Où voir les guépards dans le monde ?

Animal terrestre le plus rapide au monde avec des pointes à 110 km/h, le guépard est pourtant l’un des félins les plus vulnérables d’Afrique. On estime qu’il ne reste aujourd’hui que 7 100 individus à l’état sauvage, répartis sur à peine 9 % de leur aire de répartition historique. Le guépard a en effet disparu de 91 % des territoires qu’il occupait autrefois, victime de la fragmentation de son habitat, du braconnage et des conflits avec les éleveurs.

Portrait d'un guépard alerte dans la savane africaine

Si l’espèce était autrefois présente de l’Afrique à l’Inde en passant par le Moyen-Orient, les populations de guépards se concentrent désormais principalement en Afrique subsaharienne, dans les grandes savanes et les plaines semi-arides. Quelques individus survivent également en Iran, où le guépard d’Asie est au bord de l’extinction avec moins de 50 spécimens.

Pour observer le guépard dans des conditions respectueuses de son environnement, certaines réserves et parcs nationaux se distinguent par la densité de leurs populations et la qualité de leurs programmes de conservation. Voici les meilleurs spots pour apercevoir ce félin d’exception dans son habitat naturel.

Répartition géographique du guépard

Les meilleurs spots pour observer le guépard

Le Masai Mara

Le Masai Mara : biodiversité, menaces et conservation

Le Masai Mara est l'un des derniers grands sanctuaires du guépard en Afrique de l'Est. Ses immenses plaines herbeuses, dépourvues de végétation haute, offrent au félin le terrain de chasse idéal pour exploiter sa vitesse fulgurante. On y dénombre environ 80 guépards résidents, auxquels s'ajoutent des individus nomades qui suivent les mouvements des proies.

C'est dans les plaines du Triangle de Mara, au sud-ouest de la réserve, que les chances d'observation sont les plus élevées. Tôt le matin, il n'est pas rare d'assister à une chasse : le guépard repère une gazelle de Thomson à plusieurs centaines de mètres, s'approche en rampant dans l'herbe rase, puis déclenche un sprint d'une puissance stupéfiante. Le succès n'est pourtant pas garanti — à peine une course sur deux aboutit —, et le félin doit ensuite défendre sa proie face aux hyènes et aux lions, bien plus puissants que lui.

La cohabitation avec les grands prédateurs reste d'ailleurs l'un des principaux défis du guépard au Masai Mara. Contrairement au lion ou au léopard, il ne chasse qu'en plein jour pour éviter les confrontations nocturnes, et abandonne souvent sa proie au moindre signe de menace. Cette vulnérabilité en fait un indicateur précieux de la santé globale de l'écosystème.

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Le Serengeti

Le Serengeti : biodiversité, menaces et conservation

Le Serengeti abrite la plus importante population de guépards d'Afrique, estimée à plus de 300 individus. Ces plaines sans fin — c'est le sens même du mot Serengeti en langue Masaï — constituent le biotope ancestral du félin, celui dans lequel l'évolution a façonné son corps aérodynamique et ses griffes semi-rétractiles, conçues pour l'adhérence à pleine vitesse.

C'est dans les plaines du sud-est, entre Ndutu et Naabi Hill, que la concentration de guépards atteint son apogée durant la saison des naissances, de janvier à mars. Les femelles y trouvent un double avantage : une abondance de gazelles de Thomson nouvellement nées, proies faciles, et une visibilité à 360 degrés qui leur permet de repérer les menaces de loin. Car les mères guépards sont particulièrement vulnérables : le taux de survie des petits ne dépasse pas 5 % dans certaines zones, les lionceaux et les hyènes étant les principaux prédateurs des jeunes guépards.

Le Serengeti Cheetah Project mène depuis des décennies des recherches essentielles sur les interactions entre prédateurs. Leurs données montrent que le guépard développe des stratégies d'évitement remarquables : il chasse aux heures où les lions se reposent, privilégie les zones ouvertes où sa vitesse est un avantage décisif, et se déplace constamment pour ne jamais s'installer sur le territoire d'un groupe de lions.

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Le désert du Sahara

Le désert du Sahara : biodiversité, menaces, et conservation

On l'imagine rarement dans le désert, et pourtant : le guépard du Sahara, ou guépard de l'Afrique du Nord (Acinonyx jubatus hecki), est l'une des sous-espèces les plus rares et les plus méconnues du félin. Adapté aux conditions extrêmes de l'erg et du reg saharien, il se distingue par un pelage plus clair, presque blanc, et des taches moins marquées — un camouflage parfait dans les étendues de sable et de roche.

On estime qu'il ne reste qu'une centaine de guépards sahariens, dispersés entre l'Algérie, le Niger, le Mali et le Tchad. Ces fantômes du désert occupent des territoires immenses — parfois plus de 1 500 km² pour un seul individu — et se nourrissent principalement d'addax, de gazelles dorcas et de lièvres du désert. Leur activité est essentiellement crépusculaire et nocturne, une adaptation radicale par rapport à leurs cousins de la savane qui chassent en plein jour.

Le Sahara central, notamment les plateaux du Tassili n'Ajjer en Algérie et la réserve de l'Aïr et du Ténéré au Niger, constitue les derniers bastions de cette sous-espèce. L'accès à ces zones est extrêmement difficile, ce qui a paradoxalement contribué à la survie du guépard saharien en le protégeant du braconnage. Mais l'isolement des populations fragilise la diversité génétique, et le changement climatique accentue la raréfaction des proies.

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