Le genre Angraecum appartient à la famille des Orchidaceae, sous-famille des Epidendroideae, tribu des Vandeae. Le nom dérive du malais angurek (orchidée épiphyte). Le genre comprend environ 220 espèces, distribuées à Madagascar (centre de diversité majeur, ~160 espèces), en Afrique tropicale et dans les îles de l’océan Indien. Angraecum sesquipedale, l’étoile de Madagascar, est mondialement célèbre pour sa relation avec Darwin : en 1862, observant l’éperon nectarifère de 30 cm, Darwin prédit l’existence d’un papillon à trompe de longueur équivalente, confirmé 41 ans plus tard avec la découverte de Xanthopan morganii praedicta.
Les Angraecum sont des orchidées épiphytes, lithophytes ou rarement terrestres, de taille très variable : miniatures de 2 cm (A. bancoense) à imposantes plantes de 1 m (A. sesquipedale). La croissance est monopodiale (tige unique s’allongeant indéfiniment). Les feuilles sont distiques, coriaces, souvent en forme de V en section. Les fleurs, solitaires ou en grappes, sont typiquement blanches ou blanc verdâtre, cireuses, souvent très parfumées la nuit (pollinisation par les sphinx). Le labelle est entier, étalé, surmonté d’un éperon nectarifère de longueur variable (1 cm à 40 cm selon les espèces). La colonne est courte avec une anthère terminale contenant 2 pollinies cireuses sur un stipe commun.
Madagascar est le centre de diversité du genre, avec environ 160 espèces endémiques, des forêts pluviales de l’est aux forêts sèches de l’ouest. Les Angraecum occupent principalement les forêts tropicales humides, de la canopée au sous-bois, entre 0 et 2 000 m d’altitude. La pollinisation par les sphinx nocturnes est le mode dominant, avec une coévolution remarquable entre la longueur de l’éperon et la trompe du pollinisateur. Certaines espèces sont pollinisées par les grillons (A. cadetii à la Réunion). La déforestation massive à Madagascar menace de nombreuses espèces endémiques : plus de 80% de la forêt originelle a été détruite. Plusieurs espèces sont protégées par la CITES et des programmes de conservation in situ existent dans les réserves naturelles malgaches.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 38.5% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 10 mars 2026.
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