Le Pantanal : plus grande zone humide de la planète

Situé au cœur de l’Amérique du Sud, à cheval sur le Brésil, la Bolivie et le Paraguay, le Pantanal est la plus vaste zone humide de la planète. Couvrant entre 140 000 et 195 000 km² selon les saisons — soit environ la moitié de la superficie de l’Allemagne —, cette plaine alluviale est alimentée par le fleuve Paraguay et ses affluents. Chaque année, entre octobre et mars, les pluies tropicales inondent jusqu’à 80 % de la surface, transformant le paysage en un immense marécage ponctué d’îlots forestiers, de prairies flottantes et de lagunes. Lors de la saison sèche, de mai à septembre, les eaux se retirent progressivement, concentrant la faune autour des points d’eau restants dans un spectacle naturel d’une intensité rare.

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La biodiversité : une mosaïque d’habitats extraordinaire

Le Pantanal abrite plus de 4 700 espèces de plantes et d’animaux, dont 656 espèces d’oiseaux, 325 espèces de poissons, 159 espèces de mammifères et 53 espèces d’amphibiens. Le tamanoir géant (Myrmecophaga tridactyla) est l’un des mammifères les plus emblématiques de cette zone humide. Pouvant atteindre 2 mètres de long queue comprise et peser jusqu’à 40 kg, il arpente les prairies et les termitières du Pantanal, consommant jusqu’à 35 000 fourmis et termites par jour grâce à sa langue de 60 centimètres qu’il peut projeter 150 fois par minute. Sa population dans le Pantanal est estimée entre 5 000 et 10 000 individus. Le jaguar (Panthera onca), dont le Pantanal héberge la plus forte densité au monde — notamment le long de la rivière Cuiabá —, est le prédateur apex de l’écosystème. Le caïman yacaré, dont la population est estimée à 10 millions d’individus, est omniprésent. L’ara hyacinthe, le plus grand perroquet du monde, y compte environ 5 000 individus. La loutre géante, le tapir et le cerf des marais complètent la mégafaune de ce paradis naturel.

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Les menaces : incendies et agriculture industrielle

En 2020, les incendies les plus dévastateurs jamais enregistrés ont détruit 30 % du Pantanal brésilien, soit plus de 40 000 km². Des millions d’animaux ont péri, dont un nombre estimé de 17 millions de vertébrés. Ces feux, aggravés par une sécheresse historique et des pratiques agricoles de brûlis, ont mis en lumière la fragilité de l’écosystème. L’expansion de l’agriculture intensive de soja et l’élevage bovin sur les plateaux environnants (Cerrado) polluent les eaux du Pantanal par ruissellement de pesticides et d’engrais. Plus de 100 barrages hydroélectriques sont prévus ou en construction sur les affluents du Paraguay, menaçant le cycle d’inondation naturel qui fait vivre l’ensemble de l’écosystème. Le projet de dragage de la voie navigable Paraguay-Paraná augmenterait le trafic fluvial mais pourrait altérer le régime hydrologique.

La conservation : un patrimoine à défendre

Le Pantanal a été désigné site Ramsar d’importance internationale et patrimoine naturel mondial par l’UNESCO. Le parc national du Pantanal Matogrossense, créé en 1981, protège 1 350 km² au cœur du bassin. Le SESC Pantanal, réserve privée de 1 080 km², est l’une des plus grandes aires de conservation privées du Brésil. L’Instituto Homem Pantaneiro coordonne la recherche et la sensibilisation environnementale. Après les incendies de 2020, le Brésil a renforcé les brigades de prévention et détection des feux, et des ONG comme l’Instituto Arara Azul ont mené des opérations de sauvetage et de réhabilitation de la faune. Le programme de tourisme d’observation du jaguar, centré sur Porto Jofre, génère plus de 6 millions de dollars par an, démontrant la valeur économique de la conservation. Des projets de restauration des berges et de corridors écologiques tentent de reconnecter les habitats fragmentés par l’agriculture.

Localisation : Pantanal

Animaux présents dans cet écosystème