Le Lycopode des Alpes est une petite plante vivace appartenant à la famille ancienne des Lycopodiaceae, qui comprend des espèces fossiles datant de plus de 400 millions d'années. Cette espèce mesure généralement 10 à 30 cm de hauteur, avec un port dressé et des tiges ramifiées portant de minuscules feuilles écailleuses d'un vert clair. Diphasiastrum alpinum se caractérise par deux types de ramification distincts, d'où son nom de genre « diphasiastrum ». Originaire des régions montagneuses d'Europe, elle colonise les pelouses alpines et subalpines entre 1500 et 3000 mètres d'altitude. Ses sporanges, organes reproducteurs archaïques, se forment en structures en épis au sommet des tiges pendant l'été. C'est un relique vivante des périodes géologiques anciennes, témoignant de l'évolution très lente des Lycopodes.
Le Lycopode des Alpes joue un rôle écologique important dans les écosystèmes alpins fragiles qu'il colonise. En tant que plante pionnière, il contribue à la stabilisation des sols rocheux et participe à leur pédogenèse progressive. Ces formations végétales denses constituent des micro-habitats pour la microfaune des sols et les arthropodes alpins. La présence de Diphasiastrum alpinum dans les pelouses alpines indique une excellente qualité environnementale. Cependant, cette espèce est particulièrement menacée par le réchauffement climatique, qui provoque l'ascension progressive des étages de végétation et réduit son habitat disponible. Le surpâturage et le piétinement intensif constituent également des menaces directes. Son statut de rareté et sa dépendance aux conditions alpines exigent une vigilance accrue face à la disparition des plantes de montagne.
Espèce observée dans 25 pays à travers le monde.
Bien que les Lycopodes aient été utilisés dans la médecine traditionnelle européenne et asiatique, le Lycopode des Alpes n'a pas d'usages médicinaux documentés significatifs à ce jour. Certains Lycopodiaceae contiennent des alcaloïdes actifs, mais cette espèce alpine n'a pas fait l'objet d'études pharmacologiques approfondies. Son principal intérêt réside dans sa valeur ornementale discrète et son rôle de curiosité scientifique pour les botanistes et géologues. Plante rarissime dans le commerce horticole, elle n'est pas cultivée commercialement. Les Lycopodes en général fascinent les scientifiques pour leur ancienneté évolutive et leur reproduction par spores, offrant une fenêtre sur les mécanismes reproductifs des plantes préflorales. Son observation en montagne revêt plutôt une importance pédagogique et naturaliste.
Le Lycopode des Alpes est extrêmement difficile à cultiver en dehors de son habitat naturel montagnard. Cette plante vivace rustique préfère une exposition ensoleillée avec un arrosage modéré et régulier, sans stagnation hydrique. Elle thrives sur un sol sableux, bien drainé, légèrement acide et pauvre en nutriments, similaire aux pelouses alpines. La plantation doit respecter les conditions de fraîcheur nocturne et l'amplitude thermique montagnarde. Une reproduction en captivité reste quasi impossible faute de compréhension complète de ses exigences biologiques et de ses relations mycorhiziennes souterraines complexes. Son floraison (juillet à septembre) correspond à la saison alpine, produisant des sporanges plutôt que des fleurs véritables. La conservation de cette espèce passe d'abord par la protection de ses habitats alpins naturels plutôt que par une culture en jardins.