
Le genre Salvinia appartient à la famille des Salviniaceae (ordre des Salviniales) et comprend environ 12 espèces de fougères aquatiques flottantes. Le genre fut nommé en l’honneur du naturaliste italien Antonio Maria Salvini (1633-1729). Salvinia partage sa famille avec Azolla, les deux genres formant les seules fougères hétérosporées aquatiques flottantes. Les fossiles de Salvinia remontent au Crétacé supérieur. L’espèce la plus problématique, S. molesta (salvinie géante), est originaire du sud-est du Brésil et est devenue l’une des plantes aquatiques envahissantes les plus nuisibles au monde.
Les Salvinia sont des fougères aquatiques flottantes, dépourvues de racines. La tige est horizontale, portant des nœuds à 3 feuilles : 2 feuilles supérieures flottantes, ovales à orbiculaires (1-3 cm), vertes, et une feuille submergée profondément divisée en filaments ressemblant à des racines. Les feuilles flottantes présentent une surface remarquable : des papilles surmontées de poils hydrophobes en forme de fouet, créant un réseau superhydrophobe qui repousse l’eau (effet Salvinia, étudié en biomimétisme). Les sporocarpes sont portés en grappes sur les feuilles submergées, contenant mégaspores et microspores. La reproduction végétative par fragmentation est le mode dominant de propagation.
Les Salvinia sont pantropicales et subtropicales. S. natans est la seule espèce atteignant l’Europe tempérée, rare dans les eaux calmes et eutrophes. S. molesta est un fléau écologique mondial : introduite accidentellement dans plus de 20 pays tropicaux, elle forme des tapis flottants impénétrables sur les lacs et les rivières, bloquant la lumière, appauvrissant l’oxygène dissous et détruisant la pêche et la navigation. Au Sri Lanka, au lac Kariba (Afrique) et dans le nord de l’Australie, l’invasion a atteint des proportions catastrophiques avant d’être partiellement contrôlée par le charançon Cyrtobagous salviniae, l’un des succès les plus marquants de la lutte biologique. L’effet Salvinia de la surface foliaire inspire des applications technologiques en matériaux antifouling pour les coques de navires.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 37.5% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 19 mars 2026.
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