Comment sont gérés nos déchets ?

Consommer mieux, c’est apprendre à limiter notre impact sur l’environnement et admettre que malgré des siècles d’évolution, notre survie dépendra toujours de celle de la nature. Pour l’Homme elle est une source extraordinaire de nourriture, de matériaux et de richesses en tous genres qui ont donné naissance au fil des siècles à de formidables découvertes. Et puis, à l’heure de l’urbanisation massive, la nature est aussi un moyen de changer de rythme et de se recentrer sur l’essentiel. Pourtant, il devient de plus en plus difficile de se couper même un instant de nos sociétés humaines.

La pollution visible et invisible tirée de nos activités fait son chemin même dans les zones les plus reculées de la planète. Et puisque notre développement va se poursuivre, la gestion de nos déchets devient l’une des principales problématiques de demain.  

Quels sont les modes de gestion utilisés aujourd’hui ? Quels nouveaux projets sont envisagés ? Comment soutenir la transition vers une gestion plus responsable à l’échelle individuelle ? C’est ce que nous allons découvrir dans ce nouveau sujet. 

Les différents types de déchets

Tout d’abord, selon la définition proposée par l’Union Européenne, un déchet désigne «toute substance ou tout objet dont le détenteur se défait ou dont il a l’intention ou l’obligation de se défaire». Nous utilisons au quotidien une multitude d’objets dans le cadre de nos activités ou de notre vie personnelle. Une fois leur mission remplie, nous nous en débarrassons. Les produits deviennent alors des déchets, et se répartissent de manière générale en quatre grandes catégories. 

Il y a tout d’abord les déchets agricoles qui arrivent en première place avec 375 millions de tonnes jetées chaque année. On y retrouve les déchets de forêts, de culture ou d’élevage tels que le marc de raisin, les déchets de fruits, de légumes ou ceux liés à l’industrie de la viande par exemple. La plupart sont biodégradables et peuvent être réutilisés pour l’engrais et la nourriture du bétail sans passer par la case déchet.

Viennent ensuite les déchets du bâtiment avec 130 millions de tonnes annuelles. La plupart d’entre eux se composent de gravats de démolition tels que des briques ou des blocs de béton. Ils sont considérés comme inertes c’est-à-dire qu’ils ne sont pas dangereux pour l’environnement. En revanche, ils ne se décomposent pas ce qui pose forcément problème sur le long terme au vu de leur quantité. 

Les déchets industriels et commerciaux représentent quant à eux 98 millions de tonnes chaque année et englobent le bois, le papier, le carton, la ferraille parmi bon nombre d’autres matières. 

Nos déchets ménagers arrivent en quatrième position avec 47 millions de tonnes qui vont des restes d’aliments aux emballages en passant par les flacons et les magazines. Certains peuvent aussi se révéler potentiellement dangereux pour l’Homme et l’environnement. C’est le cas des piles, des ampoules, des peintures et des produits chimiques divers, également utilisés dans le secteur de l’industrie. 

En France, c’est l’État qui détermine la prise en charge de tous les types de déchets. 

En revanche, les collectivités territoriales n’ont pour obligation de s’occuper que de nos déchets ménagers. Ceux issus des activités économiques restent sous la responsabilité de leurs producteurs respectifs qui doivent alors faire appel à des prestataires privés ou mettre en place des procédures de tri et de réemploi de manière individuelle. 

Ce qui pose particulièrement problème aujourd’hui, au-delà des méthodes employées, c’est la proportion colossale de déchets que nous générons chaque jour. 

La population augmente, les villes se développent, les modes de consommation évoluent et en conséquence, les déchets deviennent à la fois de plus en plus nombreux et de moins en moins biodégradables. Poussés par les comportements des consommateurs, beaucoup de fabricants vont même jusqu’à diminuer volontairement la durée de vie de leurs produits en intégrant des pièces de qualité médiocre pour inciter à acheter à nouveau. C’est ce que l’on appelle l’obsolescence programmée. La pratique est punie par la loi depuis 2015 mais témoigne de notre société actuelle qui pousse à consommer et à jeter sans considération pour le cycle de vie du produit.  

Les chiffres clés

Résultat, la masse des déchets progresse plus vite que n’importe quelle autre source de pollution environnementale, y compris les gaz à effet de serre. Chaque année, le monde doit faire face à 2,1 milliards de tonnes de déchets solides dont 33 % ne sont pas gérés de manière respectueuse de l’environnement. Et l’on estime que le chiffre devrait augmenter de 70 %, pour atteindre les 3,4 milliards de tonnes d’ici à 2050. 

D’un point du vue économique, on remarque que les pays à revenus élevés ne comptent que pour 16 % de la population mondiale mais produisent à eux seuls près d’un tiers de la totalité des déchets de la planète. La palme du mauvais élève revient à l’Asie Orientale et Pacifique mais en France, chaque habitant produit tout de même en moyenne 590 kg de déchets par an. Et la production continue de croître d’environ 1 % chaque année. 

