13 reptiles en voie de disparition

Avec leur apparence parfois peu flatteuse et leur peau écailleuse qu’ils quittent lors de la mue, ils sont loin de faire l’unanimité. 

Les reptiles jouent pourtant des rôles écologiques essentiels dans la plupart des écosystèmes. À la fois proies et prédateurs, ils sont des maillons indispensables des chaînes alimentaires des milieux qu’ils occupent tandis que les espèces herbivores participent activement à la dissémination des graines. Certains sont même d’extraordinaires pollinisateurs, le gecko diurne à queue bleue étant par exemple l’unique pollinisateur restant d’une variété rare de Trochetia qui pousse encore sur l’île Maurice.

Apparus il y a près de 250 millions d’années, les reptiles ont longtemps régné en maîtres à la fois sur terre mais aussi dans les eaux du globe. Le terme rassemble aujourd’hui environ 6300 espèces différentes, majoritairement terrestres bien que bon nombre d’entre elles se soient largement adaptées à la vie aquatique. Tous sont en revanche dotés de poumons, ce qui les oblige à remonter régulièrement à la surface à la recherche d’un peu d’air.

D’autres caractéristiques permettent également de relier les reptiles entre eux, à savoir :

  • Un sang froid, dû à une circulation beaucoup moins active que chez les autres espèces.
  • Une peau globalement sèche, et recouverte d’écailles, d’une carapace ou d’une cuirasse résistante telle que celle que possèdent les crocodiles.
  • Un mode de reproduction ovipare. Les reptiles sortent généralement de l’œuf entièrement formés et connaîtront une croissance lente.

Bien que présents dans la vaste majorité des régions de notre planète à l’exception des milieux polaires, les reptiles sont désormais largement sur le déclin. Ce sont aujourd’hui 19% d’entre eux qui sont menacés d’extinction, parmi lesquels 12% sont déjà en danger critique.

Le pourcentage est encore plus élevé chez les tortues qui doivent redouter la chasse nationale et internationale en plus de la destruction des habitats naturels qui fragilise toute la biodiversité.

Pollution des sols, de l’air, des eaux, excès de fréquentation de certains milieux, travail mécanisé du sol, urbanisation croissante… Les activités anthropiques se poursuivent au détriment des considérations essentielles à la survie des espèces. Répartis sur des territoires de plus en plus réduits et de plus en plus dégradés, les reptiles connaissent des difficultés croissantes pour se nourrir et se reproduire.

Tortue alligator

Endémique des États-Unis, la tortue alligator est reconnaissable à sa carapace brun foncé parcourue de larges écailles en pointe. Celle-ci est généralement recouverte d’algues pour parfaire son camouflage tandis que le bout de sa langue est complété d’un leurre en forme de ver qui l’aide à attraper ses proies. 

Des caractéristiques qui font de la tortue alligator l’une des espèces les plus dangereuses au monde, d’autant plus que quelques rares cas d’agressions sur l’Homme ont été rapportés.

Elle n’en reste pas moins vulnérable du fait de la destruction de son habitat et du commerce illégal d’animaux exotiques.

Dragon d’eau

Originaire d’Asie du sud-est, le dragon d’eau est un petit lézard reconnaissable à sa couleur verte et à sa longue queue qui peut représenter près des deux tiers de sa taille globale.

Les forêts humides qu’il fréquente lui ont donné son nom, le petit reptile ne s’éloignant que rarement des points d’eau où il se nourrit d’insectes et de poissons. Son caractère doux et joueur en fait une espèce privilégiée auprès des amateurs de reptiles ce qui a donné lieu depuis de nombreuses années à des captures massives pour la vente en tant qu’animal de compagnie.

D’un autre côté, le dragon d’eau doit aussi craindre ses prédateurs naturels plutôt nombreux et une dégradation de son habitat qui ne faiblit pas.

Tortue luth

Habituée aux mers et aux océans tropicaux et subtropicaux, la tortue luth se distingue des autres tortues marines par une peau lisse, dont l’apparence semble se rapprocher du cuir. 

