Le mandrill, avec son visage spectaculairement coloré de bleu et de rouge et son pelage olivâtre, est le plus grand et le plus flamboyant de tous les singes. Classé vulnérable par l’UICN, sa population sauvage est estimée à quelques dizaines de milliers d’individus, mais ce chiffre reste très incertain en raison de la difficulté à recenser cette espèce dans les forêts denses qu’elle habite. Les hordes de mandrills comptent parfois plus de 600 individus, formant les plus grands rassemblements de primates non humains sur Terre.
Le mandrill est endémique des forêts tropicales humides d’Afrique équatoriale occidentale, du sud du Cameroun au Congo en passant par la Guinée équatoriale et le Gabon. Il dépend entièrement de la canopée dense et du sous-bois riche en fruits, graines et invertébrés. L’exploitation forestière industrielle, l’ouverture de routes en forêt qui facilite le braconnage, et la chasse pour la viande de brousse sont ses principales menaces. Le Gabon abrite probablement la plus grande population résiduelle.
Observer des mandrills sauvages est une expérience rare et exigeante, car ces primates vivent au cœur de forêts parmi les plus inaccessibles d’Afrique. Un site se distingue néanmoins pour offrir cette rencontre exceptionnelle.

Le bassin du Congo, et en particulier les forêts du Gabon, du sud du Cameroun et de la République du Congo, est l'unique habitat du mandrill sur Terre. Le parc national de Lopé, au Gabon, est le site le plus accessible et le mieux étudié pour l'observation de cette espèce. Le Mandrillus Project, basé à Lopé depuis 2012, suit plusieurs hordes habituées à la présence humaine, permettant des rencontres exceptionnelles dans la forêt de transition entre savane et canopée dense. Les hordes de Lopé comptent jusqu'à 800 individus, se déplaçant silencieusement à travers le sous-bois comme une armée de couleurs vives. Le parc national de Moukalaba-Doudou, au sud du Gabon, offre également des opportunités grâce aux efforts de pistage des guides locaux. L'observation exige patience et condition physique : il faut parfois marcher plusieurs heures en forêt humide, guidé par les cris graves et les froissements de feuilles. La certification FSC de certaines concessions forestières autour de Lopé impose des zones tampons protégeant les corridors de déplacement des mandrills, un modèle de coexistence entre exploitation forestière et conservation. Le tourisme naissant dans ces régions représente un espoir économique alternatif au braconnage pour les communautés locales.