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Biodiversité



Qu'est ce que la biodiversité ?





Le mot biodiversité est la contraction de « diversité biologique ». L'expression biological diversity a été inventée par Thomas Lovejoy en 1980 tandis que le terme biodiversity lui-même a été inventé par Walter G. Rosen en 1985.


Le mot biodiversité est devenu à la mode. Il est beaucoup repris dans les médias, par certaines sociétés,… Mais savez-vous réellement ce qui se cache derrière ce mot ?

Le mot biodiversité est la contraction de « diversité biologique ». L'expression biological diversity a été inventée par Thomas Lovejoy en 1980 tandis que le terme biodiversity lui-même a été inventé par Walter G. Rosen en 1985.

La biodiversité est la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes.


Les niveaux d’organisation


La biodiversité intègre donc plusieurs niveaux d’organisations la diversité infra-spécifique, la diversité spécifique et la diversité écosystémique.

La diversité infra-spécifique (ou diversité au sein des espèces) s’exprime au niveau de la variabilité qui s’exerce au niveau du patrimoine génétique au sein d’une espèce ou d’une population. La variabilité génétique permet aux espèces de s’adapter aux variations des conditions environnementales.  Cette diversité génétique est très menacée.

La diversité spécifique correspond à la diversité des espèces présentes sur terre. Cela s’exprime par le nombre d’espèces vivantes, la position des espèces dans la classification du vivant, et la répartition en nombre d’espèces par unités de surface et les effectifs de chaque espèce.

La diversité écosystémique est la diversité des habitats ou des écosystèmes présents. Les écosystèmes sont des ensembles d’organismes vivants qui forment une unité fonctionnelle par leurs interactions (déserts, forêts, océans…). La diversité écosystémique caractérise la variabilité des écosystèmes, leur dispersion sur la planète et leurs relations structurelles et fonctionnelles. Les espèces qui les peuplent remplissent des rôles fonctionnels.


Combien d’espèces sur terre ?


Il n’est pas possible de répondre à cette question puisque la majorité des espèces sont encore méconnues. Un certain nombre d’entre elles s’éteindront avant que l’on puisse les découvrir.

Actuellement, plus de 1 560 000 espèces sont connues sur terre. De nombreuses estimations ont été réalisées pour essayer de déterminer le nombre d’espèces sur terre, mais le nombre réel d’espèces est très difficile à estimer comme en témoigne les chiffres avancés : ils varient de 5 millions à plus de 110 millions d’espèces ! On parle la plupart du temps d’une fourchette entre 5,5 millions et 20 millions d’espèces.



Groupe Espèces connues Espèces estimées
Virus 5 000 500 000
Bactéries 4 000 400 000
Champignons 70 000 1 000 000
Protozoaires 40 000 200 000
Végétaux 250 000 300 000
Vertébrés 45 000 50 000
Nématodes 15 000 500 000
Mollusques 70 000 200 000
Crustacés 40 000 150 000
Arachnides 75 000 75 000
Insectes 950 000 8 000 000

La biodiversité dans le monde


Les scientifiques ont défini 34 hotspots ou « points chaud » de biodiversité. Cela correspond à des zones qui présentent à la fois une forte richesse en espèces et un taux d’endémisme élevé, et pour lesquelles cette biodiversité semble menacée à court terme.

Les 34 hotspots représentent 1,4 % des terres émergées de la planète (soit 2,1 million de km²). On y retrouve 44 % des végétaux vasculaires et 35 % des espèces des quatre principaux groupes de vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens).  La conservation de ces 1,4 % de terres permettrait donc de conserver un nombre important d’espèces.

Paradoxalement, alors que ces zones contiennent un maximum de biodiversité, elles abritent également une densité humaine plus élevée que les autres. La densité de population est ainsi supérieure de 71 % à la moyenne mondiale. Dans la majorité des hotspots, la population humaine est encore en pleine expansion avec un taux de croissance supérieure à la tendance mondiale. Au vu de ces éléments, on comprend bien que l’impact humain est un enjeu majeur et croissant sur une proportion importante de la biodiversité.


La biodiversité en France


La France possède des richesses naturelles importantes grâce à :

(i) sa grande variabilité géologique et climatologique qui procurent des conditions écologiques très diversifiées (la France accueille 4 des 6 principales zones biogéographiques européennes : atlantique, continentale, méditerranéenne et alpine) ;

(ii) la situation géographique à l’ouest de l’Europe constitue un véritable carrefour biologique pour les migrations nord sud (Europe / Afrique) et les échanges entre la Méditerranée occidentale et orientale.

La France est le seul pays à être présent dans 5 des 34 hotspots de la biodiversité (Méditerranée, Caraïbes, Océan Indien, Nouvelle-Calédonie, Polynésie). Ceci essentiellement grâce à la présence de la France dans de nombreuses zones du monde à travers ses territoires d’outre-mer qui lui offre une présence dans  trois océans différents (Atlantique, Pacifique, Océan) source d’une très grande diversité écologique.
On y trouve ainsi 3450 plantes et 380 vertébrés endémiques, soit plus que toute l’Europe continentale.

