La ciguë aquatique (Cicuta virosa) est une plante herbacée vivace de la famille des Apiaceae, atteignant 60 à 120 cm de hauteur. Elle se distingue par ses tiges creuses, striées et souvent rougeâtres à la base, ramifiées en haut. Ses feuilles triangulaires, deux à trois fois pennées, présentent des folioles lancéolées et finement dentées. La plante produit de petites fleurs blanches regroupées en ombelles composées, caractéristiques de sa famille. Elle croît naturellement en Europe tempérée et en Asie du Nord, dans les zones humides, les marais et les rives des eaux stagnantes ou courantes. Son rhizome horizontal, blanc et compartisonné, constitue la partie la plus toxique de la plante.
La ciguë aquatique joue un rôle dans les écosystèmes humides en tant que plante pionnière colonisant les milieux perturbés des zones riveraines et des marais. Elle fournit du nectar et du pollen aux insectes pollinisateurs, notamment les petits hyménoptères et diptères, contribuant ainsi à la biodiversité locale des zones humides. Cependant, sa toxicité extrême limite son intérêt pour la faune herbivore. La plante est menacée dans certaines régions par la pollution des sols et l'assèchement des zones humides. Elle peut aussi proliférer excessivement dans les eaux eutrophisées, devenant invasive localement et modifiant la composition des communautés végétales aquatiques.
Espèce observée dans 34 pays à travers le monde.
Contrairement à certaines plantes de la famille des Apiaceae, la ciguë aquatique ne possède aucun usage bénéfique établi en phytothérapie, cosmétique ou culinaire. Son extrême toxicité l'exclut de tout usage thérapeutique moderne. Historiquement, certains alcaloïdes de Cicuta ont été étudiés en recherche pharmacologique, mais sans applications thérapeutiques viables. La plante est avant tout un exemple d'avertissement botanique : sa ressemblance avec le persil ou le fenouil sauvage rend son identification cruciale pour éviter les empoisonnements accidentels. Elle ne présente aucun intérêt ornemental en raison du danger qu'elle représente.
La ciguë aquatique ne doit jamais être cultivée volontairement, particulièrement en jardins où des enfants ou animaux domestiques ont accès. Si la plante est présente naturellement, son élimination exige des précautions maximales : port de gants épais et non-manipulation directe recommandés. Cette vivace rustique apprécie cependant les conditions humides : sols argileux, sableux ou limoneux constamment humides, exposition ensoleillée à semi-ombragée, et un arrosage important. Ses racines se développent dans les zones inondables ou paludéennes. Le feuillage caduc disparaît en hiver. La floraison blanche intervient en juillet-août. La prévention consiste surtout à favoriser les espèces comestibles analogues et à identifier correctement les plantes sauvages avant tout contact ou consommation.