Le bec tranchant qui orne sa mâchoire est un allié de taille lors de ses sessions de chasse et il faut dire que l’espèce fait preuve d’un formidable appétit. Méduses, poissons ou crustacés, c’est parfois l’équivalent de son propre poids qu’elle consomme ainsi, dans les eaux plus froides du globe qu’elle quittera pour se reproduire.

Une nidification à haut risque qui donne régulièrement lieu à la capture accidentelle ou au prélèvement des œufs par l’Homme sur les plages.

Cobra royal

Avec ses 4 mètres de long en moyenne, le cobra royal que l’on rencontre en Asie du sud-est est la plus grande espèce de serpents venimeux au monde. 

Son venin est pourtant l’un des moins toxiques qui soit, mais la dose injectée à chaque morsure est telle qu’elle entraîne la mort par asphyxie dans les deux heures. 

Essentiellement diurne, le cobra royal est un reptile ophiophage, c’est-à-dire qu’il se nourrit d’autres serpents tels que les couleuvres majoritairement. En cas de danger, il adopte la posture d’intimidation qu’on lui connaît en se redressant jusqu’à 1,80 mètres au-dessus du sol. 

C’est aujourd’hui la perte de son habitat sous l’effet de la déforestation qui constitue une menace, tout comme la diminution du nombre de ses proies.

Varan de komodo

Le varan de Komodo, ou dragon de Komodo, que l’on rencontre dans une poignée d’îles indonésiennes, est actuellement le plus grand lézard vivant au monde. 

Redoutable carnivore, sa morsure venimeuse chargée en bactéries empêche la cicatrisation des blessures et favorise les infections. Les proies qui parviennent à s’échapper meurent généralement en quelques jours. Le reptile n’a alors plus qu’à suivre leur trace en s’aidant des capteurs olfactifs répartis sur sa langue fourchue.

Reconnu vulnérable depuis quelques années, le varan de Komodo souffre de l’activité volcanique de ses îles mais aussi de la destruction de son habitat, du tourisme et du braconnage.

Gecko à crête

Endémique du sud de la Nouvelle-Calédonie, le gecko à crête est un lézard nocturne et semi-arboricole particulièrement habitué aux forêts tropicales humides.

Ce sont les petites excroissances réparties sur son dos qui lui ont donné son nom tandis que ses doigts pourvus de poils microscopiques lui permettent de grimper sur la plupart des surfaces afin de dénicher les fruits et les insectes qui composent son alimentation. Sa queue quant à elle ne repousse pas à l’inverse de celle d’autres espèces, mais le gecko à crête peut s’en passer et l’on constate même que la plupart des individus observés dans la nature ne l’ont plus. 

Menacé par la dégradation de son habitat, le petit animal doit aussi redouter la capture domestique bien que celle-ci soit désormais interdite pour les spécimens sauvages.

Tortue verte

Avec ses 1,50 mètres de long, la tortue verte ou tortue franche est l’une des plus grandes mais aussi la plus rapide de toutes les espèces de tortues marines. De carnivore à la naissance, elle devient progressivement herbivore en atteignant l’âge adulte, préférant les plantes et les algues sous-marines des océans tropicaux qui donnent à sa chair sa couleur verdâtre.

Géante placide des océans tropicaux et subtropicaux, la tortue verte tire son nom de la teinte verdâtre de sa graisse, héritée d’un régime alimentaire exclusivement herbivore à l’âge adulte. Seule tortue marine à brouter les prairies sous-marines, elle joue un rôle écologique majeur dans l’entretien des herbiers de Cymodocea et de Thalassia.

Plus sédentaire que ses cousines, elle entreprend néanmoins de longues migrations entre ses zones d’alimentation et ses plages de ponte natales, retrouvées avec une précision stupéfiante après plusieurs décennies de vie en mer. Chaque femelle pondra plusieurs milliers d’œufs au cours de sa vie, mais seule une infime fraction des nouveau-nés atteindra l’âge adulte.

