
Le genre Darlingtonia appartient à la famille des Sarraceniaceae et ne comprend qu’une seule espèce : Darlingtonia californica, la plante cobra de Californie. Le genre fut nommé en l’honneur du botaniste américain William Darlington (1782-1863). C’est la seule Sarraceniaceae de la côte Pacifique, les genres Sarracenia et Heliamphora étant respectivement distribués dans l’est de l’Amérique du Nord et dans les tepuis du Venezuela. Darlingtonia est considérée comme la plus ancienne lignée de la famille, divergeant très tôt du tronc commun des Sarraceniaceae.
Darlingtonia californica est une plante carnivore vivace rhizomateuse de 40 à 100 cm. Le piège est une feuille modifiée en ascide (urne) tubulaire, surmontée d’un dôme renflé et translucide (fenêtres lumineuses) et d’un appendice bifide pendant, rouge-pourpre, rappelant la langue d’un serpent ou une moustache de cobra — d’où le nom commun. Les insectes sont attirés par le nectar de l’appendice, entrent par l’orifice ventral, sont désorientés par les fenêtres translucides du dôme et glissent dans le tube où des poils orientés vers le bas empêchent toute remontée. La digestion fait intervenir une communauté symbiotique de micro-organismes. Les fleurs, pendantes et solitaires, sont jaune verdâtre à pourpre, portées sur une hampe de 50-100 cm.
Darlingtonia californica est endémique d’une bande étroite des montagnes du nord de la Californie et du sud de l’Oregon (Siskiyou, Cascades), entre 100 et 2 500 m d’altitude. Elle pousse exclusivement dans les suintements d’eau froide et les tourbières alimentées par des sources, souvent sur serpentine (sols ultramafiques pauvres en nutriments et riches en magnésium). L’exigence d’eau froide courante aux racines rend la culture difficile hors de son habitat. Contrairement aux Sarracenia, Darlingtonia ne semble pas produire ses propres enzymes digestives, dépendant entièrement de bactéries et de larves d’insectes symbiotes pour la décomposition des proies. L’espèce est protégée dans plusieurs parcs d’État et réserves naturelles, notamment le Darlingtonia State Natural Site dans l’Oregon.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 44.7% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 14 avril 2026.
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