
Le genre Salicornia appartient à la famille des Amaranthaceae (ordre des Caryophyllales) et comprend environ 25 à 30 espèces (taxonomie difficile). Son nom dérive du latin sal (sel) et cornu (corne), décrivant les tiges charnues et cornues. Le genre est cosmopolite dans les milieux salins : marais salants, vasières littorales, bords de sebkhas et de lacs salés, sur tous les continents.
Les salicornes sont des herbes annuelles ou vivaces succulentes, atteignant 10 à 40 cm. Les tiges sont dressées, charnues, articulées, translucides, vertes virant au rouge en automne. Les feuilles sont réduites à de minuscules écailles opposées, soudées à la tige, les segments charnus de la tige assurant la photosynthèse.
Les fleurs sont minuscules (1 mm), enfoncées dans les articles charnus des tiges, avec 1-2 étamines et un pistil. Les inflorescences sont des épis terminaux cylindriques. Le fruit est un utricule minuscule contenu dans le tissu charnu de la tige, libéré par la décomposition des articles.
La salicorne est l’halophyte par excellence, capable de tolérer des concentrations de sel supérieures à celles de l’eau de mer grâce au stockage du sodium dans les vacuoles cellulaires. Récoltée comme « haricot de mer » ou « passe-pierre », elle est devenue un légume gastronomique prisé, croquante et salée naturellement. Salicornia bigelovii est étudiée comme culture oléagineuse irriguée à l’eau de mer dans les déserts côtiers, produisant une huile comparable au tournesol sans consommer d’eau douce, une perspective révolutionnaire pour l’agriculture des zones arides.