Iguane marin

L’iguane marin qui vit sur les côtes des îles Galápagos est à ce jour l’unique lézard marin au monde. De noire lorsqu’il sort de l’eau, sa peau passe au rouge tandis qu’il se réchauffe au soleil, sur les rochers.

Il retournera ensuite en mer pour brouter les algues qui constituent son alimentation. Des aliments exceptionnellement riches en sel que l’iguane marin parvient à évacuer de son organisme  via une glande à sel située dans son nez.

Très fragile, le reptile est étroitement lié à son habitat naturel où les activités humaines causent progressivement la raréfaction de ses sources de nourriture.

Tortue sillonnée

La tortue sillonnée ou tortue à éperons que l’on rencontre dans les savanes arides à travers l’Afrique est considérée comme l’une des plus grosses tortues au monde. Capable de résister à d’importantes variations de température, elle se protège des chaleurs brûlantes et de la froideur de la nuit en creusant des terriers de plusieurs mètres de profondeur.

Son régime alimentaire, lui, est plutôt omnivore, la tortue sillonnée se nourrissant de plantes et de déchets végétaux mais aussi d’excréments et de charognes. Ce sont aujourd’hui la chasse pour sa viande, la désertification et l’urbanisation qui la classent parmi les espèces en danger. 

Tortue mauresque

La tortue mauresque fait référence à une poignée de sous-espèces réparties dans plusieurs pays : la tortue grecque, la tortue mauresque du Maghreb et la tortue mauresque de Tunisie. Si leur mode de vie diffère légèrement en fonction de leur habitat, elles se distinguent généralement par la présence d’une large écaille au-dessus de leur queue et de petites protubérances observables au niveau des cuisses.

De nombreuses menaces pèsent aujourd’hui sur les tortues mauresques parmi lesquelles la chasse, les feux de forêt et la progression de pratiques agricoles défavorables.

Crocodile américain

Fleuves, plans d’eau, mangroves, lagunes côtières, le crocodile américain se retrouve dans une multitude de milieux aquatiques différents. Très à l’aise dans l’eau, sa morphologie lui permet de faire également preuve d’une étonnante rapidité sur la terre ferme.

La bosse proéminente visible sur son museau le rend facilement reconnaissable parmi les autres espèces de crocodiliens tandis que sa taille, qui peut parfois dépasser les six mètres, en fait l’un des plus grands crocodiles au monde.

Relativement préservé de la chasse,ce sont principalement la dégradation de son habitat et le passage fréquent des bateaux qui menacent le crocodile américain. 

Tortue verte

La tortue verte tire son nom de la couleur verdâtre de sa graisse, héritée de son régime exclusivement herbivore à l’âge adulte. Seule tortue marine à brouter les herbiers, elle joue un rôle écologique majeur dans l’entretien de ces prairies sous-marines qui servent de nurserie à d’innombrables espèces.

Plus grande et plus sédentaire que la plupart de ses cousines, elle effectue néanmoins de longues migrations entre ses zones d’alimentation et ses plages de ponte natales, retrouvées avec une précision stupéfiante après plusieurs décennies. Chaque femelle pondra quelques milliers d’œufs au cours de sa vie, mais seule une infime fraction des nouveau-nés survivra jusqu’à l’âge adulte, ce qui rend chaque perte dans la population adulte particulièrement dommageable.

Tortue imbriquée

Reconnaissable à sa carapace dont les écailles se chevauchent comme les tuiles d’un toit, la tortue imbriquée a longtemps fait les frais d’un commerce mondial de l’écaille. Transformée en peignes, lunettes et objets de luxe, elle a vu ses populations s’effondrer de plus de 80 % en trois générations et figure aujourd’hui parmi les reptiles marins les plus menacés de la planète.

Son bec pointu et son goût pour les éponges de récif lui confèrent un rôle écologique unique : en régulant ces concurrents des coraux, elle contribue à l’équilibre même des récifs tropicaux. Sans elle, les éponges étoufferaient littéralement les coraux durs, compromettant des écosystèmes entiers.