
Le genre Ophrys appartient à la famille des Orchidaceae (ordre des Asparagales) et comprend environ 250 espèces selon les auteurs. Son nom dérive du grec ophrys (sourcil), en référence aux poils qui bordent les lobes du labelle. Le genre est centré sur le bassin méditerranéen, avec un centre de diversité maximal en Grèce, en Turquie et en Italie.
Les ophrys sont des orchidées terrestres de 10 à 50 cm de hauteur, à tubercules ovoïdes. Les feuilles sont basales, en rosette, ovales à lancéolées. La tige florale porte 2 à 12 fleurs lâchement espacées.
Les fleurs sont spectaculaires : les sépales sont étalés, souvent roses, verts ou blancs, tandis que le labelle imite avec un réalisme stupéfiant le corps d’un insecte femelle (abeille, bourdon, guêpe ou mouche), avec des motifs colorés, une pilosité et même un reflet métallique imitant les ailes. Le gynostème est court, portant les pollinies.
Les ophrys sont le cas le plus extraordinaire de mimétisme sexuel du règne végétal : le labelle imite la femelle d’un insecte pollinisateur spécifique en forme, couleur, texture et odeur (phéromones synthétiques). Le mâle trompé tente de s’accoupler avec la fleur (pseudocopulation) et emporte les pollinies. Chaque espèce d’ophrys est pollinisée par une seule espèce d’insecte. Cette spécificité extrême a conduit à une spéciation explosive dans le bassin méditerranéen, faisant d’Ophrys un modèle clé pour l’étude de l’évolution et de la spéciation.