Dans les pays à faible revenu, seuls 48 % des ordures sont collectées dans les villes, et 26 % dans les zones rurales. Beaucoup déchets y sont simplement brûlés sur place ou abandonnés à l’air libre, ce qui favorise les infections respiratoires et autres maladies. 

Quant aux pays à revenus élevés, ils disposent bien sûr de systèmes de collecte et de gestion bien plus performants mais totalement insuffisants. Pendant des années, des milliers de conteneurs chargés de déchets à recycler ont quitté l’Europe et les États-Unis en direction de l’Asie du Sud Est où le traitement coûte nettement moins cher. Jusqu’à récemment, la France elle-même envoyait 50 % de ses déchets plastiques triés vers la Chine. Les choses se poursuivent encore aujourd’hui mais Pékin tout comme la Malaisie, l’Indonésie ou les Philippines ont nettement durci leurs conditions d’importation pour ne plus être les poubelles des pays occidentaux. Conséquence, plus d’ordures à gérer sur notre territoire et des déchets recyclables simplement brûlés ou mis à la décharge faute d’équipements adaptés.

Malgré tout, les pays poursuivent leur développement et oublient souvent de s’équiper de systèmes essentiels pour faire face à la progression des déchets, et à leur évolution. C’est la raison pour laquelle les pays à revenu intermédiaire sont à surveiller de près, car ce sont eux qui devraient connaître la plus forte progression du volume de leurs déchets dans les années à venir. Celle-ci devrait être multipliée par trois en Afrique subsaharienne et par deux en Asie du Sud d’ici à 2050.  

Poids sur l’environnement

Avec bien entendu des conséquences désastreuses sur toute la biodiversité. Pour rappel, un simple mouchoir en papier jeté dans la nature met environ 3 mois pour se dégrader tandis qu’un chewing-gum met en moyenne 5 ans. D’autres déchets tels que les piles contiennent des produits hautement toxiques qui s’infiltrent dans les sols jusqu’aux nappes phréatiques dans lesquelles nous puisons notre eau. Les rejets humains sont la première cause de pollution de l’eau douce.

Et si 80 % de la pollution actuelle des océans provient des terres, c’est que bon nombre de nos déchets mal gérés ou abandonnés en pleine nature, finiront leur course dans les eaux de la planète. Transportés par les vents, acheminés par les cours d’eau, c’est la longue route qui entraînera nos objets du quotidien à sortir du système de traitement. 

Quant au plastique, il représente aujourd’hui 90 % des déchets marins et sa production pourrait demain représenter 15 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Les déchets non ou mal gérés participent ainsi à l’érosion des sols, à la pollution de l’air, de l’eau. Ils intoxiquent la faune qui peuple l’habitat dans lequel ils se trouvent et ils constituent pour les pays un vrai frein à la croissance économique puisqu’il faut bien dépolluer, améliorer la potabilité de l’eau et rebooster l’attractivité des zones dégradées. Ce qui a forcément un coût. Et pourtant, ce ne sont pas les moyens de gestion des déchets qui manquent.

Modes de gestion classiques des déchets

La gestion des déchets englobe à la fois leur collecte, leur transport et les étapes de traitement jusqu’à leur élimination ou leur valorisation. 

Une fois jetés à la poubelle puis collectés par les services de gestion des ordures, 26 % de nos déchets seront acheminés dans des centres de stockage, ou décharges. Là, ils seront compactés puis enfouis ou laissés à ciel ouvert pour se décomposer progressivement au fil du temps. Autrement dit, la solution n’a rien de durable puisque la quantité de déchets n’est absolument pas réduite. Leur dégradation libère en revanche du méthane dans l’air, considéré comme hautement toxique et reconnu pour être un important gaz à effet de serre.

32 % de nos déchets seront plutôt incinérés à très haute température. Il y a déjà du mieux ici puisque les déchets disparaissent et que l’énergie générée durant le processus est souvent réutilisée pour le chauffage urbain, ou pour produire de l’électricité. Les résidus solides obtenus après l’incinération permettent aussi d’obtenir ce que l’on appelle du mâchefer, une sorte de béton utilisé comme matériau de construction. C’est la valorisation des déchets. Malheureusement, cette méthode libère des fumées toxiques qui doivent ensuite être traitées sous peine de polluer encore les sols, l’air et les eaux. 

Recyclage des déchets

Le recyclage n’arrive qu’en troisième position avec 26 % seulement de déchets recyclés en France. Nos poubelles contiennent pourtant une vaste part de produits recyclables qui mériteraient d’être réintroduits dans de nouvelles chaînes de production. Cela permettrait à la fois de réduire la quantité de déchets produits mais aussi d’économiser des matières premières et d’éviter l’émission de près de 20 millions de tonnes de CO2 par an. 

