Avec son bec multicolore et sa silhouette de petit pingouin maladroit, le macareux moine est l’un des oiseaux marins les plus attachants de l’Atlantique Nord. Classé vulnérable par l’UICN, sa population mondiale est estimée à environ 12 millions d’individus, mais elle décline rapidement. L’Islande, qui abrite à elle seule 60 % de la population mondiale, a enregistré des échecs de reproduction catastrophiques ces dernières années.

Le macareux moine niche en colonies denses sur les falaises et les îles des côtes nord-atlantiques, de la Norvège à la Bretagne, de l’Islande au Maine. Il creuse un terrier dans la terre meuble où il pond un œuf unique. La raréfaction du lançon, son aliment principal, causée par le réchauffement des océans, menace la survie des poussins. La pollution plastique et les marées noires aggravent encore la situation.
L’été, de mai à août, les colonies de reproduction offrent un spectacle inoubliable. Voici les meilleurs sites pour observer ces oiseaux charismatiques dans leur élément.

L'Islande et la Norvège abritent les plus grandes colonies de macareux moines au monde. En Islande, les falaises de Látrabjarg, à l'extrême ouest, et les îles Vestmann (Vestmannaeyjar) concentrent des millions d'oiseaux pendant la saison de reproduction, de mai à août. Les macareux nichent dans des terriers creusés à flanc de falaise, et on peut les observer à quelques mètres de distance sans les perturber. L'île de Runde, en Norvège, héberge environ 100 000 couples et propose des sentiers d'observation aménagés. Les Lofoten norvégiennes offrent également des colonies accessibles dans un cadre spectaculaire de fjords et de montagnes. Le réchauffement de l'Atlantique Nord déplace les bancs de lançon vers le nord, obligeant les parents à parcourir des distances croissantes pour nourrir leurs poussins. En Islande, des saisons entières de reproduction ont été des échecs complets, alertant les scientifiques sur l'avenir de l'espèce.
Découvrir Les côtes d'Islande et de Norvège

L'archipel du Svalbard, territoire norvégien situé à mi-chemin entre la Norvège continentale et le pôle Nord, accueille des colonies significatives de macareux moines sur ses côtes occidentales. Les falaises de la baie de l'Isfjord et les îlots autour de Longyearbyen offrent des sites de nidification pour plusieurs milliers de couples. L'observation se fait principalement lors de croisières côtières ou de sorties en zodiac, les oiseaux étant visibles en vol au-dessus de l'eau ou posés à l'entrée de leurs terriers. Au Svalbard, les macareux bénéficient d'eaux particulièrement riches en été grâce aux courants froids de l'Arctique qui concentrent le plancton et les petits poissons. Cependant, la fonte accélérée de la banquise arctique modifie les courants et la chaîne alimentaire marine, avec des conséquences encore incertaines pour les colonies locales. Le statut de réserve naturelle de vastes portions de l'archipel offre néanmoins une protection territoriale forte.