
Le genre Viola appartient à la famille des Violaceae (ordre des Malpighiales) et comprend environ 550 espèces. Son nom est le mot latin classique pour la violette, apparenté au grec ion. Le genre est cosmopolite, avec des centres de diversité dans les régions tempérées de l’hémisphère nord, dans les Andes et dans les montagnes d’Afrique tropicale.
Les violettes sont des herbes annuelles ou vivaces, rarement des sous-arbrisseaux, acaules ou caulescentes, atteignant 5 à 40 cm. Les feuilles sont alternes ou en rosette basale, simples, souvent cordées, stipulées (les stipules sont souvent découpées et diagnostiques pour l’identification).
Les fleurs sont zygomorphes, à 5 pétales inégaux : les 2 supérieurs dressés, les 2 latéraux étalés, l’inférieur plus grand et prolongé en éperon nectarifère. Les étamines sont 5, à connectif prolongé en appendice membraneux. De nombreuses espèces produisent des fleurs cléistogames (autofécondées sans s’ouvrir) en plus des fleurs chasmogames normales. Le fruit est une capsule à 3 valves projetant les graines à distance.
La violette odorante (Viola odorata) est cultivée à Grasse depuis le XIXe siècle pour la parfumerie, mais l’absolue de violette est l’une des matières premières les plus chères et la production a quasiment cessé. La pensée (Viola × wittrockiana) est la bisannuelle la plus vendue au monde en jardinerie. Les violettes africaines ne sont pas des Viola mais des Saintpaulia (Gesneriaceae). L’ionone, molécule responsable du parfum de violette, a la propriété unique de désensibiliser temporairement l’odorat, rendant le parfum évanescent et insaisissable.