Plus concrètement, une fois déposés dans le bac à recyclage, les déchets sont acheminés vers les centres de tri où ils seront séparés puis traités individuellement. Une fois lavés, broyés et séchés, les déchets sont prêts à donner vie à de nouveaux produits. Par exemple, on fabrique des vélos à partir de canettes en aluminium, du papier recyclé avec de vieux cartons et même des vêtements en polaire à partir d’un certain type de plastique. 

Quant au verre, il est l’un des seuls matériaux à se recycler à l’infini, et à 100 %. Les autres ne pourront se recycler qu’un nombre de fois limité avant d’arriver définitivement en fin de vie. Et puis dans la plupart des cas, même les produits fabriqués à partir de matières recyclées nécessiteront aussi un certain apport de matières neuves. Le papier recyclé intègre par exemple 46 % de fibres nouvelles. Autres aspects négatifs, le processus coûte cher, près de 74 millions d’euros par an, et la France est encore sous-équipée en unités de recyclage. À cela s’ajoute le fait que trop peu de foyers français pratiquent le tri sélectif de manière systématique. Une large partie des déchets qui pourraient être recyclés viennent ainsi grossir la proportion des déchets incinérés ou placés en décharge. 

Tri sélectif des déchets

Seuls 51 % des ménages prennent aujourd’hui la peine de réaliser le tri sélectif, ce qui reste quand même encourageant car le chiffre est en hausse. Il faut tout de même reconnaître que les consignes de tri indiquées sur les emballages ne sont pas toujours évidentes. De façon générale, quatre bacs différents servent à accueillir nos déchets. 

La poubelle jaune tout d’abord, dédiée au recyclage, dans laquelle nous mettrons entre autres nos bouteilles et nos flacons en plastique, les briques alimentaires, les boîtes en carton, les boîtes de conserve, les emballages en carton, les papiers, les canettes, les bombes aérosol vides et les barquettes en aluminium. On pourra éventuellement retirer les bouchons des bouteilles pour les donner à des associations. 

La poubelle verte est dédiée au verre. Bouteilles d’alcool, de jus de fruits, pots de confiture, petits pots de bébé, tout devra être le plus propre possible et sans couvercle.

La poubelle bleue se rencontre un peu moins fréquemment mais vise à contenir les journaux et les magazines. La plupart des communes en mettent à la disposition de leurs habitants, tout comme les bacs à verre. 

La poubelle classique enfin, avec son couvercle vert foncé le plus souvent, accueillera tout ce qui ne se recycle pas. Les pots de yaourt, les restes de repas, les couches mais aussi les papiers et les cartons humides.  

À la maison, il suffira de placer des sacs à côté de sa poubelle ordinaire pour que chaque déchet puisse prendre la bonne destination. Pour une gestion optimale, certains objets particuliers tels que les équipements électriques, les produits toxiques, les encombrants pourront être transportés directement en déchetterie. Les piles et ampoules seront déposées en grande surface, les médicaments seront rapportés au pharmacien. 

Quant aux déchets verts, on les utilisera pour faire notre compost et bien d’autres choses encore.

Valorisation des déchets

Il faut dire que ces déchets organiques issus de la cuisine ou du jardin représentent la plus grande partie, soit 29 % du volume total de nos poubelles. Dommage lorsque l’on sait que ce type de déchet peut être facilement transformé pour servir à d’autres usages. Au total, les déchets verts peuvent être valorisés de trois manières différentes : 

  • Par le compostage, au terme duquel nos déchets sont transformés en un excellent engrais naturel.
  • Par méthanisation, similaire au compostage mais pratiquée sans oxygène et qui permet d’obtenir un mélange de méthane et de gaz carbonique. C’est le biogaz, que l’on utilise aujourd’hui pour produire de la chaleur, de l’électricité ou comme carburant. En ville, certains bus roulent déjà au biogaz.
  • Dernier procédé, la valorisation énergétique grâce au bois qui va permettre elle aussi de produire de la chaleur et de l’électricité.

Puisqu’il est bien moins coûteux, le compostage reste le mode de valorisation le plus fréquent mais tous s’inscrivent dans une toute nouvelle démarche qui vise à envisager ces déchets comme une ressource à part entière. À Bruxelles par exemple, certaines distilleries proposent de la bière brassée à partir de pain invendu et à Londres, le marc de café est transformé en biocarburant pour les bus.

C’est le principe de l’économie circulaire qui cherche à utiliser au maximum toutes les ressources dont nous disposons de manière à ne plus générer de déchets du tout. C’est ce que fait déjà la nature depuis des milliers d’années. Le recyclage, la réparation, la réutilisation font tous partie du concept d’économie circulaire, et le secteur est aussi générateur d’emplois puisque 1,6 millions de personnes y contribuent à travers le monde, pour un chiffre d’affaires global de 170 milliards d’euros.

