Les Drosophyllaceae sont une famille monotypique ne comprenant qu’une seule espèce : Drosophyllum lusitanicum, la rosolis du Portugal ou « plante attrape-mouches portugaise ». Le nom dérive du grec drosos (rosée) et phyllon (feuille), en référence aux gouttelettes de mucilage ornant les feuilles. Malgré sa ressemblance avec les Droseraceae (droséras), les analyses moléculaires placent Drosophyllum dans son propre ordre (Caryophyllales), sans parenté proche avec les autres plantes carnivores. La carnivorie a donc évolué indépendamment dans cette lignée.
Drosophyllum lusitanicum est un sous-arbrisseau de 20 à 40 cm, à base ligneuse, unique parmi les plantes carnivores par sa préférence pour les habitats secs. Les feuilles sont linéaires (20-30 cm), s’enroulant à partir de la pointe (circination inverse, du sommet vers la base), densément couvertes de glandes pédonculées sécrétant un mucilage collant et odorant (attirant les insectes par une odeur de miel). Contrairement aux droséras, les feuilles ne se referment pas sur les proies. La digestion est passive, assurée par des glandes sessiles sécrétant des enzymes protéolytiques. Les fleurs sont grandes (3-4 cm), jaune soufre, pentamères, groupées en cymes scorpioïdes, d’aspect très différent des fleurs de droséra. Le fruit est une capsule à 5 valves.
Drosophyllum lusitanicum est endémique de la péninsule Ibérique occidentale (Portugal, sud de l’Espagne) et du nord du Maroc, une aire de répartition extrêmement restreinte. Contrairement à la quasi-totalité des plantes carnivores qui habitent les marais et tourbières, Drosophyllum croît sur des sols secs, sableux et acides, dans le matorral méditerranéen et les landes à bruyères, souvent après le passage du feu. C’est la seule plante carnivore véritablement xérophyte. La plante ne tolère pas la transplantation en raison de sa racine pivotante sensible. L’espèce est classée vulnérable et protégée au Portugal et en Espagne, menacée par l’urbanisation littorale, les plantations d’eucalyptus et la suppression des feux qui permettent la régénération de son habitat.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 44.7% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 14 avril 2026.
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