Certains fruits et légumes contiennent aujourd’hui un peu moins de vitamines et de minéraux qu’au milieu du XXe siècle. La baisse est réelle, mais elle ne touche qu’une partie des nutriments, varie d’une culture à l’autre et reste modeste : un légume d’aujourd’hui n’est pas un aliment « vide ». Les travaux de référence chiffrent un recul d’environ 6 à 38 % pour une poignée d’éléments depuis 1950, sous l’effet de deux facteurs principaux : des variétés sélectionnées pour le rendement et la hausse du CO₂ dans l’air.
Rien là-dedans ne justifie de bouder les fruits et légumes : ils restent parmi les aliments les plus bénéfiques, et le vrai enjeu est surtout d’en manger assez. L’assiette passe donc avant tout : fraîche, locale et variée. Mais lorsque le rythme de vie laisse des trous dans les apports, une multivitamine bien formulée peut compléter utilement l’alimentation : vitamine C, fer et magnésium contribuent notamment à un métabolisme énergétique normal et à réduire la fatigue.

Une analyse de référence a comparé les données nutritionnelles américaines (USDA) de 1950 et de 1999 pour 43 cultures, surtout des légumes. Elle conclut à une baisse fiable pour six nutriments précis : protéines, calcium, phosphore, fer, vitamine B2 et vitamine C. C’est la riboflavine (B2) qui recule le plus, de près de 38 %. À poids égal, une portion en apportait donc un peu moins à la fin du siècle qu’à son milieu.
La nuance compte : cette baisse apparaît à l’échelle de l’ensemble des cultures. Pour un légume précis, les données sont souvent trop incertaines pour conclure ; certains nutriments n’ont pas bougé, et près d’un quart des variations vont même dans l’autre sens. La bonne lecture n’est donc pas « les légumes sont vides », mais « la teneur de certains nutriments a glissé vers le bas, en moyenne ».
L’explication la plus solide tient au choix des variétés. Depuis les années 1950, on a sélectionné des plantes qui poussent plus vite et produisent davantage : elles grossissent et se gorgent d’eau et d’amidon, mais minéraux et vitamines ne suivent pas toujours. C’est l’« effet de dilution » : un fruit plus gros n’est pas un fruit plus riche, la même quantité de nutriments répartie dans un plus grand volume faisant baisser la concentration. S’y ajoute un critère commercial : transport, bel aspect et goût sucré ont souvent primé sur la richesse nutritionnelle.
Deuxième cause, mieux établie qu’on ne le croit : la hausse du dioxyde de carbone (CO₂) dans l’air. Plus de CO₂ pousse les plantes, dont le blé et le riz, à produire plus de sucres et d’amidon, ce qui dilue d’autant leurs minéraux, protéines et micronutriments. Sous le taux de CO₂ attendu au milieu du siècle, céréales et légumineuses perdent ainsi du zinc, du fer et des protéines ; une méta-analyse de près de 8 000 mesures sur 130 espèces chiffre la baisse moyenne des minéraux à environ 8 %. Quant au sol « épuisé » souvent incriminé, les preuves directes manquent : les pratiques intensives jouent sans doute, mais bien moins que les variétés et le CO₂.
La baisse, modeste, ne renverse pas la hiérarchie : en manger davantage compense largement une teneur un peu plus basse par portion. Le vrai problème de santé publique n’est d’ailleurs pas que les légumes soient « moins riches », mais qu’on en mange trop peu. Réduire sa consommation par peur d’un appauvrissement serait l’erreur exactement inverse de ce que conseille la science.
Information importante. Cet article est une information générale et ne remplace pas un avis médical. En cas de fatigue persistante, de doute sur une carence ou de besoin spécifique (grossesse, régime particulier, traitement), parlez-en à un professionnel de santé.
La teneur ne se joue pas qu’au champ : fraîcheur, stockage et cuisson comptent autant. Quelques réflexes limitent les pertes une fois le panier rempli :
La méta-analyse la plus complète à ce jour, fondée sur des centaines d’études, donne des repères concrets. En moyenne, les cultures bio contiennent davantage d’antioxydants et bien moins de résidus de pesticides (environ quatre fois moins fréquents), ainsi que moins de cadmium, un métal toxique. En revanche, pour les vitamines et minéraux courants (vitamine C, fer, potassium…), les écarts restent faibles. Le bio est donc un plus côté antioxydants et pesticides, mais manger varié et frais compte davantage. Et quand l’alimentation laisse des manques (emploi du temps chargé, appétit réduit, fatigue passagère), un complément peut prendre le relais sur certains apports, sans remplacer une assiette variée.
Références recherchées et vérifiées dans PubMed (NIH) ; la conclusion réelle de chaque étude a été lue avant citation.