Reste encore à généraliser les pratiques écologiques dans le secteur industriel, mais ici aussi les choses évoluent avec le temps. 

Politiques

Depuis 2016, les entreprises sont contraintes de trier leurs déchets à la source mais les projets vont également plus loin puisqu’il s’agit aussi de repenser les modes d’extraction des matières premières et les méthodes de fabrication. Les produits de demain devront être plus durables et plus faciles à recycler et la gestion des déchets devra être la plus propre possible.

En 2018, l’Union Européenne a révisé sa directive-cadre sur les déchets pour y intégrer de nouveaux objectifs parmi lesquels : 

  • le recyclage de 55 % des déchets municipaux d’ici à 2025.
  • la réduction du gaspillage alimentaire et le recyclage de 70 % des emballages pour 2030.
  • et une réduction de 10 % de la mise en décharge globale des déchets d’ici à 2035.

Chaque pays est libre d’adopter la stratégie qui lui convient le mieux. En France, cela passera par la création de nouveaux centres de tri, la diminution du nombre de centres de stockage et la mise en place d’installations de compostage un peu partout sur le territoire. L’objectif à terme sera de généraliser la collecte des déchets verts au même titre que les autres types de déchets à l’horizon 2024. 

De manière générale, les directives de demain s’appuient sur 5 points principaux : 

  • la prévention, en favorisant les comportements responsables des professionnels et des consommateurs.
  • la réutilisation, en sortant du tout-jetable et en allongeant la durée de vie de nos objets.
  • le recyclage, en effectuant correctement le tri sélectif.
  • la valorisation de ce qui peut l’être pour produire du gaz, construire des routes ou encore fertiliser les cultures.
  • l’élimination enfin, en dernier recours, mais en utilisant des procédés plus responsables.

Bien évidemment, la transition a un coût. Dans les pays à faible revenu, la gestion des déchets compte en moyenne pour 20% du budget des municipalités. C’est la raison pour laquelle la Banque mondiale a déjà soutenu près de 340 programmes de gestion des déchets à travers le monde, pour un total de plus de 4,7 milliards de dollars. 

Gestes quotidiens

Et en parallèle, puisque la gestion des déchets est l’affaire de tous, c’est aussi à nous de soutenir les initiatives responsables en adoptant les comportements en accord avec ce qui est en train d’être mis en place. Acheter en vrac par exemple, limiter les emballages, surveiller les dates limites de consommation et cuisiner au maximum l’ensemble des produits pour jeter le moins possible.

On peut également renoncer aux bouteilles en plastique en choisissant de boire l’eau du robinet. Au travail ou à l’extérieur, on emportera si nécessaire une gourde en inox qui pourra nous suivre très longtemps. Et pour les soins du corps, on choisira plutôt des cosmétiques solides plus naturels, et bien moins emballés. Avec quelques ingrédients, il est même possible de réaliser ses propres cosmétiques et produits d’entretien.

De la même façon, un autocollant Stop Pub apposé sur la boîte aux lettres permettra de limiter considérablement le gaspillage de papier. Et en cas d’objet abîmé, on cherchera à le réparer ou à lui trouver une nouvelle fonction plutôt que de le jeter. Une boîte à chaussures peut facilement devenir une boîte de rangement, les bocaux en verre se gardent pour la conservation des aliments ou pour créer de jolis photophores.. 

Et en cas d’achat, on pourra aussi prendre le temps de s’intéresser aux offres d’occasion. Cela marche aussi en sens inverse, nos vieux objets feront peut-être plaisir à d’autres. Quant aux objets plus occasionnels comme une échelle ou un pistolet à peinture par exemple, la location pourrait bien être une option à envisager. 

Conclusion

Réduire, réutiliser, recycler, composter, l’économie circulaire est au cœur de la démarche Zéro Déchet. En France, le recyclage est en hausse et la prise de conscience progressive a déjà permis la mise en place de plusieurs restrictions fondamentales. Finis les cotons-tiges, les sacs et les gobelets en plastique et les années à venir devraient encore interdire d’autres produits jetables. Malgré tout, nous avons encore beaucoup de retard à rattraper par rapport à certains de nos voisins européens.

Dans un monde où l’action de jeter s’est banalisée, nous avons oublié le concept de durabilité. Dans la nature pourtant, rien ne se perd, tout se transforme. Et c’est ce naturel que nous retrouvons aujourd’hui dans des alternatives à pratiquement tous nos objets du quotidien en plastique. Brosses à dents en bambou, pochettes en tissu, emballages alimentaires naturels… Pour une transition en douceur vers un mode de vie plus responsable à la fois pour soi et pour toute la planète.

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