Les sources animales

De nombreux ingrédients d’origine animale se retrouvent dans nos cosmétiques, parfois à notre insu. Si certains, comme le miel ou le lait, peuvent être obtenus sans nuire aux animaux, d’autres impliquent des pratiques bien moins éthiques. Découvrez quels sont les ingrédients d’origine animale utilisés en cosmétique, et ceux qu’il convient de bannir pour une routine beauté plus responsable.

Certains aliments issus d’animaux offrent des nutriments que l’on ne retrouve que difficilement dans les plantes, ce qui impose de mettre en place une supplémentation en cas de régime alternatif. La même chose peut être appliquée au monde des cosmétiques. 

Bien des ingrédients d’origine animale peuvent entrer dans la composition des produits naturels et c’est pourquoi il est important de se renseigner soigneusement, en particulier pour les personnes véganes soucieuses d’acheter conformément à leurs valeurs. 

Il est possible d’inclure des matières premières animales à condition que celles-ci ne menacent pas la santé ou la vie des animaux. C’est la raison pour laquelle il est important de faire la distinction entre un ingrédient d’origine animale, tel que le miel ou le lait, et les ingrédients extraits d’animaux, qui eux sont à proscrire. 

Quant aux tests effectués sur les animaux, ils sont interdits par le droit européen depuis 2009, à la fois en ce qui concerne le produit fini et chaque ingrédient entrant dans sa composition. De nos jours, les produits sont plutôt testés sur des cellules humaines ou animales, reproduites de manière artificielle. De quoi garder l’esprit tranquille de ce côté, et rester prudent face à la revendication « Non testé sur animaux » qui est généralement interdite car abusive. 

La lanoline

La lanoline est une substance cireuse dérivée de la laine de mouton, fréquente dans les baumes, rouges à lèvres et émollients pour peau sèche.

Capable de contenir 400 fois son poids en eau, elle hydrate en profondeur, soulage éruptions et démangeaisons, et améliore l’apparence des rides.

L’allantoïne

L’allantoïne est un composé chimique naturel présent dans les plantes comme la consoude mais aussi dans l’urine de certains mammifères, et c’est sous cette seconde forme qu’elle est le plus souvent exploitée à des fins cosmétiques. 

Idéale pour les peaux sensibles, elle est un ingrédient phare des produits hydratants et apaisants et entre dans la composition de nombreux soins capillaires, sérums pour le visage, crèmes pour les mains et les pieds, démaquillants ou produits pour bébés. L’allantoïne offre également des propriétés lissantes, exfoliantes et stimule la synthèse du collagène afin de lutter contre le vieillissement cutané. Associée à d’autres substances naturelles, elle devient aussi un anti-transpirant efficace et un excellent traitement contre l’acné.

Le lait

Bien des choses peuvent être trouvées dans le lait animal. 

De l’acide lactique, qui aide à nettoyer en profondeur les pores obstrués et à éliminer les bactéries responsables de l’acné, de la biotine hydratante pour la peau sèche, du magnésium qui réduit les premiers signes du vieillissement en stimulant la production de collagène. La teneur en protéines du lait aide aussi à la réparation et à la croissance des tissus, tandis que la vitamine D et le calcium favorisent l’élasticité de la peau et éclaircissent les taches brunes. 

Le lait stimule la régénération cellulaire pour une peau lisse et revitalisée.

Les oeufs

Riches en lutéine, les œufs peuvent apporter hydratation et élasticité à la peau tandis que leur teneur élevée en protéines peut aider à réparer les tissus et apporter davantage de fermeté. Le jaune, gorgé d’acides gras, offre une action hydratante là où le blanc aide plutôt à resserrer les pores et à éliminer l’excès de sébum.

Mais au-delà de leurs bienfaits sur la peau, les œufs font également des merveilles dans les produits capillaires où ils redonnent force et brillance même aux cheveux les plus secs. Les enzymes contenues dans le blanc participent à élimiter les bactéries pour garder votre cuir chevelu propre et sain. 

Les produits de la ruche

Miel, cire d’abeille propolis, gelée royale, voilà longtemps que les produits apicoles sont utilisés en médecine ou dans le secteur de la beauté. On dit que Cléopâtre ajoutait du miel à ses bains de lait pour garantir l’aspect lisse de sa peau tandis que dans la Chine de la dynastie Ming, les femmes de la cour de l’empereur utilisaient un mélange de miel et de graines d’orange moulues pour s’assurer un teint toujours frais. 

Fabriqué par les abeilles à partir de nectar et de miellat, le miel offre des propriétés régénératrices et antimicrobiennes particulièrement appréciées dans les masques pour le visage et les soins capillaires. La cire, riche en acides gras, entre aujourd’hui dans la composition de baumes à lèvres, de fard à paupières et de lotions destinées aux peaux sèches, où elle procure un confort durable grâce à son action adoucissante.

La propolis de son côté est un sous -produit résineux de la récolte du nectar des fleurs, dont l’action purifiante se retrouve dans des dentifrices ou des déodorants, tandis que la gelée royale sécrétée par les abeilles nourricières est considérée comme un formidable ingrédient anti-âge. 

Quelles sont les matières animales à bannir ?

Intégrer des insectes écrasés ou des résidus de carcasses d’animaux abattus à vos produits cosmétiques ? L’idée semble saugrenue pour ne pas dire franchement cruelle, mais n’est pas aussi rare que l’on pourrait le croire. 

Dans la grande famille des matières animales intégrées aux soins corporels et capillaires, il est une limite que l’éthique nous empêche de franchir : celle des ingrédients extraits d’animaux morts ou tués spécifiquement pour les besoins du prélèvement. Certains labels tels que Cosmebio et Ecocert garantissent notamment que les produits en question n’ont pas entraîné de cruauté envers les animaux. 

