Symbole incontesté de l’Arctique, l’ours polaire fascine par sa puissance et son adaptation extrême aux conditions glaciales. Classé vulnérable par l’UICN, il ne reste qu’environ 26 000 individus dans le monde, répartis en 19 sous-populations distinctes. Ce super-prédateur, dont la survie dépend entièrement de la banquise, est devenu l’emblème de la lutte contre le réchauffement climatique, chaque degré supplémentaire menaçant directement son habitat de chasse.
L’ours polaire vit exclusivement dans les régions circumpolaires arctiques, du Canada à la Russie en passant par la Norvège et le Groenland. La fonte accélérée de la banquise estivale réduit chaque année sa période de chasse aux phoques, le forçant à jeûner plus longtemps et compromettant la survie des oursons. Les modèles climatiques prévoient un déclin de 30 % de la population d’ici 2050 si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites.
Malgré ces menaces, quelques destinations offrent encore des opportunités exceptionnelles d’observer ces géants blancs dans leur environnement naturel. Voici les meilleurs endroits au monde pour rencontrer l’ours polaire en toute sécurité.

L'archipel du Svalbard, territoire norvégien situé à moins de 1 000 km du pôle Nord, abrite l'une des populations d'ours polaires les plus accessibles au monde, estimée à environ 3 000 individus — soit plus que la population humaine locale. Les eaux glacées entourant le Spitzberg offrent une banquise saisonnière idéale pour la chasse aux phoques annelés et barbus. Les expéditions en bateau, principalement organisées entre juin et septembre, permettent d'approcher les ours à distance respectueuse le long des côtes nord et est de l'archipel. La lumière permanente du soleil de minuit offre des conditions d'observation et de photographie remarquables. Le Svalbard fait l'objet d'une réglementation stricte : tout visiteur quittant Longyearbyen doit être équipé d'un fusil de protection, et les guides certifiés veillent au respect des distances minimales. Le réchauffement y est trois fois plus rapide que la moyenne mondiale, réduisant la durée de la banquise côtière et forçant les ours à parcourir des distances toujours plus grandes.
Découvrir L'archipel du Svalbard

La baie d'Hudson, au nord du Manitoba canadien, est mondialement connue comme la « capitale mondiale de l'ours polaire ». Chaque automne, entre octobre et novembre, environ 900 ours se rassemblent près de Churchill en attendant que la baie gèle pour reprendre la chasse aux phoques. Ce phénomène de concentration est unique au monde et offre des opportunités d'observation terrestres exceptionnelles à bord de véhicules toundra spécialement conçus. Les ours, relativement habitués à la présence humaine encadrée, peuvent être observés à quelques mètres seulement. La région accueille également des femelles avec leurs oursons sortant de leurs tanières en février-mars. Cependant, la baie d'Hudson est l'une des zones où le réchauffement frappe le plus durement : la banquise se forme de plus en plus tard et fond de plus en plus tôt, raccourcissant la saison de chasse critique. Les ours de la population occidentale de la baie d'Hudson ont déjà diminué de près de 30 % depuis les années 1980.