Où voir les poissons-lunes dans le monde ?

Le poisson-lune, ou Mola mola, est le poisson osseux le plus lourd du monde, pouvant atteindre 2,3 tonnes et 3 mètres de diamètre. Cette créature à l’allure préhistorique, dont la silhouette tronquée semble inachevée, fascine les plongeurs et les biologistes marins du monde entier. Classé vulnérable par l’UICN, il fait face à des menaces croissantes liées aux prises accessoires dans les filets de pêche, qui représentent la première cause de mortalité non naturelle de l’espèce.

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Le poisson-lune fréquente les eaux tempérées et tropicales de tous les océans, effectuant des plongées profondes jusqu’à 600 mètres pour se nourrir de méduses, de salpes et de zooplancton. Il remonte régulièrement en surface pour se réchauffer et se faire déparasiter par des poissons nettoyeurs et des oiseaux marins. La pollution plastique constitue une menace insidieuse, les sacs plastiques étant confondus avec les méduses dont il se nourrit principalement.

Rencontrer un Mola mola en plongée est une expérience surréaliste que seules certaines destinations peuvent offrir avec régularité. Voici les meilleurs spots au monde pour observer ce géant des mers.

Répartition géographique du poisson-lune

Les meilleurs spots pour observer le poisson-lune

Les îles Galápagos

Les îles Galápagos : laboratoire vivant de l'évolution

Les eaux des Galápagos, à la confluence de plusieurs courants océaniques majeurs, attirent régulièrement des poissons-lunes dans leurs eaux riches en nutriments. Les sites de plongée autour des îles Darwin et Wolf, au nord de l'archipel, sont réputés pour les rencontres avec les Mola mola, particulièrement entre juin et novembre lorsque les eaux plus froides du courant de Humboldt remontent. Ces géants y viennent se faire déparasiter par les poissons nettoyeurs aux stations de nettoyage des récifs. La visibilité excellente et les courants modérés permettent des observations prolongées de ces animaux étonnamment placides face aux plongeurs. La réserve marine des Galápagos, l'une des plus grandes au monde, offre une protection intégrale à ces eaux, mais les poissons-lunes restent vulnérables lorsqu'ils quittent la zone protégée. La pêche industrielle au thon dans le Pacifique Est capture accidentellement des milliers de Mola mola chaque année dans ses filets dérivants.

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La Grande Barrière de Corail

La Grande Barrière de Corail : le plus grand organisme vivant de la planète

La Grande Barrière de Corail australienne, bien que plus connue pour ses coraux et ses requins, offre des rencontres occasionnelles mais spectaculaires avec le poisson-lune. Les eaux du sud du récif, plus tempérées, sont plus propices aux observations, notamment autour de Lady Elliot Island et des récifs extérieurs de la section de Cairns. Les Mola mola y sont observés principalement pendant l'hiver austral (juin à septembre), lorsque les eaux se refroidissent et que les courants apportent une abondance de méduses. Les plongeurs rapportent des individus de taille impressionnante, parfois accompagnés de rémoras et de poissons pilotes. L'observation est imprévisible et souvent le fruit du hasard lors de plongées prévues pour d'autres espèces. Le blanchissement corallien récurrent affecte indirectement le poisson-lune en perturbant les chaînes alimentaires du récif, même si l'espèce, pélagique par nature, est moins dépendante du récif que d'autres.

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L’océan pacifique

L’océan pacifique : biodiversité, menaces, et conservation

Le Pacifique tropical et subtropical est le bassin océanique où le poisson-lune est le plus fréquemment rencontré, grâce à la richesse planctonique de ses eaux. Bali, en Indonésie, est mondialement célèbre pour ses observations régulières de Mola mola au site de Crystal Bay, à Nusa Penida, entre juillet et octobre. Les eaux froides remontant des profondeurs attirent ces géants à des profondeurs accessibles aux plongeurs récréatifs (15 à 30 mètres). Au Japon, les côtes de la préfecture de Chiba et les eaux autour de l'île de Kamogawa sont des zones d'observation historiques. La Californie offre également des rencontres dans les eaux du parc national des Channel Islands. Le Pacifique concentre malheureusement la plus grande densité de déchets plastiques au monde, et les études de contenus stomacaux révèlent que de nombreux poissons-lunes ingèrent des fragments de plastique confondus avec leurs proies gélatineuses.

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