Les Buddleiaceae (buddléiacées) sont une famille aujourd’hui intégrée dans les Scrophulariaceae selon la classification APG IV. Le genre Buddleja comprend environ 140 espèces d’arbustes et de petits arbres. Le nom honore le révérend Adam Buddle (1662-1715), botaniste amateur anglais. La distribution est pantropicale et subtropicale, avec des centres de diversité en Asie orientale, en Amérique tropicale et en Afrique. L’espèce la plus connue, Buddleja davidii, fut introduite en Europe par le père Armand David depuis la Chine en 1890 et est devenue l’un des arbustes les plus répandus et les plus controversés.
Les Buddleja sont des arbustes ou petits arbres caducs ou sempervirents de 1,5 à 5 m, rarement jusqu’à 30 m (B. colvilei). Les tiges sont souvent quadrangulaires, les jeunes rameaux densément tomenteux. Les feuilles sont opposées, lancéolées à ovales, souvent grises ou blanches-tomenteuses au revers par un indument de poils étoilés. Les inflorescences sont des panicules ou des thyrses terminaux, denses et coniques, de 10 à 30 cm, portant des centaines de petites fleurs tubulaires à 4 lobes étalés. Les couleurs incluent le violet-pourpre, le blanc, le rose, le jaune et l’orange selon les espèces. Le parfum miellé est intense. Le fruit est une capsule septicide contenant de très nombreuses graines minuscules.
Buddleja davidii, originaire des éboulis calcaires et des falaises du centre de la Chine, est devenu l’un des arbustes les plus envahissants d’Europe. Chaque panicule produit jusqu’à 40 000 graines, dispersées par le vent, colonisant les friches industrielles, les voies ferrées, les murs et les toits. Malgré son caractère envahissant, il est écologiquement précieux comme source de nectar pour les papillons (d’où le nom « arbre aux papillons »), les abeilles et les sphinx. En Afrique, B. salvifolia est un arbre riverain important. En Amérique du Sud, B. globosa (matico) est utilisé en médecine traditionnelle mapuche. Le genre illustre parfaitement la tension entre biodiversité et invasivité : utile pour les pollinisateurs mais menaçant pour les habitats naturels.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 37.5% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 15 mars 2026.
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