Le carmin

Le carmin est une nuance de rouge, troisième couleur la plus utilisée dans les cosmétiques. Rouges et brillants à lèvres, ombres à paupières, fards à joues, vernis à ongles, les choses ne s’arrêtent pas là puisque le carmin se retrouve aussi dans le secteur de l’alimentation ou de l’habillement. 

L’acide carminique provient de la cochenille, un insecte des cactus d’Amérique du Sud. Les insectes sont tués par immersion dans l’eau chaude puis écrasés pour obtenir la poudre rouge.

Ce sont généralement les femelles fécondées, plus riches en pigment, qui sont transformées avant qu’elles ne pondent, et l’on estime qu’il faut environ 70 000 insectes pour produire ne serait-ce que 450 grammes de produit.

Sur les étiquettes : cochenille, rouge naturel 4, laque pourpre, CI 75470 ou E 120. Alternatives végétales : betterave, raisin, curcuma.

Le suif

Le suif est un produit résiduel obtenu par la fonte de graisse d’animaux ruminants tels que le bœuf ou le mouton. A température ambiante, il est solide comme l’huile de coco mais prend une texture huileuse avec la chaleur. 

Riche en acide oléique, il est fréquemment utilisé pour la fabrication de savons de par son action supposément hydratante et protectrice.

Le collagène et l’élastine

Naturellement produits par le corps humain, l’élastine et le collagène sont deux protéines que l’on retrouve également chez les animaux. Ensemble, ils œuvrent pour la régénération, l’hydratation et l’élasticité de la peau, et c’est la raison pour laquelle ils ont gagné en importance dans la confection de produits anti-âge. 

Le collagène est extrait des carcasses d’animaux d’abattoir ou des peaux de poisson, tandis que l’élastine est généralement obtenue à partir des tendons des bovins, alors même que les recherches ont démontré que cette dernière n’avait aucun effet particulier si appliquée simplement sur la surface de la peau. Quant à la molécule de collagène, sa taille ne lui permet en réalité pas de pénétrer dans les pores. Son rôle dans l’industrie cosmétique tient alors davantage à son effet placebo. 

Les huiles de poissons

Cuisez, broyez et passez des foies de morue ou de flétan à la centrifugeuse, et vous obtiendrez des huiles de poissons. Reconnues pour leurs bienfaits nutritionnels derrière leur goût peu appréciable, elles ont progressivement pris le chemin de l’industrie cosmétique pour leur action cicatrisante et désinfectante. 

Mais leur mode d’extraction fait débat à juste titre, d’autant plus que l’huile de foie de morue est particulièrement riche en vitamine D3, ou cholécalciférol, une substance désormais interdite dans la réglementation cosmétique car considérée comme un perturbateur endocrinien potentiel.

La glycérine

La glycérine est un liquide clair et sirupeux que l’on retrouve en tête des ingrédients les plus courants dans les cosmétiques, derrière l’eau et les parfums. 

Utilisée comme agent hydratant dans une large gamme de produits de beauté, elle existe sous forme végétale (obtenue à partir d’huiles de palme, de soja et de coco) ou animale. Dans ce cas, elle provient généralement de la fonte de la graisse de bœuf. 

La kératine

La kératine constitue 95% de la structure du cheveu et assure la solidité des ongles.

Mais la kératine ne se renouvelle pas aussi, il faut aller la chercher ailleurs lorsque le temps et les agressions extérieures pèsent sur nos réserves. Et il se trouve que les animaux eux aussi disposent de certaines quantités de kératine. Beaucoup de shampoings, après-shampoings et masques capillaires y ont recours à partir de cornes, de sabots, de coquilles d’œufs broyés ou des plumes dissoutes des volailles. 

Il existe cependant une alternative végétale, la phytokératine, obtenue à partir de protéines de blé, de soja et de maïs.

La protéine de soie

La soie est une fibre protéique issue des cocons des vers à soie, qui tissent 800 à 1500 mètres de fil.

La soie du mûrier, produite en Chine, se gorge naturellement des antioxydants contenus dans les feuilles.

Chimiquement très similaire à la peau humaine, elle est un ingrédient répandu dans les soins de la peau où elle apparaît sous la forme de deux protéines spécifiques. La séricine, qui forme une couche protectrice sur la peau et aide à favoriser l’hydratation, et la fibroïne qui active la réparation cellulaire. 

Le ver est ébouillanté ou gazé pour récupérer le cocon intact : 6600 vers meurent par kilo de soie produit.

Alternatives respectueuses : la schappe de soie (filaments brisés) et la bourette de soie (déchets de transformation).

Le squalane

La squalane, aux propriétés anti-âge, est utilisée dans le maquillage, les huiles de bronzage et les soins hydratants. Traditionnellement issue de foie de requin, elle existe désormais en version végétale (olives, germes de blé).

La gélatine

Tout comme le collagène, la gélatine renferme l’un des composants principaux de la kératine, essentiel à la bonne santé des cheveux. Et comme le collagène, la gélatine est obtenue par l’ébullition de carcasses d’animaux, d’os, de ligaments, de peau, et de tendons. 

Elle se retrouve aujourd’hui dans une multitude de produits pour les cheveux et la peau, où elle agit principalement comme un hydratant.

Le musc

Le musc est une matière première animale extraite des glandes abdominales du chevrotin porte-musc d’Asie, pendant la saison de reproduction. Longtemps utilisé en parfumerie pour ses notes jugées sensuelles, son exploitation a conduit à une chasse intensive du chevrotain musqué dans les années 1960 et 1970. 

Le musc naturel est désormais interdit, remplacé par le musc synthétique (musc blanc).