Comment financer un projet agrivoltaïque ? Subventions, modèles économiques, rentabilité

L’agrivoltaïsme représente aujourd’hui une opportunité majeure pour les agriculteurs français souhaitant diversifier leurs revenus tout en participant activement à la transition énergétique. Cette pratique innovante, qui consiste à installer des panneaux photovoltaïques sur des terres agricoles tout en maintenant une production agricole, soulève néanmoins une question essentielle : comment financer un tel projet ?

Les différents modèles de financement disponibles

Le financement d’un projet agrivoltaïque peut emprunter plusieurs voies, chacune présentant ses avantages et ses contraintes.

L’autofinancement par l’agriculteur

Certains exploitants optent pour un financement direct de leur installation photovoltaïque. Ce modèle leur permet de bénéficier pleinement des revenus générés par la vente d’électricité, tout en conservant un contrôle total sur leur projet. Pour faciliter cet investissement, les exploitants peuvent recourir à des crédits spécialement conçus pour les installations solaires, permettant d’étaler la charge financière.

Le partenariat avec des développeurs solaires

Un modèle particulièrement répandu consiste à établir des partenariats avec des entreprises spécialisées dans le développement de projets photovoltaïques. Dans cette configuration, c’est l’entreprise partenaire qui finance et installe le système agrivoltaïque. L’agriculteur bénéficie ainsi de l’infrastructure sans supporter le poids de l’investissement initial.

En contrepartie, l’entreprise exploite l’énergie produite et perçoit les revenus de la vente d’électricité. L’exploitant agricole peut néanmoins tirer profit de ce partenariat par le biais d’un loyer annuel pour l’utilisation de ses terres. Pour ceux qui souhaitent explorer cette option, il est possible de trouver des financeurs spécialisés qui accompagnent les agriculteurs dans la mise en place de leur projet agrivoltaïque.

Le financement participatif

Une approche innovante gagne du terrain : le financement participatif. Cette méthode permet d’associer les riverains et les citoyens locaux au développement du projet dès ses premières phases. Cette forme de financement présente l’avantage de créer un ancrage territorial fort et de faciliter l’acceptation locale du projet.

Les subventions et aides publiques

Le secteur agricole bénéficie d’un soutien public important pour le développement de projets photovoltaïques.

La prime à l’autoconsommation

Pour les installations en autoconsommation avec vente du surplus, l’État propose une prime versée en une seule fois. Pour une installation comprise entre 36 kWc et 100 kWc, le développeur peut percevoir 100 euros par kWc en 2024. Cette aide substantielle permet d’accélérer significativement le retour sur investissement.

Le tarif d’achat garanti

Les installations photovoltaïques dont la puissance ne dépasse pas 500 kWc bénéficient d’un tarif d’achat fixe garanti pendant 20 ans par EDF Obligation d’Achat. Ce dispositif assure une visibilité financière à long terme et sécurise la rentabilité du projet.

La réfaction tarifaire

Cette aide correspond à une prise en charge partielle des frais de raccordement photovoltaïque par l’État. Elle s’applique aux centrales dont la puissance ne dépasse pas 500 kWc et finance 60% des coûts de raccordement au réseau Enedis, permettant de réduire considérablement les dépenses initiales.

L’éligibilité aux aides de la PAC

L’arrêté du 21 mai 2024 a clarifié cette question : les surfaces agricoles équipées d’installations agrivoltaïques conformes à la réglementation restent éligibles aux aides de la PAC. Cette garantie est fondamentale car elle permet aux exploitants de cumuler les revenus agricoles traditionnels, les aides PAC, le loyer éventuel si partenariat avec un développeur et les revenus énergétiques si revente d’électricité.

Pour bénéficier de cette éligibilité, les projets doivent respecter les critères établis par le décret du 8 avril 2024 : l’agriculture doit rester l’activité principale de la parcelle, la baisse de rendement agricole ne peut excéder 10%, et la surface couverte par les panneaux ne doit généralement pas dépasser 40% du terrain.

Les aides régionales et locales

Au-delà des dispositifs nationaux, certaines collectivités territoriales proposent des aides complémentaires. La région Grand Est, par exemple, finance jusqu’à 70% des études agrivoltaïques avec un plafond de 5 000 euros. Il est donc recommandé de se renseigner localement pour identifier l’ensemble des aides mobilisables.

Évaluer la rentabilité d’un projet agrivoltaïque

La question de la rentabilité demeure centrale dans la décision d’investir dans l’agrivoltaïsme.

Les délais d’amortissement

En moyenne, une installation agrivoltaïque s’amortit entre 8 et 12 ans, selon les configurations. Ce délai varie en fonction du coût initial, de la puissance installée, du taux d’autoconsommation et des tarifs de rachat de l’électricité.

Le taux d’autoconsommation joue un rôle déterminant. Un agriculteur consomme en moyenne 80% de l’électricité produite sur son exploitation, les 20% restants étant revendus. Cette proportion élevée permet de réduire significativement les factures énergétiques, qui représentent entre 10% et 30% des charges d’exploitation.

Les revenus complémentaires

Au-delà de l’économie sur les factures énergétiques, l’agrivoltaïsme génère plusieurs sources de revenus additionnels. La vente d’électricité au réseau constitue un revenu stable sur la durée d’exploitation, qui s’étend généralement sur 40 ans. En cas de partenariat avec un développeur, le loyer annuel peut représenter plusieurs milliers d’euros par hectare sur cette période.

Certains exploitants témoignent d’augmentations de revenus de l’ordre de 30%. De plus, les panneaux photovoltaïques offrent une protection contre les aléas climatiques, ce qui peut contribuer à améliorer et stabiliser les rendements agricoles.

Les avantages fiscaux

Les exploitations agricoles redevables de la TVA peuvent récupérer cette taxe sur l’installation photovoltaïque. Par ailleurs, l’Imposition Forfaitaire des Entreprises de Réseaux (IFER) applicable aux installations de plus de 100 kWc a été réduite de moitié depuis 2021, passant de 8,16 euros par kW par an à 3,394 euros par kW par an pour les vingt premières années.

Sources :

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