux minuscules racines, qui se développent durant les premiers jours, d’ancrer chaque plantule plus confortablement que sur un sol minéral. L’apport d’eau peut être réalisé grâce à un pulvérisateur.
Le système racinaire aura vite fait de traverser la couche pour atteindre son substrat de culture. Les premières semaines sont critiques, les jeunes plants ne tolérant aucun excès. Ils peuvent sécher en quelques heures si l’eau manque, et pourrir aussi rapidement s’il y en a trop. C’est pourquoi une exposition à mi-ombre est préférable pour commencer, car plus tempérée. Une fois que les plantules auront atteint quelques centimètres, le pot pourra être placé en plein soleil.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 37.5% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 05 avril 2026.
Si le sujet vous intéresse, vous pouvez découvrir notre analyse détaillée pour comprendre les raisons de leur extinction, les enjeux écologiques et les solutions possibles pour que chacun puisse agir à son échelle dès aujourd'hui.