
Le genre Conium appartient à la famille des Apiaceae (tribu des Oenantheae) et ne comprend que 2 espèces, dont la plus célèbre est Conium maculatum, la grande ciguë. Le nom dérive du grec koneion ou konas (tournoyer), en référence aux vertiges provoqués par l’intoxication. Le genre fut formalisé par Linné en 1753. La grande ciguë est l’une des plantes les plus célèbres de l’histoire : c’est le poison qui fut administré à Socrate en 399 av. J.-C. à Athènes, selon le récit de Platon dans le Phédon.
Conium maculatum est une plante herbacée bisannuelle robuste de 100 à 250 cm. La tige est creuse, cannelée, glabre, caractéristiquement maculée de taches pourpres irrégulières (macules) à la base — ce critère d’identification est crucial. Les feuilles sont alternes, bi- à tripennatiséquées, à segments finement divisés, vert foncé, dégageant une odeur fétide (souris, urine) au froissement. Les ombelles composées sont terminales, à 10 à 20 ombellules de petites fleurs blanches. Le fruit est un diakène ovoïde à côtes saillantes et ondulées. Toute la plante est extrêmement toxique, contenant des alcaloïdes pipéridiniques : la coniine (le principal), la conicéine et la conhydrine, qui provoquent une paralysie ascendante du système neuromusculaire.
Conium maculatum est natif d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie occidentale. Il colonise les terrains vagues, les friches, les bords de routes, les berges et les décombres, souvent sur sols azotés et frais. L’espèce s’est largement naturalisée en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande, où elle peut devenir envahissante. La grande ciguë est l’une des plantes les plus toxiques de la flore européenne : l’ingestion de quelques grammes de feuilles ou de graines peut être fatale pour un adulte. La paralysie respiratoire est la cause du décès, le patient restant conscient jusqu’à la fin — ce qui correspond exactement au récit de la mort de Socrate par Platon.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 37.5% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 15 avril 2026.
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