Le diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii) est le plus grand marsupial carnivore encore vivant, après l’extinction du thylacine en 1936. Reconnaissable à ses cris stridents et à sa mâchoire capable de broyer les os, ce charognard nocturne ne pèse que 8 à 14 kg mais possède la morsure la plus puissante de tous les mammifères rapportée à sa taille. Classé En danger par l’UICN, sa population sauvage a chuté de plus de 80 % depuis 1996 à cause d’une tumeur faciale transmissible unique en son genre.
Endémique de Tasmanie, le diable a disparu du continent australien il y a environ 3 000 ans, probablement en raison de la compétition avec le dingo. La maladie tumorale faciale du diable (DFTD), un cancer contagieux transmis par morsure, a décimé les populations depuis sa découverte en 1996. Des programmes de reproduction en captivité et des réintroductions sur le continent australien — notamment dans un sanctuaire de Nouvelle-Galles du Sud en 2020 — offrent un espoir fragile.
Pour observer le diable de Tasmanie dans son habitat naturel, il faut se rendre en Australie. Voici les meilleurs spots pour rencontrer cet emblème unique de la faune australienne.

La Tasmanie est le seul endroit au monde où le diable de Tasmanie vit encore à l'état sauvage. Les forêts tempérées humides du nord-ouest — notamment les parcs nationaux de Cradle Mountain-Lake St Clair et de Narawntapu — offrent les meilleures chances d'observation. Le diable est strictement nocturne : les excursions guidées au crépuscule, utilisant des postes d'alimentation contrôlés, permettent d'observer les interactions sociales fascinantes autour des carcasses, ponctuées de leurs cris caractéristiques. La péninsule de Tasman, dans le sud-est, abrite une population encore relativement épargnée par la DFTD. Le Trowunna Wildlife Sanctuary propose des visites éducatives combinant animaux en semi-liberté et informations sur les programmes de conservation. Le défi central reste la DFTD, qui a réduit la population de 150 000 à moins de 25 000 individus. Des recherches prometteuses sur un vaccin et l'émergence de résistances naturelles dans certaines populations laissent espérer une stabilisation.
Découvrir Les forêts de Tasmanie

Depuis 2020, le diable de Tasmanie a été réintroduit sur le continent australien pour la première fois en 3 000 ans, dans le sanctuaire clôturé de Barrington Tops en Nouvelle-Galles du Sud. Ce programme pionnier, mené par Aussie Ark en partenariat avec Global Wildlife Conservation, a relâché 26 individus issus de populations exemptes de DFTD. Les forêts d'eucalyptus du continent offrent un habitat comparable à la Tasmanie, avec une abondance de proies — wallabies, possums, oiseaux nichant au sol. D'autres sites de réintroduction sont prévus dans des sanctuaires protégés du sud-est australien. L'objectif est de créer des populations de sauvegarde génétiquement diversifiées, à l'abri de la tumeur faciale. Le principal défi sur le continent reste la présence de prédateurs introduits — renards et chats sauvages — qui imposent le recours à des enclos protégés. Le suivi par colliers GPS permet de surveiller l'adaptation de ces pionniers à leur nouvel environnement.