Les Morinaceae constituaient une petite famille aujourd’hui intégrée dans les Caprifoliaceae (sous-famille des Dipsacoideae) par les classifications APG. Le genre Morina comprend environ 10 espèces. Le genre fut nommé par Tournefort en l’honneur du botaniste français Louis-Pierre Morin (mort en 1715). Les Morina sont parfois appelés « chardons de l’Himalaya » en raison de leurs feuilles épineuses, bien qu’ils ne soient pas apparentés aux vrais chardons (Asteraceae). Toutes les espèces sont originaires d’Asie, principalement de l’Himalaya et des montagnes d’Asie centrale.
Les Morina sont des plantes herbacées vivaces de 60 à 120 cm, à rosette basale persistante. Les feuilles sont opposées ou verticillées, linéaires à lancéolées, à marges garnies de longues épines acérées (rappelant les chardons ou les feuilles de houx). Les inflorescences sont des verticillastres superposés formant un épi terminal spectaculaire. Chaque fleur est tubulaire, bilabiée, de 2 à 3 cm, entourée d’un involucelle épineux. Le caractère le plus remarquable de M. longifolia est le changement de couleur des fleurs : blanches à l’ouverture, elles virent au rose puis au rouge cramoisi après pollinisation, les trois couleurs étant visibles simultanément sur le même épi. Le calice est bilabié et persiste autour du fruit (un akène).
Les Morina sont distribués de la Grèce et de la Turquie à l’Himalaya et au sud-ouest de la Chine. Le centre de diversité est l’Himalaya central et occidental, entre 2500 et 4500 mètres d’altitude. M. longifolia est l’espèce la plus répandue, du Cachemire au Népal, colonisant les prairies alpines, les pentes herbeuses et les éboulis stabilisés. M. persica se trouve dans les montagnes d’Iran et d’Afghanistan. Les Morina sont des plantes de haute altitude adaptées aux conditions extrêmes : insolation intense, gel nocturne, vent violent et sols pauvres. Le changement de couleur des fleurs signale aux pollinisateurs quelles fleurs ont déjà été visitées, optimisant ainsi l’efficacité de la pollinisation.
Comme le révèle la liste rouge de l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 45.2% des plantes sur notre planète sont menacées d'extinction à plus ou moins brève échéance.
Source : données calculées d'après les mesures fournies par l'UICN le 18 mars 2026.
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