L'Arnoséris (Arnoseris minima) est une petite plante annuelle de la famille des Astéracées, originaire d'Europe occidentale et centrale. Cette espèce herbacée mesure généralement entre 5 et 30 cm de hauteur, avec une rosette basale de feuilles lancéolées et dentées, légèrement pubescentes. Les tiges sont fines, ramifiées et portent de petites fleurs jaunes réunies en capitules de 5 à 10 mm de diamètre. Son port érigé et compact la rend discrète dans son environnement naturel. L'Arnoséris colonise préférentiellement les terrains sableux, les champs cultivés et les zones perturbées de faible altitude. Elle se distingue par sa petite taille et ses capitules minuscules, caractéristiques qui justifient son nom spécifique minima.
L'Arnoséris joue un rôle discret mais important dans les écosystèmes des terrains sableux et des cultures extensives. Bien que de taille réduite, ses fleurs jaunes attirent les petits insectes pollinisateurs, notamment les hyménoptères et les diptères, qui en assurent la pollinisation. Cette plante pionnière contribue à la colonisation et à la stabilisation des sols perturbés ou appauvris. Son statut a changé au cours du XXe siècle : autrefois commune dans les champs de céréales, elle a régressé significativement en raison de l'intensification agricole et de l'utilisation massive d'herbicides. Cette disparition progressive illustre les impacts de l'pollution des sols et des pratiques agricoles modernes sur la flore sauvage. Sa raréfaction préoccupe les botanistes qui y voient un indicateur d'appauvrissement de la biodiversité dans les paysages cultivés.
Espèce observée dans 11 pays à travers le monde.
L'Arnoséris minima possède des propriétés médicinales modestes, traditionnellement exploitées en phytothérapie populaire. Comme beaucoup d'Astéracées, elle contient des composés amers et des polyphénols bénéfiques pour la digestion. En herboristerie, la plante entière était utilisée pour préparer des tisanes stimulant l'appétit et facilitant la digestion, particulièrement dans les régions méditerranéennes et d'Europe du Sud. Elle possède aussi des propriétés apéritives et toniques légères. Bien que peu documentée scientifiquement, la tradition populaire lui attribue des vertus dépuratives. À l'instar des autres Astéracées, l'Arnoséris ne présente que peu d'intérêt ornemental actuel, mais demeure une espèce botanique d'intérêt scientifique et conservatoire en raison de sa raréfaction progressive.
L'Arnoséris minima s'adapte bien aux conditions de culture simplifiant sa reproduction. Elle préfère les expositions ensoleillées ou semi-ombragées et se développe mieux sur des sols sableux, pauvres et bien drainés, caractéristiques de ses habitats naturels. L'arrosage doit être faible à modéré, suffisant pour maintenir le sol légèrement humide sans excès, car cette espèce tolère mal l'humidité stagnante. Son caractère annuel demande un semis direct au printemps ou en automne, selon le climat régional. Elle germe rapidement sur un substrat léger non enrichi. Aucun apport de fertilisant n'est nécessaire ; au contraire, les sols trop riches inhibent sa croissance naturelle. Son rusticité certaine permet une culture sans protection hivernale. L'Arnoséris se sème facilement au jardin, notamment pour reconstituer des prairies fleuries écologiques ou des jardins botaniques de conservation.