Avec son sourire irrésistible qui lui a valu le titre de « l’animal le plus heureux du monde », le quokka est un petit marsupial herbivore endémique du sud-ouest de l’Australie-Occidentale. Classé vulnérable par l’UICN, sa population totale est estimée entre 8 000 et 17 000 individus, dont la grande majorité vit sur la petite île de Rottnest, au large de Perth. Ce wallaby miniature, pesant à peine 3 à 5 kg, est devenu une icône mondiale des réseaux sociaux grâce aux « quokka selfies », mais cette célébrité masque une réalité de conservation préoccupante.
Historiquement présent dans une grande partie du sud-ouest australien, le quokka a vu son aire de répartition continentale s’effondrer de plus de 50 % depuis la colonisation européenne. L’introduction du renard roux et du chat haret, combinée à la destruction des marécages et des sous-bois denses dont il dépend, a décimé les populations du continent. Les feux de brousse, de plus en plus intenses et fréquents avec le changement climatique, constituent une menace supplémentaire pour les populations continentales isolées.
Le quokka est l’un des rares animaux sauvages australiens que l’on peut observer de très près sans équipement ni guide spécialisé, à condition de se rendre dans son unique bastion insulaire. Voici le meilleur endroit au monde pour rencontrer cet attachant marsupial — car il n’en existe véritablement qu’un seul où l’observation est quasi garantie.

L'Australie-Occidentale est le seul endroit au monde où l'on peut observer le quokka à l'état sauvage, et Rottnest Island en est le sanctuaire absolu. Située à seulement 18 km au large de Perth, cette île de 19 km² accueille entre 10 000 et 12 000 quokkas, soit la plus grande population mondiale. Sans prédateurs terrestres introduits, les quokkas y vivent en toute quiétude et ont développé une familiarité remarquable avec les humains. Ils se promènent librement entre les habitations, les sentiers et les plages, approchant spontanément les visiteurs avec leur expression faciale naturellement souriante. L'île est accessible en ferry depuis Perth ou Fremantle, et la meilleure période d'observation s'étend toute l'année, avec un pic d'activité en fin de journée lorsque les quokkas sortent de leur repos diurne à l'ombre des buissons de Melaleuca. Sur le continent, de petites populations survivent dans les forêts d'eucalyptus et les marécages du sud-ouest, notamment dans les Two Peoples Bay Nature Reserve et les forêts de jarrah et karri entre Northcliffe et Walpole. Ces populations continentales, beaucoup plus discrètes et nocturnes que leurs cousines insulaires, sont extrêmement difficiles à observer. Les autorités australiennes imposent des amendes allant jusqu'à 300 dollars pour quiconque touche ou nourrit un quokka, car les aliments humains provoquent des infections mortelles chez ces marsupiaux au système digestif fragile. Les programmes de conservation incluent le contrôle des prédateurs introduits sur le continent et la surveillance sanitaire des populations insulaires face aux risques d'épidémies dans une population aussi concentrée.