Où voir les okapis dans le monde ?

L’okapi, avec ses rayures zébrées sur les pattes et sa robe brun velouté, est l’un des mammifères les plus énigmatiques d’Afrique. Découvert par la science occidentale seulement en 1901, ce parent discret de la girafe est classé en danger par l’UICN. Sa population sauvage est estimée entre 10 000 et 35 000 individus — une fourchette large qui témoigne de la difficulté à recenser cet animal fantôme dans les forêts impénétrables qu’il habite.

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L’okapi est endémique des forêts tropicales humides du nord-est de la République démocratique du Congo. Il vit dans la forêt d’Ituri, l’une des plus anciennes et des plus denses d’Afrique, à des altitudes comprises entre 500 et 1 500 mètres. L’instabilité politique chronique de la région, les activités minières illégales, le braconnage et la déforestation constituent des menaces permanentes. Les gardes du parc risquent régulièrement leur vie pour protéger cet animal unique au monde.

Un seul site au monde permet d’espérer croiser un okapi sauvage. Cette réserve, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, est le sanctuaire de la girafe des forêts.

Répartition géographique de l'okapi

Les meilleurs spots pour observer l'okapi

Le bassin du Congo

Le bassin du Congo : poumon vert de l'Afrique

Le bassin du Congo, et plus précisément la Réserve de faune à okapis (RFO) dans la forêt d'Ituri, est le seul endroit sur Terre où l'on peut espérer observer un okapi à l'état sauvage. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1996, cette réserve de 13 700 km² abrite environ un cinquième de la population mondiale d'okapis. L'animal est extrêmement discret : solitaire, silencieux et doté d'une ouïe exceptionnelle, il détecte les intrus bien avant d'être aperçu. Les pisteurs pygmées Mbuti et Efe, qui connaissent la forêt depuis des millénaires, sont les guides indispensables pour repérer les traces fraîches — empreintes dans la boue, branches brisées à hauteur caractéristique, crottes révélatrices. La station de recherche d'Epulu, au cœur de la réserve, est le centre névralgique de la conservation de l'okapi. Elle a survécu à une attaque de miliciens en 2012 qui a détruit les installations et tué 14 okapis captifs, un traumatisme dont la communauté de conservation ne s'est jamais remise. Aujourd'hui, les gardes formés par l'ONG Okapi Conservation Project patrouillent la réserve malgré des conditions de sécurité difficiles. L'écotourisme y est embryonnaire mais porteur d'espoir : chaque visiteur contribue à financer la protection de ce sanctuaire irremplaçable et à démontrer la valeur économique de la forêt intacte face aux intérêts miniers et forestiers.

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