
Le genre Drosera appartient à la famille des Droseraceae (ordre des Caryophyllales) et comprend environ 200 espèces, ce qui en fait le plus grand genre de plantes carnivores. Son nom dérive du grec droseros (couvert de rosée), en référence aux gouttelettes visqueuses qui ornent les feuilles. Le genre est cosmopolite, avec un centre de diversité extraordinaire dans le sud-ouest de l’Australie (plus de 100 espèces).
Les droséras sont des plantes herbacées vivaces ou annuelles, généralement petites (1 à 30 cm), en rosette basale ou à tige érigée. Les feuilles portent des tentacules glanduleux sécrétant un mucilage collant et brillant qui piège les insectes. Chaque tentacule est muni d’une glande rouge produisant à la fois la colle et les enzymes digestives.
Les fleurs sont petites, à 5 pétales, blanches ou roses, portées sur de longues hampes éloignées des pièges. Elles ne s’ouvrent que quelques heures en plein soleil. Le fruit est une capsule contenant de très nombreuses graines minuscules. Les espèces australiennes présentent une diversité morphologique remarquable : rosettes, tiges érigées, espèces tubéreuses souterraines et même des espèces grimpantes.
La carnivorie des droséras est une adaptation à la vie dans des tourbières et sols extrêmement pauvres en nutriments, notamment en azote et phosphore. Les tentacules réagissent au contact en 10 à 30 secondes, se recourbant vers la proie pour maximiser le contact. Darwin, fasciné par les droséras, leur consacra un ouvrage entier (Insectivorous Plants, 1875) et déclara que Drosera rotundifolia l’intéressait plus que l’origine des espèces. Le sundew (Drosera) est utilisé en phytothérapie européenne contre la toux depuis le XIIe siècle.