Le milieu marin d’outre-mer couvre une énorme superficie : 11 millions de km², soit 19 fois la superficie de la France métropolitain et plus de 3 % des mers et océans du monde. Il regroupe une richesse biologique exceptionnelle, notamment par la présence de quelque 55 000 km² récifs coralliens et lagons. Mais lesrécifs coralliens sont endommagés à hauteur de 10 à 80 % selon les régions.

De nombreuses menaces pèsent sur la diversité française, la France est ainsi au 4ème rang mondial des espèces animales menacées et au 9ème rang pour les plantes selon le livre rouge de l’IUCN. Un quart du territoire métropolitain est considéré comme écologiquement important, mais seulement 1,2 % est protégé par une zone cœur de parc national ou une réserve naturelle !

Et seulement 0,0001 % du domaine maritime français bénéficie du statut d’aire marine protégée !

 La flore de France

 La métropole héberge 4900 espèces de plantes autochtones dont 353 espèces ou sous espèces endémiques. Cela en fait le troisième pays européen d’un point de vue richesse floristique. On peut rajouter à ce chiffre les 1100 espèces introduites.
486 des espèces autochtones (soit environ 10 %) sont menacées d’extinction : 97 sont en danger (en passe de disparaître ou dont la survie est peu probable si les facteurs responsables continuent à agir), 290 sont vulnérables (rentrera prochainement dans la catégorie « en danger » s’il y a persistance des menaces) et 70 sont rares (pas actuellement « en danger » ou « vulnérable » mais, les populations mondiales étant faibles, courent néanmoins des risques). La France assure une mesure de protection nationale pour 429 espèces. A ceci il faut rajouter la protection régionale pour 21 régions, ces listes vont de 62 espèces en Corse à 294 en PACA.

Pour démontrer l’importance des régions d’outre-mer, un seul exemple, celui de la Guyane avec 5350 espèces de plantes autochtones dont 151 endémiques. La Guyane, et ses 7 millions d’hectares de forêt tropicale, abrite plus d’espèces végétales que la France métropolitaine !


La faune de France

La France métropolitaine abrite 950 espèces de vertébrés (dont 112  espèces de mammifères, 365 espèces d’oiseaux, 37 espèces de reptiles, 35 espèces d’amphibiens, 390 espèces de poissons et 4 espèces de cyclostomes) et 39738 espèces d’invertébrés. La faune introduite s’élèverait à 157 espèces dont 54 espèces de vertébrés (dont la moitié de poissons).
199 espèces de vertébrés sont menacées d’extinction (dont 109 espèces d’oiseaux et 32 espèces de mammifères) et 231 espèces sont à surveiller ou voient leurs effectifs décroître. Le degré de menace de la plupart des espèces d’invertébrés est inconnu.

La France assure une protection nationale pour 524 espèces de vertébrés, principalement pour les oiseaux avec 364 espèces protégées et les mammifères avec 68 espèces protégées. Concernant les invertébrés, 106 espèces d’insectes, 3 espèces de crustacés, 60 espèces de mollusques et une espèce d’échinoderme font l’objet d’une protection nationale.

La Guyane témoigne également de sa forte diversité écologique pour la faune, avec 718 espèces d’oiseaux nicheurs (275 en métropole), 183 espèces de mammifères terrestres, 480 espèces de poissons d’eau douce (dont 40% sont endémiques strictes), 158 espèces de reptiles terrestres (contre 37 en métropole)…
Pour résumer, il y a 3,5 fois plus de mollusques, plus de 100 fois plus de poissons d’eau douce et 60 fois plus d’oiseaux endémiques en outre-mer qu’en métropole. 


Les habitats français à protéger


Conserver les espèces animales et végétales individuellement ne suffit pas, il est important de préserver les habitats et de veiller à maintenir une diversité d’habitats. La diversité d’habitats est essentielle pour préserver un maximum d’espèces mais également car de nombreuses espèces animales ont besoin de plusieurs habitats différents pour assurer leur survie. Les principaux grands types sont détaillés ci-dessous.

Les forêts sont actuellement en expansion en France du fait de la déprise agricole mais leur qualité écologique, l’équilibre des espèces et leur fragilité doivent être surveillées.

Les landes, prairies et pelouses (milieux ouverts) sont d’une grande richesse écologique mais leur régression actuelle est préoccupante, et doit être enrayée pour maintenir ce groupe hétérogène d’habitats.

Les zones humides sont un habitat historiquement menacé et soumis à de forts impacts anthropiques, bien qu’abritant une importante richesse.

Les habitats côtiers sont d’une grande richesse écologique mais également d’une importante fragilité. Ils sont menacés par une très forte pression anthropique.

Les eaux douces sont principalement menacées par les pollutions physiques et chimiques qu’il faut absolument enrayer.  

Les rochers et éboulis sont très menacés par la fréquentation humaine alors qu’ils abritent la plupart du temps des espèces endémiques ou d’intérêt patrimonial fort.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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