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Réchauffement climatique



Traits et caractéristiques pouvant rendre une espèce sensible aux changements climatiques





La liste des traits biologiques susceptibles de rendre les espèces sensibles au réchauffement climatique a été déterminé afin de mieux évaluer la sensibilité de chaque espèce à cette menace. Plus de 90 caractères ont été listés par les experts internationaux, regroupant en 5 catégories par l'IUCN.


Les espèces qui exigent un habitat ou un micro-habitat spécialisé


Les espèces ne requérant pas d’habitat spécialisé sont susceptibles de tolérer un changement du climat et des écosystèmes plus importants que les espèces spécialistes. Lorsque de telles espèces sont capables de se disperser vers de nouvelles zones climatiques, les chances qu’elles retrouvent les mêmes conditions d’habitats sont faibles (exemple des plantes vivant sur les affleurements rocheux ou des chauvesouris dans les grottes). La sensibilité de ces espèces est d’autant plus importante lorsqu’elle a plusieurs cycles de vie nécessitant chacun un habitat différent (exemple : larves et adultes ayant besoin de conditions de milieux différents) mais aussi lorsque l’habitat dans lequel vit l’espèce est lui-même particulièrement vulnérable aux effets des changements climatiques.

Lorsque les seuls de tolérance d’une espèce sont susceptibles d’être dépassés en raison du changement climatique


La physiologie et l’écologie de nombreuses espèces sont étroitement liées à des gammes de variables climatiques très spécifiques telles que la température, les précipitations, le pH, le taux de dioxyde de carbone… Les espèces avec un faible seuil de tolérance sont donc particulièrement vulnérables aux changements climatiques.

Les espèces dépendantes de facteurs environnementaux ou de repères qui sont susceptibles d'être perturbés par le changement climatique


De nombreuses espèces sont dépendantes de déclencheurs environnementaux que ce soit pour la migration, la reproduction, la ponte des œufs, la germination des semences, l’hibernation… Certains facteurs ne seront pas affectés par le réchauffement climatique comme la durée du jour ou les cycles lunaires mais d’autres comme les précipitations et les températures seront eux fortement touchés. Les espèces deviennent par conséquent sensibles à ces changements en fonction de leur ampleur et de leur calendrier notamment quand ils touchent les ressources ou des processus écologiques essentiels. C’est le cas notamment lorsque des espèces émergent au printemps et que les ressources alimentaires ne sont pas encore disponibles.
La sensibilité au changement climatique peut être d’autant plus importante lorsque le cycle de vie d’une espèce s’appuie sur différents indices.

Les espèces dépendantes d’interactions interspécifiques qui sont susceptibles d'être perturbées par les changements climatiques


Un grand nombre d’espèces devrait être touché par les changements climatiques à cause des relations interspécifiques qu’elles entretiennent. C’est le cas notamment des proies, des hôtes, des symbiotes, des agents pathogènes… La sensibilité sera due soit à la diminution ou à la disparition d’une espèce, soit à la disparition de la synchronisation de la phénologie.
Les espèces dépendant d’interactions sont susceptibles de s’éteindre suite aux changements climatiques, en particulier si le degré de spécialisation de ces espèces est important, et qu’elles ne sont pas en mesures de changer ou de remplacer leurs interactions.

Les espèces ayant une faible capacité à se disperser ou à coloniser de nouvelles gammes de répartition plus adaptées


En général, l’ensemble des conditions environnementales pour lesquelles chaque espèce est adapté vont se déplacer vers les pôles et à des altitudes de plus en plus importante en réponse au changement climatique.
Les espèces ayant un faible taux ou de courte distance de dispersion (par exemple, les escargots, les fourmis…) ne seront pas susceptibles de migrer suffisamment rapidement pour suivre l’évolution climatique.

Conclusion


Même lorsque les espèces peuvent se disperser vers de nouvelles zones bioclimatiques, plusieurs autres facteurs peuvent affecter leur succès de colonisation. La plasticité phénotypique et la diversité génétique de l’espèce devrait permettre de déterminer la probabilité d’adaptation d’une espèce sur différentes échelles de temps. Ces deux données peuvent être complétées, quand cela existe, sur les éventuelles réussites ou échecs de translocation de l’espèce dans le passé.
Les facteurs susceptibles de réduire le succès de dispersion de l’espèce sont notamment tout obstacle géographique telle que les chaînes de montagne, les océans, les rivières… et pour les espèces marines les courants océaniques et les gradients de température.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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